La ministre revient en détail sur ses propositions dans Le Soir, l'Echo et les titres Sudpresse.
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La ministre revient en détail sur ses propositions dans Le Soir, l'Echo et les titres Sudpresse.Un âge de la retraite soupleLa ministre propose d'instaurer un "âge de la retraite souple": tous les travailleurs qui afficheront 42 ans de carrière à leur compteur pourront désormais accéder à la retraite anticipée dès 60 ans. Selon Le Soir, elle ne touchera toutefois pas à l'âge légal de la pension qui passera à 67 ans en 2025. Pour le moment, pour partir à 60 ans, il faut 44 ans de carrière, il en faut 42 pour partir à 63 ans et 43 pour partir à 61 ou 62 ans. Pour Karine Lalieux, ce système était injuste: "Les personnes qui n'ont pas fait de longues études, qui ont commencé à travailler très jeunes, souvent dans des métiers pénibles et qui ont une espérance de vie plus courte doivent travailler plus longtemps avant de pouvoir partir à la pension anticipée. Nous mettons fin à cette injustice sociale".Deux incitants positifs Consciente de l'importance de maintenir les gens plus longtemps à l'emploi pour garantir la soutenabilité du système, la ministre des Pensions propose également deux "incitants positifs" à ceux qui poursuivront leur job après 42 ans de carrière: un bonus pension et une pension à temps partiel, laquelle pourra être prise à mi-temps ou à 1/5 temps. La ministre propose ainsi l'introduction d'un bonus de 2 euros bruts par jour de travail presté au-delà des 42 ans de carrière. Ce bonus serait le même pour les 3 régimes, et serait accessible jusqu'à la pension complète (maximum 3 ans). Un tel bonus représenterait, pour une personne travaillant 3 années supplémentaires, une augmentation de 100 euros nets par mois, assure la ministre. La réintroduction du bonus pension, supprimé depuis le 1er janvier 2015, est l'une des mesures phare de la deuxième phase de la réforme des pensions envisagée.Le ministre du Travail Pierre-Yves Dermagne (PS) devrait également proposer des réformes du marché du travail. D'ici au second semestre 2023, il sera tenu d'élaborer un dispositif d'incitants sociaux et fiscaux qui devra "rendre le travail plus gratifiant pour ceux qui doivent actuellement malheureusement recourir aux allocations de chômage ou au revenu d'intégration".Moins d'inégalités La ministre assure aussi dans Le Soir et Sudpresse vouloir peu à peu éliminer de manière structurelle les inégalités subies par les femmes. "L'écart salarial entre hommes et femmes est de 23 % au détriment des femmes, bien sûr. Au niveau des pensions, on monte à 33 %. Les femmes s'occupent souvent des enfants, des parents âgés. Parfois, on ne leur offre que des métiers à mi-temps et si elles n'ont travaillé qu'à temps partiel, elles n'auront pas droit à la pension minimum, etc. J'ai donc fait valoriser de 33 % ce calcul proportionnel, soit une mesure positive pour les femmes et les temps partiels". "Notre système de retraite reste actuellement basé sur le principe de l'homme qui travaille, c'est un peu archaïque, patriarcal. Si nous voulons un système de retraite tourné vers l'avenir, il est nécessaire de prendre des mesures supprimant les incohérences", dit-elle au Soir.Une réforme neutre budgétairement Mme Lalieux garantit enfin que sa réforme est neutre budgétairement mais aussi que "ce n'est pas une réforme pour faire des économies": "Les pensions ne sont pas une variable d'ajustement. Le système de pensions, ce n'est pas un coût, c'est l'ensemble des revenus de 2,2 millions de personnes aujourd'hui (...) Du reste, ces gens dépensent, sont des vecteurs de croissance". Pension minimumLa ministre souhaite également renforcer l'accès à la pension minimum. Cependant, là où les libéraux estiment qu'il faut avoir travaillé au moins 20 ans pour y avoir droit, une suggestion d'ailleurs accueillie comme "une provocation" par les PS, Karine Lalieux fixe cette durée à 10 ans. "Vingt ans de carrière effective, cela veut dire que 66,7% des bénéficiaires, dont 75% de femmes, seront exclus de la pension minimum. Ce serait inacceptable", déclare-t-elle au Soir.Lire aussi: Pour l'Open VLD, il faut avoir travaillé pendant au moins 20 ans pour avoir droit à une pension minimum Pensions complémentairesLa ministre assure au quotidien Le Soir qu'elle ne compte pas toucher aux avantages fiscaux et parafiscaux liés aux pensions complémentaires. "Je ne toucherai pas à la fiscalité du deuxième pilier, mais je demanderai aux partenaires sociaux de travailler sur le respect des règles existantes et donc de lutter contre les abus qui ont été relevés", déclare-t-elle.Pension des fonctionnairesKarine Lalieux ne compte pas toucherau régime de pensions des fonctionnaires, jugée plus favorable. "Au lieu de dire, attaquons les fonctionnaires, je pense qu'on devrait se poser la question de savoir si tous les travailleurs n'ont pas droit à une pension digne", argumente-t-elle, toujours dans Le Soir.Interrogée sur le coût de ses propositions, la ministre estime que si l'on a des emplois de qualité, il y aura plus de gens qui resteront au travail, qui continueront à payer des cotisations sociales et rendront le système soutenable. "J'en ai vraiment assez qu'on n'envisage le vieillissement que comme un coût. Les 2,2 millions de personnes pensionnées ne sont pas un coût, ce sont aussi des gens qui dépensent et participent à la société!", affirme-t-elle, toujours dans Le Soir.Les textes, à négocier au sein de la coalition Vivaldi, seront déposés lundi.