Le soir du 12 juillet, le président Macron a donc imposé un traitement de choc à la France en rendant lavaccination obligatoire pour tout le personnel soignant du pays, mais de facto également quasiment obligatoire pour tous les Français et les touristes qui se rendent dans l'Hexagone. En effet, pour entrer dans un restaurant ou un centre commercial, aller au théâtre et même se rendre dans un établissement hospitalier en France, il faudra désormais être muni d'un pass sanitaire en bonne et due forme. C'est-à-dire être doubl...

Le soir du 12 juillet, le président Macron a donc imposé un traitement de choc à la France en rendant lavaccination obligatoire pour tout le personnel soignant du pays, mais de facto également quasiment obligatoire pour tous les Français et les touristes qui se rendent dans l'Hexagone. En effet, pour entrer dans un restaurant ou un centre commercial, aller au théâtre et même se rendre dans un établissement hospitalier en France, il faudra désormais être muni d'un pass sanitaire en bonne et due forme. C'est-à-dire être doublement - et gratuitement - vacciné ou en possession d'un test PCR récent, négatif et payant. Bref sans vaccin, adieu la vie sociale. Cette obligation vaccinale française relance évidemment le débat sur son imposition en Belgique, notamment à l'égard du personnel soignant. Pour l'instant, rien ne laisse entrevoir un équivalent du pass sanitaire chez nous. Le choix individuel reste au coeur de la stratégie suivie. Néanmoins, la pression exercée sur ceux qui refusent le vaccin ou qui hésitent encore ne va faire que monter. Avec l'exemple français, évidemment, la hausse des contaminations qui se confirme et la perspective de plus en plus probable d'une quatrième vague à la rentrée. Mais aussi, et même surtout, avec la pression sociale. Plus le temps passe, plus les échéances de déconfinement sont postposées ou suivies de mesures de reconfinement, plus le clivage va s'accentuer entre les vaccinés et les non-vaccinés. Les premiers étant de moins en moins enclins à voir leurs libertés limitées par la résistance des seconds. Argumentant que vivre en société, c'est une somme de droits comme de devoirs. Et que l'intérêt collectif l'emporte désormais sur la liberté individuelle. Dans une interview qu'il nous a accordée, le Premier ministre Alexander De Croo rappelle que la Belgique est actuellement la meilleure d'Europe en matière de vaccination et appelle une fois encore à jouer en équipe. "On n'est pas obligés d'être à couteaux tirés les uns face aux autres, et on n'est pas condamnés, en Belgique, quand on est confrontés à un défi majeur, à avoir comme seule réponse qu'on ne sera pas capable de le faire. On l'a montré dans la gestion de la pandémie", dit-il. Reste à espérer que cela suffira à limiter la nouvelle vague et qu'il ne faudra pas, à notre retour, recourir à l'arme utile. Au paradoxal "obliger pour libérer".