MR: "On va devoir remettre tout ça sur le métier"

"Cette réforme est hors des clous budgétaires et elle ne correspond pas du tout aux objectifs fixés dans la coalition. On va devoir remettre tout ça sur le métier", a commenté le président des réformateurs, Georges-Louis Bouchez. "On a besoin d'une réforme structurelle. Là on est dans une série de mesures dont il faudrait reparler dans 3 ou 4 ans. Ca ne va pas".

Alors que celui-ci attendait des changements assurant la pérennité du système des pensions ainsi qu'une convergence des statuts et une solution pour les métiers pénibles, le MR juge le projet de la ministre Lalieux est aujourd'hui "bien loin de tout cela".

Outre les critiques sur le fond, M. Bouchez dénonce également la méthode utilisée par la ministre pour communiquer son projet: "Présenter une telle réforme dans la presse, avant-même que les textes se retrouvent sur la table du conseil des ministres, ce n'est pas sérieux", lance le Montois. "A Karine Lalieux (anciennement échevine à Bruxelles, ndlr), je suis tenté de dire : on n'est plus au collège de la Ville de Bruxelles. Franchement, c'est un dossier "touchy", ce n'est pas la bonne méthode".

A son arrivée rue de la Loi vendredi matin, le ministre des Classes moyennes David Clarinval a estimé de son côté que sa collègue Lalieux avait "oublié qu'il y avait six autres partis au gouvernement". Devant la presse, M. Clarinval a d'ailleurs qualifié la réforme de sa collègue de simple "note". "Une note qui n'a pas été concertée au gouvernement, ni concertée avec les partenaires sociaux. Une note qui oublie qu'il y a des indépendants. On ne parle pas des fonctionnaires...", a souligné le ministre réformateur pour qui tout ceci n'est "que le début des discussions".

N-VA: "Un manque total de sens des responsabilités"

L'opposition N-VA au fédéral a fustigé la réforme des pensions avancée par la ministre Lalieux, voyant dans celle-ci un "un manque total de sens des responsabilités".

"On veut encore une fois dépenser de l'argent qu'on n'a pas, sans aucune adaptation valable pour rendre la réforme soutenable pour les générations à venir", selon la formation nationaliste. "C'est 'après nous le déluge!'". Pour la N-VA, les propositions sur la table laissent croire qu'on pourra travailler moins pour avoir une plus belle pension. "Mais ce sont nos enfants et petits enfants qui paieront la facture de la petite fête du PS", estime le parti de Bart De Wever.

Pour la N-VA, les réformes menées par le gouvernement Michel I pour maintenir le système des pensions financièrement soutenable sont vidées de leur substance avec le projet avancé par la ministre Lalieux. Le parti dénonce notamment les nouvelles conditions d'accès fixées pour bénéficier de la pension minimum. "Contrairement à ce qui est nécessaire, le travail effectif n'est pas récompensé par une meilleure pension. C'est une gifle en plein visage pour ceux qui auront contribué pendant des décennies à notre société". La N-VA souligne aussi que le gouvernement table sur un taux d'emploi de 80% pour maintenir le régime des pensions soutenable, mais rien dans le plan n'indique comment ce taux sera relevé. Les nationalistes pointent le fait qu'il est déjà très difficile de pourvoir à de nombreux emplois, alors que le taux d'emploi n'est que de 70% actuellement.

PTB: "Le coeur de la réforme du gouvernement Michel reste intact"

L'opposition PTB a dénoncé le projet de réforme des pensions avancé par la ministre Karine Lalieux, jugeant que celle-ci ne remettait nullement en cause les réformes adoptées sous le gouvernement Michel. "Malgré les promesses socialistes (d'un retour à 65 ans pour la mise à la pension, ndlr), le coeur de la réforme des pensions du gouvernement Michel reste intact", a commenté vendredi Peter Mertens, leader de la formation marxiste. Celui-ci déplore la confirmation, pour la plupart des travailleurs, d'une mise à la pension à 67 ans seulement. Un départ anticipé ne sera possible qu'après 42 ans de carrière seulement, regrette encore le président du PTB qui déplore aussi l'absence de mesures spécifiques pour les métiers pénibles.

