La mobilisation générale et la communion des politiques aura duré le temps d'un effroi. Au lendemain de la pire journée des inondations qui ont bouleversé le pays, alors que le terrible décompte des victimes et des dégâts se prolonge, les premières polémiques voient le jour.
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La mobilisation générale et la communion des politiques aura duré le temps d'un effroi. Au lendemain de la pire journée des inondations qui ont bouleversé le pays, alors que le terrible décompte des victimes et des dégâts se prolonge, les premières polémiques voient le jour.Au sujet de la gestion de la catastrophe, tout d'abord. La Belgique manque de moyens et doit faire appel à d'autres pays européens. Elio Di Rupo (PS), ministre-président wallon, attaque le gouvernement Michel, comme des parlementaires du PS et du PTB l'avaient déjà fait jeudi après-midi dans les parlements.Les services de secours ont été débordés? "C'est une évidence, répond-il sur la RTBF ce jeudi matin. C'est la preuve que la réforme des zones de sécurité de la Protection civile était une erreur. Et au niveau de l'armée il nous faut des petites barques avec des moteurs deux à trois fois plus puissants. Manifestement, vu l'ampleur de la catastrophe, ni l'armée ni la Protection civile n'avaient le matériel ad hoc. Si les maisons sont inondées ou si elles s'effondrent, c'est dû à la force de l'eau. Mais que nous ne soyons pas capables d'atteindre les personnes sinistrées afin de les sortir de leurs maisons, c'est une leçon que nous devons tirer. Tous les services, depuis la Défense nationale jusqu'à la Protection civile, devront ensemble en tirer les leçons lorsque tout sera terminé.""Totalement hallucinant, s'étrangle Georges-Louis Bouchez, président du MR. Cela n'a rien à voir. Faut il également rappeler que la réforme des zones des secours a été réalisée par le gouvernement Di Rupo et que la réforme de la protection civile n'en n'était que la prolongation prévue... sous le gouvernement précédent!"Par ailleurs, la mise en avant de la question du changement climatique, rapide après les événements, soulève également le débat. Dans la foulée du climatologue Jean-Pascal Van Ypersele (UCLouvain), ancien président du GIEC, de nombreux représentants politiques et commentateurs ont mis en avant la nécessité de lutter contre la cause de ces événements climatiques extrêmes appelés à se multiplier.Dès jeudi après-midi, à la Chambre, le député Wouter De Vriendt (Groen) soulignait: "Ceux qui remettent en question le changement climatique, qu'ils le disent au habitants de Liège et d'ailleurs". Sentiment d'un autre responsable de la majorité par message: "C'est lamentable de déjà faire le lien avec le changement climatique comme le fait Groen" (sic).En Flandre, le débat est vif entre les partisans d'une action drastique pour lutter contre les causes du réchauffement climatique et ceux qui souhaitent avant tout en gérer les conséquences immédiates. L'action de la ministre N-VA Zuhal Demir ezst au coeur des débats.L'éditorial de Het Laatste Nieuws fait du bruit, lui qui souligne: "Les catastrophes naturelles sont pour les verts ce que la terreur islamiste est pour le Vlaams Belang: une chance pour définir l'agenda". Le tout, et ce n'est pas anecdotique, alors que la Belgique devra bientôt poser des choix importants dans sa stratégie de lutte contre le réchauffement climatique, conformément aux engagements du pays.