Le 22 septembre dernier devant les Nations Unies, Alexander De Croo prononçait un discours en faveur du "Leaders Pledge for Nature", un engagement des dirigeants à inverser le déclin de la biodiversité d'ici la fin de la décennie. Dans son allocution, le Premier ministre a notamment fait référence au "Blue Leadership" de la Belgique qui vise notamment à la protection de 30% de la superficie des océans d'ici 2030. Malheureusement, lors du dernier Congrès de l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature, la Belgique était un des 6 pays à s'opposer au moratoire mondial sur le "Deep Sea Mining", moratoire qui vise à protéger les fonds marins de l'exploitation minière, activité dont les conséquences sur l'environnement sont à ce stade inconnues mais potentiellement très importantes.

De son côté, Paul Magnette, président du Parti socialiste, clame sur les ondes et lors des rencontres éco-socialistes, que "nous faisons face à la plus grave crise environnementale et sociale de l'humanité, qu'il faut des mesures radicales, que le temps des petits gestes est fini". Malheureusement, ce sens de l'urgence et des priorités ne semble pas s'imposer à l'ensemble des mandataires du PS, ni à ceux qui sont en charge d'exercer le pouvoir. Au Gouvernement wallon par exemple, le Parti Socialiste laisse le champ libre au MR pour déployer la nouvelle Politique Agricole Commune sans changement significatif en faveur de la protection de la biodiversité et du climat. Ceci alors que l'agriculture et son mode de subventionnement sont les principales causes de perte de biodiversité en Belgique. Et la situation n'est pas meilleure au gouvernement bruxellois, où le PS s'oppose dans les coulisses à la mise en oeuvre de la taxe kilométrique... mesure qui permettrait de réguler les flux de circulation automobile dans la capitale, de diminuer les émissions de particules fines et les émissions de CO2.

Dans ce spectacle permanent, aucun parti n'est malheureusement en reste. Les co-présidents d'Ecolo, Jean-Marc Nollet et Rajae Maouane, posaient récemment sur Instagram affublés d'un t-shirt blanc orné d'un écarlate "Save the Planet Now". Mais jusqu'à présent, nous n'entendons pas beaucoup les ministres Ecolo sur la réforme de la Politique Agricole Commune, alors qu'il s'agit d'un vecteur majeur de la dégradation de la biodiversité et du changement climatique. Ceci, alors que les compétences du climat et de l'environnement sont bien celles des deux ministres Ecolo du Gouvernement Wallon.

Or, Paul Magnette a raison, il y a bien urgence sur le plan du changement climatique et de la biodiversité. Selon notre dernier Rapport Planète Vivante, nous avons perdu 70% des populations animales au cours des 50 dernières années, soit 7 individus sur 10... Selon le dernier rapport du GIEC, nous sommes déjà à +1,1° par rapport à la période préindustrielle et sommes sur le point d'atteindre 1,5°C en 2030, soit 10 ans plus tôt que la précédente estimation. Depuis 1900, le niveau des mers a déjà monté de 20 cm, nous pouvons nous attendre à une hausse de 20 centimètres supplémentaires d'ici 2050 et d'un à trois mètres d'ici 2100. Enfin, la capacité des puits de carbone naturels comme les forêts est en train de diminuer, notamment à cause de la déforestation à grande échelle encore à l'oeuvre. Une récente étude estimait que la forêt amazonienne était devenue émettrice nette de gaz à effets de serre à cause de la déforestation et de feux de forêts qui la frappent.

Paradoxalement, cette urgence n'est pas nouvelle. Les conclusions du GIEC sur les conséquences probables du changement climatique sont connues depuis longtemps, répétées à l'envi et la réalité ne fait que confirmer les prévisions quand elle ne les précède pas. Nous avons longtemps cru que le manque de conscience des problèmes était la raison de l'absence d'action ou de réaction du monde politique. Aujourd'hui, plus grand monde ne conteste l'ampleur des changements à venir ni leur origine anthropique. Le temps des consciences est donc arrivé et nous avons basculé dans le temps des grandes déclarations. Les grandes conférences et l'arène politique sont devenues des lieux de parade et de grandes promesses mais pendant ce temps, les mesures concrètes et réelles manquent...

Or, le temps de déclarations est terminé. Nous attendons de nos responsables politiques qu'ils aient le courage de nous dire la vérité, de nous engager dans un effort qui s'imposera de toute façon à nous et qui sera d'autant plus difficile que nous attendrons pour prendre les mesures nécessaires. Nous attendons aussi de nos responsables politiques qu'ils fassent preuve de responsabilité, que leurs déclarations soient suivies par des actes, ou mieux encore, basés sur des actes.