Groen: "La réforme semble équilibrée"

La vice-Première Petra De Sutter (Groen) a réagi de manière mesurée, mais positive, au projet de réforme des pensions avancé par sa collègue Karine Lalieux. Interrogée à son arrivée au comité ministériel restreint ce vendredi, Mme De Sutter a dit y voir des "équilibres", tout avouant ne pas encore vu les détails du plan sur la table. La ministre écologiste a notamment salué les assouplissements proposés pour l'accès à une pension anticipée. Elle a aussi pointé le bonus de pension envisagé pour ceux qui seraient prêts à travailler plus longtemps.

L'accès à la pension minimum après un seuil de dix années de travail est une bonne chose aussi, a dit Mme De Sutter pour qui l'attention doit être portée aux femmes qui bien souvent travaillent à temps partiel pour éduquer leurs enfants. "La réforme semble équilibrée. Il faudra négocier sa finançabilité. Il faut d'abord voir les détails et analyser les propositions chiffrées", a conclu la ministre.

CD&V: "Nous avons besoin de plus"

La réforme des pensions proposée par la ministre des Pensions, Karine Lalieux (PS), a été "écrite avec un stylo rouge mais nous devons éviter qu'il écrive en rouge", a souligné le vice-Premier ministre CD&V, Vincent Van Peteghem, sur les ondes de Radio 1. Il faut faire en sorte que le système des pensions en Belgique demeure tourné vers l'avenir et que les citoyens aient la garantie qu'ils pourront continuer à recevoir leur pension. Le plan proposé par Mme Lalieux -dont M. Van Peteghem n'a pas encore vu le texte- lui paraît sympathique mais le ministre CD&V s'interroge sur la soutenabilité financière du système.

La ministre PS souhaite par exemple que le plan soit financé grâce à l'augmentation du taux d'emploi à 80% en 2030, objectif que la Vivaldi s'est fixé dans son accord de gouvernement. C'est un bon principe "mais quelles seront les mesures prises pour y arriver", se demande M. Van Peteghem. Le fait d'avoir travaillé au moins dix ans pour entrer en ligne de compte pour bénéficier d'une pension minimum relevée à 1.500 euros est une autre des mesures proposées par la ministre. Les chrétiens-démocrates y voient "le coup d'ouverture" de la partie. Dans la détermination du nombre d'années de travail effectif pour bénéficier de la pension minimum, il faut aussi tenir compte avec la situation des femmes et des conjoints aidants, estiment-ils. La réintroduction du bonus pension est un bon stimulant pour rester plus longtemps au travail, dit encore M. Van Peteghem qui met toutefois en garde sur la payabilité du système. "Pour améliorer réellement le système des pensions, nous avons besoin de plus que ce qui se trouve aujourd'hui sur la table", a conclu le ministre.

Open Vld: "Plus d'ambition pour un système payable "

Le président de l'Open Vld, Egbert Lachaert, se montre très critique sur la proposition de réforme de la ministre des Pensions, Karine Lalieux (PS), en particulier sur la soutenabilité financière du modèle.

"Nous estimons qu'il est nécessaire d'avoir beaucoup plus d'ambition pour rendre notre système de pension durable, meilleur et finançable. Cela n'est possible si les gens reçoivent le signal que travailler (plus longtemps) est une nécessité et est récompensé. L'idée selon laquelle contribuer peu de temps et au minimum suffira toujours n'est pas notre modèle", a-t-il expliqué. "Nous avons besoin d'une réforme équilibrée qui est conforme aux engagements pris dans l'accord de gouvernement et garantit la soutenabilité du système. Il incombe maintenant à tous les partenaires de mener le débat au sein du gouvernement avec des textes et sur la base de chiffres", a-t-il ajouté.

A la fin du mois passé, le président des libéraux flamands s'était déjà montré très sceptique sur le projet que la ministre allait déposer, s'attirant les foudres des socialistes francophones étonnés d'une telle sortie venant du parti du Premier ministre. Il estimait notamment qu'il fallait avoir travaillé effectivement au moins 20 ans dans une carrière de 30 ans pour bénéficier de la pension minimale revalorisée.

cdH: ""Des avancées, mais insuffisantes"

L'opposition centriste a pointé vendredi des "avancées" dans le projet de réforme des pensions déposé par la ministre Karine Lalieux, jugeant néanmoins celles-ci encore "insuffisantes" pour parvenir à une harmonisation des statuts entre salariés, employés et indépendants.

Sur Twitter, le président du cdH Maximé Prévot estime aussi que le plan actuel ne valorise pas suffisamment le travail parental et non-marchand, et qu'il n'assure pas un régime plus égalitaire pour les femmes. Constatant les divisions profondes au sein de la majorité fédérale sur ce dossier vendredi, Prévot appelle les partis au pouvoir à "arrêter les bagarres" au sein de la Vivaldi.

