"Nous avons voulu la Vivaldi, nous devons faire en sorte qu'elle réussisse." Ou encore: "Quand vous avez des figures de proue comme De Croo ou Wilmès, vous devez être complètement derrière eux, au lieu de leur mettre des bâtons dans les roues." Voilà les phrases mises en avant dans l'interview accordée par le ministre wallon Jean-Luc Crucke (MR) au Standaard ce mardi matin.
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"Nous avons voulu la Vivaldi, nous devons faire en sorte qu'elle réussisse." Ou encore: "Quand vous avez des figures de proue comme De Croo ou Wilmès, vous devez être complètement derrière eux, au lieu de leur mettre des bâtons dans les roues." Voilà les phrases mises en avant dans l'interview accordée par le ministre wallon Jean-Luc Crucke (MR) au Standaard ce mardi matin.Le message s'apparente à un soutien ferme à la majorité fédérale (socialistes, libéraux, écologistes et CD&V). L'équipe emmenée par le libéral flamand Alexander De Croo est fragilisée par des partis flamands en plein doute alors qu'ils au plus bas dans les sondages (surtout le CD&V et l'Open VLD) face aux partis nationalistes (Vlaams Belang et N-VA), mais aussi par les tensions qui la minent du côté francophone. C'est, aussi, une forme de mise en garde adressée à son président de parti, Georges-Louis Bouchez. "Alexander De Croo et Sophie Wilmès font parfaitement leur travail, soutient-il. Il est temps que ces tensions cessent." Le MR a ouvertement contredit le Premier ministre alors qu'il venait de nier les querelles internes à sa majorité au parlement au sujet de la nomination, contestée par les libéraux, d'une commissaire générale voilée à l'Institut pour l'égalité hommes-femmes."En toute clarté, demande le quotidien, s'agit-il d'un message pour votre président? "Il s'agit de son ton et de son style, oui", répond Jean-Luc Crucke. En octobre dernier, déjà, Georges-Louis Bouchez avait été appelé à adopter un ton plus mesuré et devait être encadré par un G11, un groupe réunissant les principaux cadors du parti. "Le président ne le convoque jamais, souligne le ministre. Bien sûr, nous avons un bureau de parti..."Et le ministre d'ajouter: "Je lui ai déjà dit plusieurs fois, mais au Bureau de parti, nous ne parlons pas trop de la twittomanie du président". "Ce ne sont pas les prises de positions du MR qui posent problème, ajoute-t-il.. Nous somems à l'origine de la Vivaldi. Il s'agit du ton et du style." Dans une interview, le week-end dernier, le coprésident d'Ecolo Jean-Marc Nollet avait lui aussi fustigé les milliers de tweet envoyés par Georges-Louis Bouchez en se demandant s'il "n'avait que ça à faire"."95% des membres du MR sont d'accord au sujet de son point de vue sur la neutralité, reconnaît Jean-Luc Crucke. Mais la manière dont il porte ce message, ce n'est pas possible." Le ministre wallon - issu d'une Région où le sujet est moins sensible - estime d'ailleurs que le sujet est importé au fédéral alors qu'il s'agissait, intialement, d'une question bruxelloise consécutive à l'arrêt du tribunal de Bruxelles au sujet de la STIB. "Le gouvernement fédéral n'aurait pas dû s'en mêler, regrette-t-il. Il a d'autres chats à fouetter. Gérer une pandémie, par exemple."La sortie de Jean-Luc Crucke survient au lendemain du 175e anniversaire du parti, fête en grandes pompes à l'hôtel de ville de Bruxelles.Va-t-elle susciter des vagues en interne? Jean-Luck Crucke est ouvertement proche des libéraux et des socialistes, avec lesquels il gouverne au niveau wallon. A la présidence du parti, on ne souhaite pas réagir. Tout juste certains soulignent-ils que la ligne adoptée sur la neutralité est effectivement partagée massivement en interne et que l'on ne voit pas où se situe le problème.Le PS, ajoutent des libéraux, est bien plus divisé, sur le fond qui plus est: le PS bruxellois d'Ahmed Laaouej soutient uneposition différente de celle du président du parti, Paul Magnette, sur la nécessité d'aller en appel contre la décision de la STIB. "Mais ça, entend-on dans les couloirs libéraux, on n'en fait pas grand cas."La sortie du ministre wallon indispose certains cadres du parti. Dans un entretien à La Libre, Alexia Bertrand, cheffe de file du MR au parlement bruxellois, souligne qu'elle "ne comprend pas" cette critique.