La nuit du 16 au 17 mai 2018, un véhicule transportant des migrants s'est immobilisé sur un parking autoroutier à Maisières, près de Mons, après avoir été visé par un coup de feu, fatal pour une petite Kurde âgée de deux ans. Vingt-sept personnes se trouvaient dans la camionnette qui prenait la direction de la côte d'Opale, venant de Liège. Parmi eux, il y avait les deux jeunes Irakiens poursuivis devant le tribunal correctionnel de Mons, dans le cadre de l'affaire Mawda, pour entrave méchante à la circulation et rébellion armée. Ces deux hommes, âgés de 27 et 20 ans, utilisaient différentes identités. Ils contestent être des passeurs de migrants.

Le plus jeune a été condamné à Dunkerque, en juillet 2016, pour avoir participé à un trafic de migrants. Il avait aussi un ordre de quitter le territoire néerlandais. Il détenait sur lui un billet de cinq livres Sterling et des cigarettes d'une marque produite en Biélorussie et qui inonde la contrebande au Royaume-Uni.

Pour le procureur du Roi, cela prouve qu'il s'est retrouvé en Angleterre avant le 17 mai 2018 et qu'il ne comptait pas s'y installer comme il le prétend.

Le prévenu a fait usage de son droit au silence à la police et devant le juge d'instruction. Réentendu en juin, il a déclaré s'être assis à l'avant de la camionnette sur le parking situé à Rhisnes pour déplacer le véhicule mais il ne dit pas qui lui a ordonné de faire cette manoeuvre. "Personne ne corrobore sa déclaration et il est matériellement impossible de déplacer cette camionnette en raison de semi-remorques placés devant et derrière la camionnette", a déclaré Christian Henry.

Selon le procureur, le prévenu est connu d'Europol depuis 2015 et il a fait l'objet de diverses interpellations dans plusieurs pays d'Europe. Il s'était aussi rendu dans la "jungle" de Dunkerque, la veille de la mort de Mawda.

"Il a changé de physionomie entre le 17 mai et sa mise sous mandat d'arrêt. Il a coupé sa barbe comme l'a indiqué un témoin", poursuit le procureur.

Ce dernier est convaincu qu'il était le chauffeur de la camionnette car plusieurs témoins ont parlé d'un homme portant un sweat noir, retrouvé dans le véhicule. L'empreinte génétique du prévenu a été retrouvée sur ce pull.

Quant à l'autre prévenu, il conteste être l'un des trois hommes aperçus à l'avant du véhicule par les policiers des autoroutes de Namur, sur le parking de Rhisnes.

Réentendu le 4 décembre 2019, le prévenu reconnaît sa présence lors de l'achat de la camionnette à Liège mais il conteste sa participation. "Or, le vendeur l'identifie formellement comme l'un des trois acheteurs", a déclaré le procureur. De plus, des photos du véhicule ont été retrouvées dans son GSM.

Le prévenu a confirmé les manoeuvres dangereuses de la camionnette au moment "des tirs", alors qu'il n'y en a eu qu'un seul.

Il prétend que ses parents ont été tués par les islamistes de Daech en Irak, ce qui l'a conduit à fuir vers l'Europe et à user de différentes identités pour éviter l'expulsion. Il s'est ensuite rendu à Dunkerque, espérant rejoindre l'Angleterre.

Le 6 décembre 2018, une camionnette est interpellée sur le parking de Lamain (Tournai), à quelques mètres de la frontière. Des dizaines de migrants ont fui vers la France. Son empreinte digitale est retrouvée sur un sac plastique, à l'avant de la camionnette. "Il était donc bien le convoyeur, comme six mois plus tôt, d'un véhicule transportant des migrants."

Sur son compte Facebook, une vidéo a été retrouvée. Elle a été postée le 16 mai 2018. "Il s'agissait d'une vidéo prise sur l'autoroute reliant Lille à Dunkerque depuis la camionnette qui a été pris en chasse la nuit suivante par la police", a déclaré le procureur, mettant en évidence des inscriptions sur l'habitacle du véhicule.

Enfin, son profil génétique a été retrouvé sur les mégots de cigarette, prélevés dans la camionnette par la police scientifique. Le procureur ajoute que la tôle, séparant l'avant et l'arrière du véhicule dans lequel se trouvaient Mawda et sa famille, avait été découpée, permettant ainsi de passer facilement d'une partie à l'autre du véhicule.

Pour le ministère public, le rôle de chacun des deux hommes est parfaitement établi. "Le premier conduisait cette camionnette et l'autre était son convoyeur, lui donnant des ordres de ne pas s'arrêter durant la course-poursuite qui a duré trente-sept minutes. Leur comportement a été fatal pour la pauvre Mawda." Ils sont donc coupables des deux préventions, estime l'accusation, en qualité de co-auteurs.