"Cette réforme est hors des clous budgétaires et elle ne correspond pas du tout aux objectifs fixés dans la coalition. On va devoir remettre tout ça sur le métier", a commenté le président des réformateurs, Georges-Louis Bouchez. "On a besoin d'une réforme structurelle. Là on est dans une série de mesures dont il faudrait reparler dans 3 ou 4 ans. Ca ne va pas". Alors que celui-ci attendait des changements assurant la pérennité du système des pensions ainsi qu'une convergence des statuts et une solution pour les métiers pénibles, le MR juge le projet de la ministre Lalieux est aujourd'hui "bien loin de tout cela". Outre les critiques sur le fond, M. Bouchez dénonce également la méthode utilisée par la ministre pour communiquer son projet: "Présenter une telle réforme dans la presse, avant-même que les textes se retrouvent sur la table du conseil des ministres, ce n'est pas sérieux", lance le Montois. "A Karine Lalieux (anciennement échevine à Bruxelles, ndlr), je suis tenté de dire : on n'est plus au collège de la Ville de Bruxelles. Franchement, c'est un dossier "touchy", ce n'est pas la bonne méthode".A son arrivée rue de la Loi vendredi matin, le ministre des Classes moyennes David Clarinval a estimé de son côté que sa collègue Lalieux avait "oublié qu'il y avait six autres partis au gouvernement". Devant la presse, M. Clarinval a d'ailleurs qualifié la réforme de sa collègue de simple "note". "Une note qui n'a pas été concertée au gouvernement, ni concertée avec les partenaires sociaux. Une note qui oublie qu'il y a des indépendants. On ne parle pas des fonctionnaires...", a souligné le ministre réformateur pour qui tout ceci n'est "que le début des discussions". L'opposition N-VA au fédéral a fustigé la réforme des pensions avancée par la ministre Lalieux, voyant dans celle-ci un "un manque total de sens des responsabilités"."On veut encore une fois dépenser de l'argent qu'on n'a pas, sans aucune adaptation valable pour rendre la réforme soutenable pour les générations à venir", selon la formation nationaliste. "C'est 'après nous le déluge!'". Pour la N-VA, les propositions sur la table laissent croire qu'on pourra travailler moins pour avoir une plus belle pension. "Mais ce sont nos enfants et petits enfants qui paieront la facture de la petite fête du PS", estime le parti de Bart De Wever. Pour la N-VA, les réformes menées par le gouvernement Michel I pour maintenir le système des pensions financièrement soutenable sont vidées de leur substance avec le projet avancé par la ministre Lalieux. Le parti dénonce notamment les nouvelles conditions d'accès fixées pour bénéficier de la pension minimum. "Contrairement à ce qui est nécessaire, le travail effectif n'est pas récompensé par une meilleure pension. C'est une gifle en plein visage pour ceux qui auront contribué pendant des décennies à notre société". La N-VA souligne aussi que le gouvernement table sur un taux d'emploi de 80% pour maintenir le régime des pensions soutenable, mais rien dans le plan n'indique comment ce taux sera relevé. Les nationalistes pointent le fait qu'il est déjà très difficile de pourvoir à de nombreux emplois, alors que le taux d'emploi n'est que de 70% actuellement. L'opposition PTB a dénoncé le projet de réforme des pensions avancé par la ministre Karine Lalieux, jugeant que celle-ci ne remettait nullement en cause les réformes adoptées sous le gouvernement Michel. "Malgré les promesses socialistes (d'un retour à 65 ans pour la mise à la pension, ndlr), le coeur de la réforme des pensions du gouvernement Michel reste intact", a commenté vendredi Peter Mertens, leader de la formation marxiste. Celui-ci déplore la confirmation, pour la plupart des travailleurs, d'une mise à la pension à 67 ans seulement. Un départ anticipé ne sera possible qu'après 42 ans de carrière seulement, regrette encore le président du PTB qui déplore aussi l'absence de mesures spécifiques pour les métiers pénibles. La vice-Première Petra De Sutter (Groen) a réagi de manière mesurée, mais positive, au projet de réforme des pensions avancé par sa collègue Karine Lalieux. Interrogée à son arrivée au comité ministériel restreint ce vendredi, Mme De Sutter a dit y voir des "équilibres", tout avouant ne pas encore vu les détails du plan sur la table. La ministre écologiste a notamment salué