Le Conseil national de sécurité - qui rassemble le gouvernement fédéral, les ministres-présidents des entités fédérées et des experts - s'est réuni ce mercredi après-midi pour décider de la suite de notre confinement. Voici les principales mesures qui ont été annoncées.

Sophie Wilmès, Première ministre, a souligné en guise de prémabule que tout le monde peut être fier des efforts accomplis: ceux-ci ont permis d'empêcher la saturation des hôpitaux. "Ce qui vous est demandé au quotidien est ardu, dit-elle. Mais nous venons peu à peu à bout de cette épidémie." Elle regrette, "encore, toujours" les nouveaux décès. Les hospitalisations diminuent, la capacité des hôpitaux est suffisante, mais le nombre de patients en soins intensifs reste important.

La situation des maisons de repos est préoccupante, reconnaît-elle. La Première ministre rappelle que la Défense a été appelée en renfort et qu'un dépistage massif de 200000 tests est en cours. "Derrière la froideur des statistiques, il y a des vies qui s'abîment, des familles qui font leur deuil dans des circonstances difficiles et le personnel soignant qui se bat", dit-elle. Avant de préciser les mesures.

Prolongation du confinement

Le confinement tel qu'il est conçu aujourd'hui sera prolongé jusqu'au 3 mai, conformément à la décision précédente du Conseil national de sécurité qui avait fixé l'horizon au 19 avril, renouvelable jusqu'à cette date du 3 mai. "Pour rendre ce confinement plus facile, les jardineries et les magasins de bricolage seront ouverts, en respectant les conditions de distanciation sociale, annonce la première ministre. Les habitants des maisons de repos ou les centres pour personnes handicapées pourront recevoir la visite d'une personne désignée au préalable", testée négative bien sûr. "Cette règle vaut aussi pour les personnes qui vivent seules et ne peuvent se déplacer, ajoute Sophie Wilmès. Ce n'est pas un assouplissement! Les mesures restent de mise et doivent absolument être respectées. Nous ne sommes pas arrivés au stade du déconfinement." La police, ajoute-t-elle, continuera à verbaliser ceux qui ne respectent pas ces mesures.

La décision française de prolonger jusqu'au 11 mai avait un temps laissé croire que le gouvernement pourrait infléchir la décision belge en ce sens, mais ce ne sera pas le cas.La stratégie à long terme pour amorcer le déconfinement, comme l'a fait le président Emmanuel Macron chez nos voisins lundi soir, est reportée à la semaine prochaine. "Le déconfinement est un exercice très difficile, davantage encore que l'organisation d'un lockdown", justifie Sophie Wilmès.

Le déconfinement au menu de la semaine prochaine

"Personne ne peut encore dire quand nous pourrons reprendre le cours normal de nos vies, poursuit la Première ministre. Le chemin sera encore parsemé d'embuches. Mais ne nous décourageons pas, les perspectives s'offrent à nous." Un Conseil national de sécurité sera organisé la semaine prochaine pour préparer le déconfinement. "Avec un seul mot d'ordre: le ralentissement de la propagation du virus." La stratégie reposera sur plusieurs piliers: la distanciation sociale, le testing et le développement de nouvelles règles dans le monde du travail."

Le port du masque en tissu sera aussi conseillé dans toutes les situations où la distanciation sociale n'est pas possible. "Mais il ne replacera pas les mesures d'hygiène et de distanciation sociale", insiste la Première ministre.

Le rapport du groupe déconfinement sera étudié pour la réouverture des écoles, des commerces ou de l'Horeca. Les grands rassemblements, par contre, sont interdits jusqu'à la fin du mois d'août. Dans le monde du travail, le télétravail restera d'actualité."

La stratégie restera nationale,insiste Sophie Wilmès, visiblement énervée par le fait que l'on cite en permanence la France comme comparaison première. Le déconfinement se fera par étapes. "Je rappelle qu'il n'y a ni vaccin, ni traitement miracle." La Première ministre conclut avec une pensée pour ceux qui sont seuls.

Réouverture des écoles: pas tout de suite

La question se posait de savoir si le déconfinement progressif débuterait comme en France par les établissements scolaires. Elio Di Rupo (PS), ministre-président wallon, avait lui-même évoqué la perspective d'une réouverture "quelque part en mai". Le sujet est sensible, notamment en raison de l'inquiétude du corps enseignant et des parents de relancer la machine scolaire alors que le virus reste fort présent dans la population - et alors que le matériel de protection reste en pénurie. A l'entrée du Conseil national de sécurité, le même Elio Di Rupo a précisé qu'une décision ne serait pas annoncée ce mercredi pour les écoles: "Rien ne peut être décidé pour le moment. Il faut d'abord écouter les recommandations des experts, et ensuite ce que disent les parents, les enseignants, les organisations syndicales avant de prendre une quelconque décision".

