La fédération des maisons de repos (Femarbel) estime que la décision est humainement compréhensible, mais ne comprend pas comment elle pourra être mise en pratique. Son président, Marc Verbruggen, juge que c'est une décision risquée à un moment où le secteur fait face à un manque de moyens ainsi qu'à un risque élevé de propagation du virus.

"Alors que les maisons de repos travaillent déjà en effectif réduit, que l'armée est parfois chargée d'intervenir pour pallier le manque de personel, comment serons-nous en mesure de garantir que le virus ne se propage pas depuis la maison de repos vers les familles des visiteurs et inversement? Il aurait été nécessaire que des mesures strictes soient mises en application avant d'annoncer l'ouverture aux visiteurs", déclare Verbruggen.

Pas de consultation préalable

La fédération craint que le personnel déjà surchargé le soit encore plus s'il doit gérer ces visites. Elle déplore que ni les fédérations du secteur, ni les ministres régionaux n'aient été consultés dans le cadre de cette décision.

Au nord du pays, la coupole flamande d'hôpitaux et organisations de soins Zorgnet-Icuro juge également la décision "incompréhensible" et conseille aux centres de soin de ne pas appliquer la mesure jusqu'à ce que la situation se soit stabilisée. Interrogée par le quotidien De Morgen, sa directrice générale, Margot Cloet, exprime son indignation. "Qui va chercher une mesure pareille ? Il est incompréhensible que cette décision ait été prise sans aucune consultation".

Le ministre flamand du Bien-être, Wouter Beke, s'est déjà prononcé pour un report en Flandre de cette mesure afin de bien la préparer en concertation et de l'appliquer de "manière réfléchie".

Jeter l'éponge

La centrale syndicale CNE exprime sa colère envers les preneurs de décisions. "Quand, après avoir vu les résidents en détresse, ne pas pouvoir rejoindre l'hôpital, ne pas pouvoir bénéficier d'une aide respiratoire efficace et suffisante (...), après avoir vu les difficultés d'approvisionnement en oxygène, après avoir vu les collègues tomber comme des mouches, après s'être entendu dire que si on est dépisté positif, mais qu'on n'est qu'un peu malade', on doit rester au boulot (...), on vous annonce que des visites vont à nouveau être organisées dans trois jours, vous avez l'envie de jeter l'éponge, de rentrer chez vous et de dire, 'mais qu'ils viennent seulement, ces décideurs!'", écrit la CNE, qui fait remonter les nombreuses questions et inquiétudes des travailleurs. "On ne comprend plus rien", conclut la CNE.

Une situation inhumaine

Interrogée par Radio 1, la Première ministre Sophie Wilmès (MR) défend la décision du Conseil national de Sécurité. Pour Sophie Wilmès, il est également important de tenir compte de la solitude des personnes âgées. "Elles n'ont pas vu leur famille depuis des semaines." "Autoriser les visites dans les centres de soins ne doit pas se faire vite vite, c'est une possibilité. Je vois à quel point la situation est inhumaine en ce moment et nous devons y remédier. Et que ce soit aujourd'hui, demain ou dans quelques semaines, ce n'est pas un problème. Mais il faut faire quelque chose", a déclaré la Première ministre.

Elle a ajouté que la décision du Conseil national de sécurité a été discutée avec les ministres-présidents des différentes régions :"ils sont le patron de leur gouvernement". Sophie Wilmès s'attend à ce que la question soit réglée au sein de ces gouvernements. Pour elle, il s'agit d'un "problème de communication et de temps ". Elle a appelé au calme.

"Je pensais qu'on s'était concerté"

La ministre de la Santé publique Maggie De Block (Open VLD) comprend les réactions et l'étonnement suscités par la mesure. "Je pensais que si c'était sur la table du CNS, c'est qu'on s'était concerté, et manifestement ce n'était pas le cas." Pour elle, c'était aux Régions à en discuter avec les coupoles des centres de soins.

Face aux inquiétudes exprimées par le secteur, les autorités ont précisé jeudi matin que les Régions mèneront des concertations avec le secteur des maisons de repos pour ne pas précipiter leur réouverture, qui reste une possibilité et non une obligation.