Nous, citoyens et électeurs, devrons tenir les comptes des actes de nos élus et responsables politiques. Nous ne pouvons plus nous contenter de paroles car les changements observés sur le plan climatique par exemple devancent les prévisions et sans action immédiate et urgente, nous allons être confrontés à des changements radicaux qui vont bouleverser les équilibres mondiaux, créer des variations importantes des prix de la nourriture, de l'eau, de l'énergie, faire basculer dans la précarité et la faim des centaines de millions de personnes, rendre inhabitables de nombreux endroits sur terre, alimenter les flux migratoires à travers le monde et au final nourrir le vote populiste qui se nourrit de la peur de l'inconnu et du changement.

Nous, citoyens et électeurs, devons demander à nos responsables politiques de traiter le problème à sa source : diminuer drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre et arrêter la destruction de la nature. Traiter le problème à sa source demande qu'un cadre commun soit établi, ce que seul le politique est habilité à faire, mais cela demande aussi du courage, celui de nous dire que ce changement ne se fera pas sans douleur. Non, nous ne pouvons pas continuer sans rien changer à notre modèle ou en ne le changeant qu'à la marge. La technologie ne résoudra pas tous les problèmes, nous devrons revoir la façon dont nous vivons, la façon dont nous nous déplaçons et la façon dont nous mangeons, etc. Et pour que ce changement s'opère avec une grande ampleur, le seul changement des comportement individuels ou des entreprises ne suffira pas, nous avons besoin d'un nouveau projet commun de société, politique, basé sur le respect du vivant.

Pour faire référence à l'histoire, nous n'avons pas besoin d'un Chamberlain qui a cru pouvoir négocier avec Hitler, rentrer avec la Paix dans la poche à Londres et se fendre de déclarations triomphantes et apaisantes. Nous avons besoin du courage, de la lucidité et de la clairvoyance d'un Churchill, qui promettait à son peuple de la sueur, du sang et des larmes. Mais au final, ce sera tout bénéfice pour l'humanité, les générations présentes et futures.

