La ministre fédérale de l'énergie Tinne Van der Straeten (Groen) a remis ce mardi au reste du gouvernement fédéral un rapport très attendu sur l'impact de la sortie du nucléaire. La ministre n'a pas encore révélé de détails. "L'histoire de l'énergie ne concerne pas les centrales nucléaires ou les centrales à gaz, mais la direction que nous voulons prendre", a-t-elle cependant déclaré. "L'objectif est la neutralité climatique et 100 % d'énergies renouvelables d'ici 2050, nous devons y aller ensemble."

Lire aussi: Nucléaire, stop ou encore? En sortir pourrait coûter 230 millions par an

Le "rôle central" de l'hydrogène

La ministre Van der Straeten a souligné que la politique énergétique belge était "fondée sur des faits et des chiffres" et qu'elle était la traduction des accords internationaux existants et du "Green Deal" européen. "L'objectif est clair : la neutralité climatique", a déclaré M. Van der Straeten. "La raison aussi : c'est le changement climatique, dont nous avons déjà ressenti les conséquences dans notre pays au cours des deux derniers étés."

Selon Tinne Van der Straeten, la discussion sur la sortie du nucléaire et les centrales à gaz n'appartient qu'à la période de transition vers cette neutralité climatique. Le ministre a donc mis l'accent ce mardi sur la provenance de notre énergie dans un avenir plus lointain. "L'hydrogène vert peut jouer un rôle central", a-t-elle notamment expliqué. "Nous ne devons pas non plus avoir peur des importations à cet égard, car cela contribue à la sécurité de l'approvisionnement." L'une des choses que M. Van der Straeten a entendues sur le terrain, c'est qu'il n'y a encore pratiquement aucun changement fiscal dans le domaine de l'énergie verte.Pour remédier à cela, elle a évoquer une seule taxe d'accise fédérale: "Lorsque vous construisez une maison, vous devez d'abord fournir les fondations et c'est ce que nous faisons avec ce projet. Tout est prêt pour un changement de taxe."

Première étape

Avec ce rapport de la ministre écologiste, la Vivaldi aborde l'un des chantiers les plus compliqués de la législature. Ce rapport doit en principe permettre au gouvernement d'entériner la fin définitive des centrales nucléaires en 2025, conformément à une loi de 2003 confirmée en 2015. Il suit les résultats des enchères réalisées dans le cadre du Mécanisme de Rémunération de Capacité, le "CRM" qui vise à garantir à la Belgique une capacité énergétique suffisante.

"Ce rapport analysera notamment la sécurité d'approvisionnement et l'impact sur le prix de l'électricité. Si ce monitoring montre qu'il y a un problème inattendu de sécurité d'approvisionnement, le gouvernement prendra des mesures adéquates comme l'ajustement du calendrier légal pour une capacité pouvant aller jusqu'à 2 GW", dit l'accord de gouvernement. En d'autres termes, l'exécutif pourrait le cas échéant décider de prolonger les deux réacteurs les plus récents, Doel 4 et Tihange 3.

Dans la coalition, le MR s'est déjà prononcé en faveur de ce scénario. Aux yeux des libéraux, qui ont pourtant soutenu les lois de 2003 et de 2015, la prolongation des deux réacteurs permettrait à la Belgique de limiter ses émissions de gaz à effet de serre et la protégerait en partie d'un marché du gaz aujourd'hui très tendu. Les écologistes, directement visés, se montrent jusqu'à présent prudents. Ils s'en tiennent à l'accord de gouvernement mais affichent leur optimisme: à leurs yeux, les signaux sont au vert pour quitter le nucléaire. Le PS estime quant à lui que le débat est tranché avec la mise en oeuvre du CRM: les sept réacteurs vont fermer.

Prolongation, loin d'être évidente

La solution de la prolongation est toutefois loin d'être évidente à exécuter. Engie a dit et répété qu'il avait tourné la page du nucléaire en Belgique. À l'entendre, le délai est passé pour obtenir à temps les permis nécessaires et procéder aux différentes opérations pratiques requises. Qui plus est, des problèmes pourraient également se poser avec l'Europe puisque l'approbation du CRM par la Commission européenne a été conditionnée à la sortie du nucléaire.

Le Premier ministre Alexander De Croo s'efforce quant à lui d'aborder le débat d'un point de vue de long terme. À ses yeux, le gouvernement jettera les bases de la politique énergétique de la Belgique pour les 30 à 40 années à venir. La question ne peut donc se résumer à la prolongation temporaire de deux centrales, qui n'est qu'une partie d'un tout où l'énergie durable sera centrale. Le chef du gouvernement a dit sa foi dans la technologie pour mener à bien la transition énergétique. Et à long terme, les libéraux francophones et néerlandophones ainsi que le CD&V ont déjà indiqué qu'il faudrait investir dans le nucléaire de nouvelle génération, comme le font d'autres pays européens.

