Premier constat: la Belgique a l'une des plus fortes densités d'autoroutes au monde. Second constat: les besoins en énergie renouvelable ne cessent de croître. Parce le gouvernement a décidé de sortir le pays du nucléaire en 2025. Que l'Europe s'est engagée à devenir neutre en carbone pour 2050. Et que chaque Région a ses impératifs environnementaux. Mais les demandes d'implantation de vastes parcs photovoltaïques en zones agricoles inquiètent les riverains et posent question en matière d'aménagement du territoire. Surtout en Wallonie, où les terres sont chères et peu disponibles.
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Premier constat: la Belgique a l'une des plus fortes densités d'autoroutes au monde. Second constat: les besoins en énergie renouvelable ne cessent de croître. Parce le gouvernement a décidé de sortir le pays du nucléaire en 2025. Que l'Europe s'est engagée à devenir neutre en carbone pour 2050. Et que chaque Région a ses impératifs environnementaux. Mais les demandes d'implantation de vastes parcs photovoltaïques en zones agricoles inquiètent les riverains et posent question en matière d'aménagement du territoire. Surtout en Wallonie, où les terres sont chères et peu disponibles. Autant d'aspects pris en compte par les concepteurs d'un projet innovant. Le bureau Coupez Architectes (La Hulpe) et le fabricant d'ossatures en bois Mobic-Préfabois (Harzé) ont imaginé une solution économique et écologique pour la production massive d'énergie renouvelable: couvrir des tronçons d'autoroutes et des parkings de supermarchés de champs photovoltaïques posés sur des structures en bois. "Ces structures créées par une architecture numérique se réalisent sans plan, explique Aurélie Deschuyteneer, directrice R&D du bureau Coupez. Un algorithme paramétrique définit une forme optimale. Un code informatique génère des lignes d'instruction pour la commande de robots d'usinage. La découpe des sections de bois à assembler est automatisée." Matériaux naturels et locaux, les arbres utilisés - sapin, hêtre, bouleau - sont des "déchets" de sylviculture (fûts tordus...), ce qui réduit la consommation de matière première. Pour diminuer encore les coûts et simplifier le travail, Mobic a opté pour du bois rond (troncs écorcés), au lieu du lamellé-collé. Les arches ont une portée qui peut atteindre cinquante mètres. "Le recours au bois permet d'obtenir un excellent bilan carbone pour des arches d'une telle portée, assure l'architecte. La perte de luminosité sous la voûte est inférieure à 25%, car les panneaux solaires sont translucides. Les ravages des insectes xylophages peuvent être évités par traitement thermique du bois." Un premier prototype a été érigé sur le site de la scierie Scidus à Etalle et le projet a été soumis à la Sofico, le gestionnaire public des réseaux routier et fluvial wallons, ouvert aux initiatives de valorisation énergétique sur son domaine.