les assouplissements proposés pour l'accès à une pension anticipée. Elle a aussi pointé le bonus de pension envisagé pour ceux qui seraient prêts à travailler plus longtemps. L'accès à la pension minimum après un seuil de dix années de travail est une bonne chose aussi, a dit Mme De Sutter pour qui l'attention doit être portée aux femmes qui bien souvent travaillent à temps partiel pour éduquer leurs enfants. "La réforme semble équilibrée. Il faudra négocier sa finançabilité. Il faut d'abord voir les détails et analyser les propositions chiffrées", a conclu la ministre. La réforme des pensions proposée par la ministre des Pensions, Karine Lalieux (PS), a été "écrite avec un stylo rouge mais nous devons éviter qu'il écrive en rouge", a souligné le vice-Premier ministre CD&V, Vincent Van Peteghem, sur les ondes de Radio 1. Il faut faire en sorte que le système des pensions en Belgique demeure tourné vers l'avenir et que les citoyens aient la garantie qu'ils pourront continuer à recevoir leur pension. Le plan proposé par Mme Lalieux -dont M. Van Peteghem n'a pas encore vu le texte- lui paraît sympathique mais le ministre CD&V s'interroge sur la soutenabilité financière du système. La ministre PS souhaite par exemple que le plan soit financé grâce à l'augmentation du taux d'emploi à 80% en 2030, objectif que la Vivaldi s'est fixé dans son accord de gouvernement. C'est un bon principe "mais quelles seront les mesures prises pour y arriver", se demande M. Van Peteghem. Le fait d'avoir travaillé au moins dix ans pour entrer en ligne de compte pour bénéficier d'une pension minimum relevée à 1.500 euros est une autre des mesures proposées par la ministre. Les chrétiens-démocrates y voient "le coup d'ouverture" de la partie. Dans la détermination du nombre d'années de travail effectif pour bénéficier de la pension minimum, il faut aussi tenir compte avec la situation des femmes et des conjoints aidants, estiment-ils. La réintroduction du bonus pension est un bon stimulant pour rester plus longtemps au travail, dit encore M. Van Peteghem qui met toutefois en garde sur la payabilité du système. "Pour améliorer réellement le système des pensions, nous avons besoin de plus que ce qui se trouve aujourd'hui sur la table", a conclu le ministre. Open Vld: "Plus d'ambition pour un système payable " Le président de l'Open Vld, Egbert Lachaert, se montre très critique sur la proposition de réforme de la ministre des Pensions, Karine Lalieux (PS), en particulier sur la soutenabilité financière du modèle. "Nous estimons qu'il est nécessaire d'avoir beaucoup plus d'ambition pour rendre notre système de pension durable, meilleur et finançable. Cela n'est possible si les gens reçoivent le signal que travailler (plus longtemps) est une nécessité et est récompensé. L'idée selon laquelle contribuer peu de temps et au minimum suffira toujours n'est pas notre modèle", a-t-il expliqué. "Nous avons besoin d'une réforme équilibrée qui est conforme aux engagements pris dans l'accord de gouvernement et garantit la soutenabilité du système. Il incombe maintenant à tous les partenaires de mener le débat au sein du gouvernement avec des textes et sur la base de chiffres", a-t-il ajouté. A la fin du mois passé, le président des libéraux flamands s'était déjà montré très sceptique sur le projet que la ministre allait déposer, s'attirant les foudres des socialistes francophones étonnés d'une telle sortie venant du parti du Premier ministre. Il estimait notamment qu'il fallait avoir travaillé effectivement au moins 20 ans dans une carrière de 30 ans pour bénéficier de la pension minimale revalorisée.cdH: ""Des avancées, mais insuffisantes" L'opposition centriste a pointé vendredi des "avancées" dans le projet de réforme des pensions déposé par la ministre Karine Lalieux, jugeant néanmoins celles-ci encore "insuffisantes" pour parvenir à une harmonisation des statuts entre salariés, employés et indépendants. Sur Twitter, le président du cdH Maximé Prévot estime aussi que le plan actuel ne valorise pas suffisamment le travail parental et non-marchand, et qu'il n'assure pas un régime plus égalitaire pour les femmes. Constatant les divisions profondes au sein de la majorité fédérale sur ce dossier vendredi, Prévot appelle les partis au pouvoir à "arrêter les bagarres" au sein de la Vivaldi.