La nuit du 16 au 17 mai 2018, un véhicule transportant des migrants s'est immobilisé sur un parking autoroutier à Maisières, près de Mons, après avoir été visé par un coup de feu, fatal pour une petite Kurde âgée de deux ans. Vingt-sept personnes se trouvaient dans la camionnette qui prenait la direction de la côte d'Opale, venant de Liège. Parmi eux, il y avait les deux jeunes Irakiens poursuivis devant le tribunal correctionnel de Mons, dans le cadre de l'affaire Mawda, pour entrave méchante à la circulation et rébellion armée. Ces deux hommes, âgés de 27 et 20 ans, utilisaient différentes identités. Ils contestent être des passeurs de migrants. Le plus jeune a été condamné à Dunkerque, en juillet 2016, pour avoir participé à un trafic de migrants. Il avait aussi un ordre de quitter le territoire néerlandais. Il détenait sur lui un billet de cinq livres Sterling et des cigarettes d'une marque produite en Biélorussie et qui inonde la contrebande au Royaume-Uni. Pour le procureur du Roi, cela prouve qu'il s'est retrouvé en Angleterre avant le 17 mai 2018 et qu'il ne comptait pas s'y installer comme il le prétend. Le prévenu a fait usage de son droit au silence à la police et devant le juge d'instruction. Réentendu en juin, il a déclaré s'être assis à l'avant de la camionnette sur le parking situé à Rhisnes pour déplacer le véhicule mais il ne dit pas qui lui a ordonné de faire cette manoeuvre. "Personne ne corrobore sa déclaration et il est matériellement impossible de déplacer cette camionnette en raison de semi-remorques placés devant et derrière la camionnette", a déclaré Christian Henry. Selon le procureur, le prévenu est connu d'Europol depuis 2015 et il a fait l'objet de diverses interpellations dans plusieurs pays d'Europe. Il s'était aussi rendu dans la "jungle" de Dunkerque, la veille de la mort de Mawda. "Il a changé de physionomie entre le 17 mai et sa mise sous mandat d'arrêt. Il a coupé sa barbe comme l'a indiqué un témoin", poursuit le procureur. Ce dernier est convaincu qu'il était le chauffeur de la camionnette car plusieurs témoins ont parlé d'un homme portant un sweat noir, retrouvé dans le véhicule. L'empreinte génétique du prévenu a été retrouvée sur ce pull. Quant à l'autre prévenu, il conteste être l'un des trois hommes aperçus à l'avant du véhicule par les policiers des autoroutes de Namur, sur le parking de Rhisnes. Réentendu le 4 décembre 2019, le prévenu reconnaît sa présence lors de l'achat de la camionnette à Liège mais il conteste sa participation. "Or, le vendeur l'identifie formellement comme l'un des trois acheteurs", a déclaré le procureur. De plus, des photos du véhicule ont été retrouvées dans son GSM. Le prévenu a confirmé les manoeuvres dangereuses de la camionnette au moment "des tirs", alors qu'il n'y en a eu qu'un seul. Il prétend que ses parents ont été tués par les islamistes de Daech en Irak, ce qui l'a conduit à fuir vers l'Europe et à user de différentes identités pour éviter l'expulsion. Il s'est ensuite rendu à Dunkerque, espérant rejoindre l'Angleterre. Le 6 décembre 2018, une camionnette est interpellée sur le parking de Lamain (Tournai), à quelques mètres de la frontière. Des dizaines de migrants ont fui vers la France. Son empreinte digitale est retrouvée sur un sac plastique, à l'avant de la camionnette. "Il était donc bien le convoyeur, comme six mois plus tôt, d'un véhicule transportant des migrants." Sur son compte Facebook, une vidéo a été retrouvée. Elle a été postée le 16 mai 2018. "Il s'agissait d'une vidéo prise sur l'autoroute reliant Lille à Dunkerque depuis la camionnette qui a été pris en chasse la nuit suivante par la police", a déclaré le procureur, mettant en évidence des inscriptions sur l'habitacle du véhicule. Enfin, son profil génétique a été retrouvé sur les mégots de cigarette, prélevés dans la camionnette par la police scientifique. Le procureur ajoute que la tôle, séparant l'avant et l'arrière du véhicule dans lequel se trouvaient Mawda et sa famille, avait été découpée, permettant ainsi de passer facilement d'une partie à l'autre du véhicule. Pour le ministère public, le rôle de chacun des deux hommes est parfaitement établi. "Le premier conduisait cette camionnette et l'autre était son convoyeur, lui donnant des ordres de ne pas s'arrêter durant la course-poursuite qui a duré trente-sept minutes. Leur comportement a été fatal pour la pauvre Mawda." Ils sont donc coupables des deux préventions, estime l'accusation, en qualité de co-auteurs.