La fédération des maisons de repos (Femarbel) estime que la décision est humainement compréhensible, mais ne comprend pas comment elle pourra être mise en pratique. Son président, Marc Verbruggen, juge que c'est une décision risquée à un moment où le secteur fait face à un manque de moyens ainsi qu'à un risque élevé de propagation du virus."Alors que les maisons de repos travaillent déjà en effectif réduit, que l'armée est parfois chargée d'intervenir pour pallier le manque de personel, comment serons-nous en mesure de garantir que le virus ne se propage pas depuis la maison de repos vers les familles des visiteurs et inversement? Il aurait été nécessaire que des mesures strictes soient mises en application avant d'annoncer l'ouverture aux visiteurs", déclare Verbruggen.Pas de consultation préalable La fédération craint que le personnel déjà surchargé le soit encore plus s'il doit gérer ces visites. Elle déplore que ni les fédérations du secteur, ni les ministres régionaux n'aient été consultés dans le cadre de cette décision.Au nord du pays, la coupole flamande d'hôpitaux et organisations de soins Zorgnet-Icuro juge également la décision "incompréhensible" et conseille aux centres de soin de ne pas appliquer la mesure jusqu'à ce que la situation se soit stabilisée. Interrogée par le quotidien De Morgen, sa directrice générale, Margot Cloet, exprime son indignation. "Qui va chercher une mesure pareille ? Il est incompréhensible que cette décision ait été prise sans aucune consultation".Le ministre flamand du Bien-être, Wouter Beke, s'est déjà prononcé pour un report en Flandre de cette mesure afin de bien la préparer en concertation et de l'appliquer de "manière réfléchie".Jeter l'éponge La centrale syndicale CNE exprime sa colère envers les preneurs de décisions. "Quand, après avoir vu les résidents en détresse, ne pas pouvoir rejoindre l'hôpital, ne pas pouvoir bénéficier d'une aide respiratoire efficace et suffisante (...), après avoir vu les difficultés d'approvisionnement en oxygène, après avoir vu les collègues tomber comme des mouches, après s'être entendu dire que si on est dépisté positif, mais qu'on n'est qu'un peu malade', on doit rester au boulot (...), on vous annonce que des visites vont à nouveau être organisées dans trois jours, vous avez l'envie de jeter l'éponge, de rentrer chez vous et de dire, 'mais qu'ils viennent seulement, ces décideurs!'", écrit la CNE, qui fait remonter les nombreuses questions et inquiétudes des travailleurs. "On ne comprend plus rien", conclut la CNE.Une situation inhumaine Interrogée par Radio 1, la Première ministre Sophie Wilmès (MR) défend la décision du Conseil national de Sécurité. Pour Sophie Wilmès, il est également important de tenir compte de la solitude des personnes âgées. "Elles n'ont pas vu leur famille depuis des semaines." "Autoriser les visites dans les centres de soins ne doit pas se faire vite vite, c'est une possibilité. Je vois à quel point la situation est inhumaine en ce moment et nous devons y remédier. Et que ce soit aujourd'hui, demain ou dans quelques semaines, ce n'est pas un problème. Mais il faut faire quelque chose", a déclaré la Première ministre.Elle a ajouté que la décision du Conseil national de sécurité a été discutée avec les ministres-présidents des différentes régions :"ils sont le patron de leur gouvernement". Sophie Wilmès s'attend à ce que la question soit réglée au sein de ces gouvernements. Pour elle, il s'agit d'un "problème de communication et de temps ". Elle a appelé au calme."Je pensais qu'on s'était concerté"La ministre de la Santé publique Maggie De Block (Open VLD) comprend les réactions et l'étonnement suscités par la mesure. "Je pensais que si c'était sur la table du CNS, c'est qu'on s'était concerté, et manifestement ce n'était pas le cas." Pour elle, c'était aux Régions à en discuter avec les coupoles des centres de soins.Face aux inquiétudes exprimées par le secteur, les autorités ont précisé jeudi matin que les Régions mèneront des concertations avec le secteur des maisons de repos pour ne pas précipiter leur réouverture, qui reste une possibilité et non une obligation.