Ils sont plus d'un demi-million à travailler comme jobistes. Les étudiants d'aujourd'hui sont plus bosseurs que leurs prédécesseurs : selon l'enquête Randstad, réalisée au début du mois de mai dernier, 84 % d'entre eux déclarent exercer un travail rémunéré. La majorité bosse pendant les vacances d'été, mais la part des étudiants au turbin durant l'année scolaire ne cesse également d'augmenter : 70 % en 2020, contre 54 % en 2016 et 36 % en 2006. Ces chiffres donnent une idée de l'importance et de l'évolution du phénomène.
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Ils sont plus d'un demi-million à travailler comme jobistes. Les étudiants d'aujourd'hui sont plus bosseurs que leurs prédécesseurs : selon l'enquête Randstad, réalisée au début du mois de mai dernier, 84 % d'entre eux déclarent exercer un travail rémunéré. La majorité bosse pendant les vacances d'été, mais la part des étudiants au turbin durant l'année scolaire ne cesse également d'augmenter : 70 % en 2020, contre 54 % en 2016 et 36 % en 2006. Ces chiffres donnent une idée de l'importance et de l'évolution du phénomène. Mais cette année, à cause du Covid-19, nombreux sont ceux qui ne peuvent trouver un job, notamment cet été. " Actuellement, et c'est exceptionnel, la demande dépasse largement l'offre ", constate Adeline Dujardin de la Fédération Infor Jeunes, très active pour aider les étudiants à dénicher un travail. Selon Federgon, la Fédération des prestataires de services de ressources humaines, l'offre de postes " étudiants " pourrait chuter d'un tiers pendant ces vacances. Révélateur également : pendant le congé de Pâques 2020, 6 000 étudiants ont travaillé pour Randstad Group contre 18 000 l'an dernier. Dans son enquête, Randstad explique la baisse de l'offre par le fait que les étudiants bossent plus souvent dans des secteurs très touchés par le coronavirus : l'Horeca (qui embauche le plus d'étudiants, soit 22 %), les parcs d'attractions, l'événementiel (avec les nombreux festivals d'été annulés), le commerce de détail (dont les ventes reprennent lentement). Pour beaucoup de jeunes, le coup est dur. Même si une majorité travaille pour se payer des loisirs ou épargner, un tiers d'entre eux - ils sont de plus en plus nombreux au fil des ans - ont carrément besoin de leur job pour financer leurs études, se nourrir, se loger ou contribuer au budget familial. " Pour ceux-là, perdre des mois de rentrées financières va s'avérer très compliqué ", souligne Adeline Dujardin. Les CPAS s'attendent à en accueillir bien davantage que d'habitude. Infor Jeunes encourage les jobistes à postuler dans des secteurs variés, dont ils n'ont pas l'habitude, comme celui du nettoyage, fort sollicité depuis la crise sanitaire, ou le tourisme, qui offre de belles perspectives cet été en Belgique. La grande distribution embauche aussi, les jobistes en ont profité durant le confinement. Colruyt, par exemple, a recruté, en mai, quatre fois plus d'étudiants que l'an dernier. Plusieurs organisations de jeunesse, comme la FEF (Fédération des étudiants francophones) ou les JOC (Jeunes organisés et combatifs), se sont mobilisées pour revendiquer un fonds d'urgence fédéral exceptionnel destiné à garantir des revenus aux jobistes, durant la crise Covid, car ceux-ci, à l'inverse des travailleurs, ne bénéficient pas de protection en cas de perte d'emploi. En vain. Le gouvernement a préféré geler, d'avril à juin, le quota d'heures annuel au-delà duquel des cotisations sociales doivent être payées par les jobistes. Une mesure qui, pour les JOC, encourage les employeurs à embaucher des étudiants à la place de jeunes travailleurs, plutôt que de tenir compte des inégalités entre étudiants dont une partie est obligée de travailler pour pouvoir aller aux cours.