Le 22 septembre dernier devant les Nations Unies, Alexander De Croo prononçait un discours en faveur du "Leaders Pledge for Nature", un engagement des dirigeants à inverser le déclin de la biodiversité d'ici la fin de la décennie. Dans son allocution, le Premier ministre a notamment fait référence au "Blue Leadership" de la Belgique qui vise notamment à la protection de 30% de la superficie des océans d'ici 2030. Malheureusement, lors du dernier Congrès de l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature, la Belgique était un des 6 pays à s'opposer au moratoire mondial sur le "Deep Sea Mining", moratoire qui vise à protéger les fonds marins de l'exploitation minière, activité dont les conséquences sur l'environnement sont à ce stade inconnues mais potentiellement très importantes.De son côté, Paul Magnette, président du Parti socialiste, clame sur les ondes et lors des rencontres éco-socialistes, que "nous faisons face à la plus grave crise environnementale et sociale de l'humanité, qu'il faut des mesures radicales, que le temps des petits gestes est fini". Malheureusement, ce sens de l'urgence et des priorités ne semble pas s'imposer à l'ensemble des mandataires du PS, ni à ceux qui sont en charge d'exercer le pouvoir. Au Gouvernement wallon par exemple, le Parti Socialiste laisse le champ libre au MR pour déployer la nouvelle Politique Agricole Commune sans changement significatif en faveur de la protection de la biodiversité et du climat. Ceci alors que l'agriculture et son mode de subventionnement sont les principales causes de perte de biodiversité en Belgique. Et la situation n'est pas meilleure au gouvernement bruxellois, où le PS s'oppose dans les coulisses à la mise en oeuvre de la taxe kilométrique... mesure qui permettrait de réguler les flux de circulation automobile dans la capitale, de diminuer les émissions de particules fines et les émissions de CO2.Dans ce spectacle permanent, aucun parti n'est malheureusement en reste. Les co-présidents d'Ecolo, Jean-Marc Nollet et Rajae Maouane, posaient récemment sur Instagram affublés d'un t-shirt blanc orné d'un écarlate "Save the Planet Now". Mais jusqu'à présent, nous n'entendons pas beaucoup les ministres Ecolo sur la réforme de la Politique Agricole Commune, alors qu'il s'agit d'un vecteur majeur de la dégradation de la biodiversité et du changement climatique. Ceci, alors que les compétences du climat et de l'environnement sont bien celles des deux ministres Ecolo du Gouvernement Wallon.Or, Paul Magnette a raison, il y a bien urgence sur le plan du changement climatique et de la biodiversité. Selon notre dernier Rapport Planète Vivante, nous avons perdu 70% des populations animales au cours des 50 dernières années, soit 7 individus sur 10... Selon le dernier rapport du GIEC, nous sommes déjà à +1,1° par rapport à la période préindustrielle et sommes sur le point d'atteindre 1,5°C en 2030, soit 10 ans plus tôt que la précédente estimation. Depuis 1900, le niveau des mers a déjà monté de 20 cm, nous pouvons nous attendre à une hausse de 20 centimètres supplémentaires d'ici 2050 et d'un à trois mètres d'ici 2100. Enfin, la capacité des puits de carbone naturels comme les forêts est en train de diminuer, notamment à cause de la déforestation à grande échelle encore à l'oeuvre. Une récente étude estimait que la forêt amazonienne était devenue émettrice nette de gaz à effets de serre à cause de la déforestation et de feux de forêts qui la frappent.Paradoxalement, cette urgence n'est pas nouvelle. Les conclusions du GIEC sur les conséquences probables du changement climatique sont connues depuis longtemps, répétées à l'envi et la réalité ne fait que confirmer les prévisions quand elle ne les précède pas. Nous avons longtemps cru que le manque de conscience des problèmes était la raison de l'absence d'action ou de réaction du monde politique. Aujourd'hui, plus grand monde ne conteste l'ampleur des changements à venir ni leur origine anthropique. Le temps des consciences est donc arrivé et nous avons basculé dans le temps des grandes déclarations. Les grandes conférences et l'arène politique sont devenues des lieux de parade et de grandes promesses mais pendant ce temps, les mesures concrètes et réelles manquent... Or, le temps de déclarations est terminé. Nous attendons de nos responsables politiques qu'ils aient le courage de nous dire la vérité, de nous engager dans un effort qui s'imposera de toute façon à nous et qui sera d'autant plus difficile que nous attendrons pour prendre les mesures nécessaires. Nous attendons aussi de nos responsables politiques qu'ils fassent preuve de responsabilité, que leurs déclarations soient suivies par des actes, ou mieux encore, basés sur des actes.Nous, citoyens et électeurs, devrons tenir les comptes des actes de nos élus et responsables politiques. Nous ne pouvons plus nous contenter de paroles car les changements observés sur le plan climatique par exemple devancent les prévisions et sans action immédiate et urgente, nous allons être confrontés à des changements radicaux qui vont bouleverser les équilibres mondiaux, créer des variations importantes des prix de la nourriture, de l'eau, de l'énergie, faire basculer dans la précarité et la faim des centaines de millions de personnes, rendre inhabitables de nombreux endroits sur terre, alimenter les flux migratoires à travers le monde et au final nourrir le vote populiste qui se nourrit de la peur de l'inconnu et du changement.Nous, citoyens et électeurs, devons demander à nos responsables politiques de traiter le problème à sa source : diminuer drastiquement nos émissions de gaz à effet de serre et arrêter la destruction de la nature. Traiter le problème à sa source demande qu'un cadre commun soit établi, ce que seul le politique est habilité à faire, mais cela demande aussi du courage, celui de nous dire que ce changement ne se fera pas sans douleur. Non, nous ne pouvons pas continuer sans rien changer à notre modèle ou en ne le changeant qu'à la marge. La technologie ne résoudra pas tous les problèmes, nous devrons revoir la façon dont nous vivons, la façon dont nous nous déplaçons et la façon dont nous mangeons, etc. Et pour que ce changement s'opère avec une grande ampleur, le seul changement des comportement individuels ou des entreprises ne suffira pas, nous avons besoin d'un nouveau projet commun de société, politique, basé sur le respect du vivant.Pour faire référence à l'histoire, nous n'avons pas besoin d'un Chamberlain qui a cru pouvoir négocier avec Hitler, rentrer avec la Paix dans la poche à Londres et se fendre de déclarations triomphantes et apaisantes. Nous avons besoin du courage, de la lucidité et de la clairvoyance d'un Churchill, qui promettait à son peuple de la sueur, du sang et des larmes. Mais au final, ce sera tout bénéfice pour l'humanité, les générations présentes et futures.