Le bras de fer est devenu physique. Ce mercredi, une bonne cinquantaine d'étudiants occupent le siège du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, dans la capitale. La Fédération des étudiants francophones (EF) réclame des "mesures structurelles" contre la précarité étudiante.
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Le bras de fer est devenu physique. Ce mercredi, une bonne cinquantaine d'étudiants occupent le siège du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, dans la capitale. La Fédération des étudiants francophones (EF) réclame des "mesures structurelles" contre la précarité étudiante.Les jeunes scandent des slogans comme "Eh oh ! Gouvernement, tu nous entends ?" Une des banderoles étendues porte le message "Pour des mesures contre la précarité". Les étudiants veulent une rencontre avec la ministre de l'Enseignement supérieur, Valérie Glatigny (MR). La FEF a lancé une campagne contre la précarité étudiante il y a environ deux ans. Elle estime que la crise sanitaire a aggravé le phénomène. Chaque semaine, depuis début mars, des actions sont menées pour réclamer de nouvelles mesures structurelles contre la précarité étudiante, en plus de celles existantes et des budgets supplémentaires débloqués pour pallier les effets de la crise sanitaire.La crise sanitaire a cloué les étudiants dans leurs kots, mis à mal les job étudiants et approfondi de manière générale la précarité. Depuis la fin de l'année dernière, les cartes blanches se sont multipliées pour tirer la sonnette d'alarme. "Je suis étudiante, j'ai 18 ans et je vous implore d'entendre notre détresse", écrivait une étudiante le 22 janvier sur le site du Vif.Mi-mars, la ministre Valérie Glatigny avait communiqué au sujet de toutes les aides mises en place pour faire face à cette précarité, à différents niveaux de pouvoir, et recensé le tout sur son site internet. Evoquant une baisse de l'inscription, elle soulignait à L'Echo: "Aujourd'hui, le minerval s'élève pour les boursiers à 0 euro et est fortement réduit pour les étudiants de condition modeste. Est-ce qu'en le diminuant pour les autres, on ne va pas seulement offrir une perspective aux familles les plus aisées? Soyons clairs, je préfère mener un travail sur les allocations d'études afin que ce soit les parents les plus touchés par la crise qui puissent bénéficier d'une majoration, plutôt que de faire des cadeaux à des familles qui en auraient moins besoin."Les étudiants ne sont pas satisfaits. Certains dénoncent la communication difficiel avec la ministre."A l'issue du conclave budgétaire de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui a eu lieu la semaine dernière, des étudiants qui lui demandaient où en étaient les mesures demandées contre la précarité ont été bloqués par la ministre sur Facebook", avance Chems Mabrouk, présidente de la FEF. "On a donc décidé de venir jusqu'à son gouvernement. En plus, la réforme du Décret Paysage qu'elle a présentée après le conclave attaque les plus précarisés. Les étudiants qui ne réussissent pas les 60 premiers crédits en deux ans ne pourront plus se réinscrire, mais ceux qui réussissent le moins bien sont justement les étudiants précaires"."L'absence de mesures concrètes de la part de la ministre de l'Enseignement supérieur pour mettre en place des mesures structurelles devient inacceptable", plaide le communiqué de presse de la FEF. "Après plus de deux ans de mobilisation, les étudiants de la Communauté française espéraient que des mesures contre la précarité soient annoncées à l'issue du conclave budgétaire. À la place, la ministre a montré un réel mépris envers les étudiants en sortant une réforme du décret paysage qui touchera surtout les plus précaires d'entre eux." Le cabinet de la ministre précise au Soir avoir reçu dans la matinée une délégation étudiante, dont la présidente de la FEF, pour entendre leurs revendications et rappeler le travail déjà effectué. Une nouvelle réunion se tiendra jeudi soir entre la présidente la FEF et la ministre Glatigny pour aborder, entre autres, la réforme prévue des allocations d'études "qui permettra d'encore mieux soutenir les étudiants".La FEF n'a toutefois pas l'intention de quitter le siège du gouvernement. "Nous resterons ici jusqu'à ce que la ministre annonce publiquement des mesures structurelles pour réduire la précarité étudiante", dit sa présidente.