La ministre fédérale de l'énergie Tinne Van der Straeten (Groen) a remis ce mardi au reste du gouvernement fédéral un rapport très attendu sur l'impact de la sortie du nucléaire. La ministre n'a pas encore révélé de détails. "L'histoire de l'énergie ne concerne pas les centrales nucléaires ou les centrales à gaz, mais la direction que nous voulons prendre", a-t-elle cependant déclaré. "L'objectif est la neutralité climatique et 100 % d'énergies renouvelables d'ici 2050, nous devons y aller ensemble."Lire aussi: Nucléaire, stop ou encore? En sortir pourrait coûter 230 millions par anLa ministre Van der Straeten a souligné que la politique énergétique belge était "fondée sur des faits et des chiffres" et qu'elle était la traduction des accords internationaux existants et du "Green Deal" européen. "L'objectif est clair : la neutralité climatique", a déclaré M. Van der Straeten. "La raison aussi : c'est le changement climatique, dont nous avons déjà ressenti les conséquences dans notre pays au cours des deux derniers étés." Selon Tinne Van der Straeten, la discussion sur la sortie du nucléaire et les centrales à gaz n'appartient qu'à la période de transition vers cette neutralité climatique. Le ministre a donc mis l'accent ce mardi sur la provenance de notre énergie dans un avenir plus lointain. "L'hydrogène vert peut jouer un rôle central", a-t-elle notamment expliqué. "Nous ne devons pas non plus avoir peur des importations à cet égard, car cela contribue à la sécurité de l'approvisionnement." L'une des choses que M. Van der Straeten a entendues sur le terrain, c'est qu'il n'y a encore pratiquement aucun changement fiscal dans le domaine de l'énergie verte.Pour remédier à cela, elle a évoquer une seule taxe d'accise fédérale: "Lorsque vous construisez une maison, vous devez d'abord fournir les fondations et c'est ce que nous faisons avec ce projet. Tout est prêt pour un changement de taxe."Avec ce rapport de la ministre écologiste, la Vivaldi aborde l'un des chantiers les plus compliqués de la législature. Ce rapport doit en principe permettre au gouvernement d'entériner la fin définitive des centrales nucléaires en 2025, conformément à une loi de 2003 confirmée en 2015. Il suit les résultats des enchères réalisées dans le cadre du Mécanisme de Rémunération de Capacité, le "CRM" qui vise à garantir à la Belgique une capacité énergétique suffisante. "Ce rapport analysera notamment la sécurité d'approvisionnement et l'impact sur le prix de l'électricité. Si ce monitoring montre qu'il y a un problème inattendu de sécurité d'approvisionnement, le gouvernement prendra des mesures adéquates comme l'ajustement du calendrier légal pour une capacité pouvant aller jusqu'à 2 GW", dit l'accord de gouvernement. En d'autres termes, l'exécutif pourrait le cas échéant décider de prolonger les deux réacteurs les plus récents, Doel 4 et Tihange 3. Dans la coalition, le MR s'est déjà prononcé en faveur de ce scénario. Aux yeux des libéraux, qui ont pourtant soutenu les lois de 2003 et de 2015, la prolongation des deux réacteurs permettrait à la Belgique de limiter ses émissions de gaz à effet de serre et la protégerait en partie d'un marché du gaz aujourd'hui très tendu. Les écologistes, directement visés, se montrent jusqu'à présent prudents. Ils s'en tiennent à l'accord de gouvernement mais affichent leur optimisme: à leurs yeux, les signaux sont au vert pour quitter le nucléaire. Le PS estime quant à lui que le débat est tranché avec la mise en oeuvre du CRM: les sept réacteurs vont fermer. La solution de la prolongation est toutefois loin d'être évidente à exécuter. Engie a dit et répété qu'il avait tourné la page du nucléaire en Belgique. À l'entendre, le délai est passé pour obtenir à temps les permis nécessaires et procéder aux différentes opérations pratiques requises. Qui plus est, des problèmes pourraient également se poser avec l'Europe puisque l'approbation du CRM par la Commission européenne a été conditionnée à la sortie du nucléaire. Le Premier ministre Alexander De Croo s'efforce quant à lui d'aborder le débat d'un point de vue de long terme. À ses yeux, le gouvernement jettera les bases de la politique énergétique de la Belgique pour les 30 à 40 années à venir. La question ne peut donc se résumer à la prolongation temporaire de deux centrales, qui n'est qu'une partie d'un tout où l'énergie durable sera centrale. Le chef du gouvernement a dit sa foi dans la technologie pour mener à bien la transition énergétique. Et à long terme, les libéraux francophones et néerlandophones ainsi que le CD&V ont déjà indiqué qu'il faudrait investir dans le nucléaire de nouvelle génération, comme le font d'autres pays européens.