Selon les autorités, il reste en effet une marge de manoeuvre pour sensibiliser les soignants à la vaccination et faire augmenter le taux d'adhésion. En Wallonie, on est ainsi passé, en un mois, à un taux de couverture de 74 à 79%.
...

Selon les autorités, il reste en effet une marge de manoeuvre pour sensibiliser les soignants à la vaccination et faire augmenter le taux d'adhésion. En Wallonie, on est ainsi passé, en un mois, à un taux de couverture de 74 à 79%. Ensuite, si c'est nécessaire, le fédéral et les entités fédérées travailleront sur les "étapes juridiques nécessaires" - dont, entre autres, l'intégration des travailleurs indépendants dans les législations existantes - permettant de rendre la vaccination obligatoire.L'obligation vaccinale pour les soignants n'est donc pas exclue mais elle n'interviendra que dans un deuxième temps, si la sensibilisation n'est plus suffisante, précise-t-on. Enfin, un affinement des chiffres a été demandé avant que ne soient éventuellement publiés les taux de vaccination par établissement, une mesure récemment défendue par le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke. Cet affinement devrait notamment permettre de connaître le nombre réel de soignants encore en activité dans chaque institution.La Conférence interministérielle Santé publique (CIM), qui a eu lieu aujourd'hui/mercredi, a donc délimité et façonné une partie des décisions qui seront actées vendredi, lors d'un nouveau Comité de concertation. Frank Vandenbrouckeavait donné le ton hier. "Il y a des établissements de soins où 95% du personnel est vacciné. Le problème, c'est que ce n'est pas le cas partout. Et ça, ce n'est pas acceptable. Un prestataire de soins doit se faire vacciner : cela doit être la norme", a déclaré le ministre à nos confrères de RLT info. Mais il n'est pas (encore) question en Belgique d'imiter nos voisins français. Dans l'immédiat, la vaccination obligatoire pour le personnel médical n'a donc pas été décidée.Le "plan d'action commun"proposé par Frank Vandebroucke a été accepté lors de la CIM. Il précisait son intention hier, à RTL : "Je vais proposer, durant la Conférence interministérielle Santé publique, de développer un plan d'action commun pour atteindre un objectif : que la vaccination devienne la norme." Il insiste sur la nécessité de "sensibilisation, d'information et de transparence. Pas question d'obligation pour l'instant. Il faut y aller étape par étape et définir un cadre scientifique d'abord. Ensuite, on devra lancer un processus de réflexion et de concertation pour savoir si une obligation est nécessaire. Si ça l'est, alors je suis favorable. Il faut envisager cette possibilité."Définir un cadre légal pour rendre obligatoire la vaccination pourrait prendre des mois. C'est pourquoi Frank Vandenbroucke veut "agir maintenant avec un plan d'action et de sensibilisation."Le ministre a également soulevé la nécessité de transparence des institutions de soins de santé. "Les patients ont le droit de savoir combien de membres du personnel d'une institution de soins sont vaccinés. Je veux inviter toutes les institutions à publier leur taux de vaccination." Le ministre bruxellois de la Santé, Alain Maron, s'inscrit dans la même optique : "Je ne suis pas contre l'idée de départ pour autant qu'il y ait bien un accord des partenaires sociaux et que la décision soit prise dans un cadre scientifiquement concerté." Il ne faut donc pas s'attendre à une obligation immédiate. Autre sujet brûlant : la possibilité d'étendre le pass sanitaire pour l'accès à de nombreux lieux publics, comme décidé en France. Là aussi, la Belgique ne devrait pas se calquer sur les pas du voisin français. Comme l'expliquait Yves Van Laethem au Vif, les situations entre les deux pays ne sont pas identiques. "On n'a jamais voulu le faire", nous confiait-il hier. Pour lui, "c'est une manière indirecte de rendre la vie sociale impossible sans vaccination. Ça, on n'en a pas voulu en Belgique. Et à ma connaissance, on ne le veut toujours pas."En revanche, il est plus plausible d'élargir l'utilisation du "Covid Safe Ticket", qui sera d'application pour les grands événements, comme les festivals. Le Comité de concertation de vendredi abordera la possibilité d'étendre l'utilisation de ce "Covid Safe Ticket" pour des rassemblements culturels ou sportifs, indique RTL. Mais pas question, a priori, de l'instaurer dans les bars, restaurants ou transports, comme c'est le cas en France.En outre, le Codeco de vendredi ne devrait pas acter d'autres assouplissements, dans un contexte sanitaire où le variant Delta inquiète de toutes parts, et où les contaminations repartent à la hausse. Selon les informations du Soir, seront confirmées "les mesures qui étaient attendues pour les mois d'août et septembre, relatives aux événements intérieurs, extérieurs, aux cultes, aux camps de jeunesse, les foires commerciales et les marchés. Les jauges devraient être revues à la hausse pour août." Pour septembre, ces jauges doivent encore être déterminées.La politique concernant les voyages devrait aussi être revue. Frank Vandenbroucke souhaite que soient durcis les contrôles des voyageurs au retour de zones rouges, comme l'Espagne ou le Portugal, indiquait-il dimanche sur VTM. La ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden a aussi appelé les compagnies aériennes à prendre leurs responsabilités dans ce domaine, au risque de se voir infliger des amendes. Pour Frank Vandenbroucke, des contrôles policiers aléatoires aux frontières seraient une bonne idée pour contrôler également ceux qui voyagent en voiture. A ce propos, le Comité de concertation pourrait décider de sévir sur la bonne utilisation du "Passenger locator forms". Une amende de 250 euros est évoquée en cas de non-présentation du formulaire, 750 euros si celui-ci est falsifié. Les règles de quarantaine au retour de l'étranger pourraient également être revues, avec des sanctions à la clé en cas de non-respect. (avec Belga)