Lors de sa conférence de presse, Sophie Wilmès a confirmé que le dialogue devrait avoir lieu et que la décision ne serait peut-être pas aussi simple qu'une réouverture généralisée. Le ministre flamand Ben Weyts (N-VA) souhaite pour sa part qu'une date de réouverture soit annoncée la semaine prochaine et laisse entendre que les politiques doivent reprendre la main sur les experts.

Réouverture de magasins

Un léger relâchement du confinement a donc été décidé par le Conseil national de sécurité pour quelques catégories de magasins. Il est notamment question des jardineries et des magasins de bricolage : il s'agit à la fois d'éviter de trop grosses difficultés économiques et de faciliter quelque peu les conditions du confinement pour ceux qui veulent travailler chez eux. Cette réouverture pourrait avoir lieu à partir de ce week-end.

Port du masque conseillé

Après l'Académie royale de médecine ce week-end, levif.be annonçait ce mercredi matin que les experts du "risk management group' ont à leur tour préconisé le port du masque dans le rapport remis aux autorités. Fut-il conçu de manière artisanale, il sera bienvenu pour accompagner le déconfinement progressif. La RTBF précisait ensuite qu'un document commun signé par Sciensano, le Conseil supérieur de la santé, l'Afmps, l'Aviq, Iriscare et les organisations germanophones et flamandes de la santé recommandait lui aussi le port du masque en tissu - sans le rendre obligatoire. A l'issue du Conseil national de sécurité, la Première ministre a annoncé aussi qu'elle recommandait le port du masque, mais sans le rendre obligatoire et en rappelant qu'il ne se substitue pas aux mesures d'hygiène et à la distanciation sociale..

Festivals de l'été annulés, matchs de foot sans public à l'étude

Des consignes claires ont donc été annoncées pour les festivals musicaux de l'été, un rendez-vous devenu incontournable en nos contrées. Jusqu'au 31 août, tous les grands rassemblements sont interdits. Le ministre de l'Intérieur, Pieter De Crem (CD&V), avait déjà annoncé depuis quelques semaines qu'ils seront annulés. En France, l'interdiction de tels rassemblements a à tout le moins été décidée jusqu'à la mi-juillet.

Quant aux matchs de football? Des demandes ont été faites pour des matchs sans public, dit la Première ministre, mais elles sont à l'étude.

Le Conseil national de sécurité - qui rassemble le gouvernement fédéral, les ministres-présidents des entités fédérées et des experts - s'est réuni ce mercredi après-midi pour décider de la suite de notre confinement. Voici les principales mesures qui ont été annoncées. Sophie Wilmès, Première ministre, a souligné en guise de prémabule que tout le monde peut être fier des efforts accomplis: ceux-ci ont permis d'empêcher la saturation des hôpitaux. "Ce qui vous est demandé au quotidien est ardu, dit-elle. Mais nous venons peu à peu à bout de cette épidémie." Elle regrette, "encore, toujours" les nouveaux décès. Les hospitalisations diminuent, la capacité des hôpitaux est suffisante, mais le nombre de patients en soins intensifs reste important.La situation des maisons de repos est préoccupante, reconnaît-elle. La Première ministre rappelle que la Défense a été appelée en renfort et qu'un dépistage massif de 200000 tests est en cours. "Derrière la froideur des statistiques, il y a des vies qui s'abîment, des familles qui font leur deuil dans des circonstances difficiles et le personnel soignant qui se bat", dit-elle. Avant de préciser les mesures.Le confinement tel qu'il est conçu aujourd'hui sera prolongé jusqu'au 3 mai, conformément à la décision précédente du Conseil national de sécurité qui avait fixé l'horizon au 19 avril, renouvelable jusqu'à cette date du 3 mai. "Pour rendre ce confinement plus facile, les jardineries et les magasins de bricolage seront ouverts, en respectant les conditions de distanciation sociale, annonce la première ministre. Les habitants des maisons de repos ou les centres pour personnes handicapées pourront recevoir la visite d'une personne désignée au préalable", testée négative bien sûr. "Cette règle vaut aussi pour les personnes qui vivent seules et ne peuvent se déplacer, ajoute Sophie Wilmès. Ce n'est pas un assouplissement! Les mesures restent de mise et doivent absolument être respectées. Nous ne sommes pas arrivés au stade du déconfinement." La police, ajoute-t-elle, continuera à verbaliser ceux qui ne respectent pas ces mesures.La décision française de prolonger jusqu'au 11 mai avait un temps laissé croire que le gouvernement pourrait infléchir la décision belge en ce sens, mais ce ne sera pas le cas.La stratégie à long terme pour amorcer le déconfinement, comme l'a fait le président Emmanuel Macron chez nos voisins lundi soir, est reportée à la semaine prochaine. "Le déconfinement est un exercice très difficile, davantage encore que l'organisation d'un lockdown", justifie Sophie Wilmès."Personne ne peut encore dire quand nous pourrons reprendre le cours normal de nos vies, poursuit la Première ministre. Le chemin sera encore parsemé d'embuches. Mais ne nous décourageons pas, les perspectives s'offrent à nous." Un Conseil national de sécurité sera organisé la semaine prochaine pour préparer le déconfinement. "Avec un seul mot d'ordre: le ralentissement de la propagation du virus." La stratégie reposera sur plusieurs piliers: la distanciation sociale, le testing et le développement de nouvelles règles dans le monde du travail." Le port du masque en tissu sera aussi conseillé dans toutes les situations où la distanciation sociale n'est pas possible. "Mais il ne replacera pas les mesures d'hygiène et de distanciation sociale", insiste la Première ministre.Le rapport du groupe déconfinement sera étudié pour la réouverture des écoles, des commerces ou de l'Horeca. Les grands rassemblements, par contre, sont interdits jusqu'à la fin du mois d'août. Dans le monde du travail, le télétravail restera d'actualité."La stratégie restera nationale,insiste Sophie Wilmès, visiblement énervée par le fait que l'on cite en permanence la France comme comparaison première. Le déconfinement se fera par étapes. "Je rappelle qu'il n'y a ni vaccin, ni traitement miracle." La Première ministre conclut avec une pensée pour ceux qui sont seuls.La question se posait de savoir si le déconfinement progressif débuterait comme en France par les établissements scolaires. Elio Di Rupo (PS), ministre-président wallon, avait lui-même évoqué la perspective d'une réouverture "quelque part en mai". Le sujet est sensible, notamment en raison de l'inquiétude du corps enseignant et des parents de relancer la machine scolaire alors que le virus reste fort présent dans la population - et alors que le matériel de protection reste en pénurie. A l'entrée du Conseil national de sécurité, le même Elio Di Rupo a précisé qu'une décision ne serait pas annoncée ce mercredi pour les écoles: "Rien ne peut être décidé pour le moment. Il faut d'abord écouter les recommandations des experts, et ensuite ce que disent les parents, les enseignants, les organisations syndicales avant de prendre une quelconque décision".Lors de sa conférence de presse, Sophie Wilmès a confirmé que le dialogue devrait avoir lieu et que la décision ne serait peut-être pas aussi simple qu'une réouverture généralisée. Le ministre flamand Ben Weyts (N-VA) souhaite pour sa part qu'une date de réouverture soit annoncée la semaine prochaine et laisse entendre que les politiques doivent reprendre la main sur les experts.Un léger relâchement du confinement a donc été décidé par le Conseil national de sécurité pour quelques catégories de magasins. Il est notamment question des jardineries et des magasins de bricolage : il s'agit à la fois d'éviter de trop grosses difficultés économiques et de faciliter quelque peu les conditions du confinement pour ceux qui veulent travailler chez eux. Cette réouverture pourrait avoir lieu à partir de ce week-end.Après l'Académie royale de médecine ce week-end, levif.be annonçait ce mercredi matin que les experts du "risk management group' ont à leur tour préconisé le port du masque dans le rapport remis aux autorités. Fut-il conçu de manière artisanale, il sera bienvenu pour accompagner le déconfinement progressif. La RTBF précisait ensuite qu'un document commun signé par Sciensano, le Conseil supérieur de la santé, l'Afmps, l'Aviq, Iriscare et les organisations germanophones et flamandes de la santé recommandait lui aussi le port du masque en tissu - sans le rendre obligatoire. A l'issue du Conseil national de sécurité, la Première ministre a annoncé aussi qu'elle recommandait le port du masque, mais sans le rendre obligatoire et en rappelant qu'il ne se substitue pas aux mesures d'hygiène et à la distanciation sociale..Des consignes claires ont donc été annoncées pour les festivals musicaux de l'été, un rendez-vous devenu incontournable en nos contrées. Jusqu'au 31 août, tous les grands rassemblements sont interdits. Le ministre de l'Intérieur, Pieter De Crem (CD&V), avait déjà annoncé depuis quelques semaines qu'ils seront annulés. En France, l'interdiction de tels rassemblements a à tout le moins été décidée jusqu'à la mi-juillet. Quant aux matchs de football? Des demandes ont été faites pour des matchs sans public, dit la Première ministre, mais elles sont à l'étude.