"On peut envisager de gouverner avec la N-VA", a déclaré Magnette hier sur LN24. "On a par essence le sens des responsabilités. On n'est pas là juste pour protester, ce qui nous distingue d'autres partis à gauche. On est là pour faire des propositions et une fois qu'on les a faites, on se bat. On a peut-être les mains sales, mais au moins on a des mains, au moins on se bat pour changer la vie des gens. Par essence, on ne va jamais faire le choix de l'opposition", a-t-il fait remarquer. De quoi sous-entendre que le PS n'a pas choisi de ne pas participer, pour le moment, aux discussions en vue de mettre sur pied une coalition "Arizona" menée par les présidents du MR, de l'Open Vld et du CD&V, au contraire du sp.a, son alter ego flamand.
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"On peut envisager de gouverner avec la N-VA", a déclaré Magnette hier sur LN24. "On a par essence le sens des responsabilités. On n'est pas là juste pour protester, ce qui nous distingue d'autres partis à gauche. On est là pour faire des propositions et une fois qu'on les a faites, on se bat. On a peut-être les mains sales, mais au moins on a des mains, au moins on se bat pour changer la vie des gens. Par essence, on ne va jamais faire le choix de l'opposition", a-t-il fait remarquer. De quoi sous-entendre que le PS n'a pas choisi de ne pas participer, pour le moment, aux discussions en vue de mettre sur pied une coalition "Arizona" menée par les présidents du MR, de l'Open Vld et du CD&V, au contraire du sp.a, son alter ego flamand.Au Standaard, on voit dans cette déclaration une "grande" ouverture, tout en précisant que Paul Magnette a fait des déclarations similaires déjà plusieurs fois au cours de l'année écoulée. Sauf que , cette fois-ci, cela pourrait bien être différent dit le quotidien. "Maintenant, dans ce contexte, avec six parties au seuil de leurs premiers véritables pourparlers de formation, une telle déclaration, hier au LN24, a beaucoup plus de poids qu'auparavant." Pour De Tijd, "c'est la première fois depuis les élections du 26 mai 2019, que les socialistes francophones disent clairement et sans équivoque qu'ils sont prêts à discuter avec la N-VA de la formation d'un gouvernement fédéral. Magnette a cependant tracé une ligne rouge : un nouveau gouvernement fédéral doit rompre avec la politique du gouvernement Michel."Un avertissement aussi repris par De Standaard, "Magnette a ajouté que la N-VA devra alors faire d'importantes concessions concernant le niveau des pensions, des salaires et des avantages. Il propose de lever toute ambiguïté en rendant telle compétence 100% régionale ou à l'inverse remonterait à l'échelon fédéral. Cela aussi est un très grand pas en avant."Le président du PS a bel et bien entrouvert la porte à une discussion sur une réforme de l'Etat. "Historiquement, il y a un seul point où, entre socialistes et nationalistes, il y a débat, c'est la réforme de l'Etat. On voit bien que l'Etat ne fonctionne plus aujourd'hui, le découpage des compétences est d'une complexité hallucinante", a-t-il souligné avant de se prononcer en faveur d'un "découpage clair."L'évocation d'une réforme de l'état a tout autant étonné De Tijd : "Plus frappant encore que son ouverture vers la N-VA est l'engagement de Magnette en faveur d'une nouvelle réforme de l'État. Le bourgmestre de Charleroi a plaidé pour une délimitation claire des compétences. Et précise que "l'ouverture de Magnette est d'autant plus surprenante que jusqu'au week-end dernier, la formation fédérale semblait bloquée." Pour rappel, le président du CD&V, Joachim Coens, son collègue de l'Open VLD, Egbert Lachaert, et le formateur du MR, Georges-Louis Bouchez, tentent en effet depuis quelques semaines de mettre en place un gouvernement avec la N-VA, le CD&V, l'Open VLD, le SP.A, le MR et le cdH. Une coalition sans le PS donc et baptisée Arizona parce que les couleurs des partis impliqués se reflètent dans le drapeau de cet État américain. Cette coalition Arizona semblait devoir s'écraser sur le dossier de l'avortement, mais en postposant le vote à la chambre, le trio a, semble-t-il, gagné du temps et du même coup accentué la pression sur les autres partis. "Du coup au PS, ils ont commencé à craindre que la pression exercée sur le président de le SPA, Conner Rousseau, ne devienne si forte qu'elle l'incite à entamer des pourparlers sur l'Arizona", dit encore De Tijd. De quoi pousser le PS à trancher." A la VRT aussi on évoque la peur de l'opposition. Si Magnette tend la main vers la N-VA, c'est à cause de "la crainte qu'il y ait un gouvernement sans le PS, mais avec le SP.A", explique Johny Vansevenant, journaliste à la VRT. "Les socialistes francophones craignent d'être dans l'opposition alors que se déroule la plus grande crise depuis la Seconde Guerre mondiale". "La Première ministre libérale Sophie Wilmès devient populaire en Wallonie avec des mesures "corona-sociale", selon les sondages. Des mesures que le PS peut difficilement critiquer depuis l'opposition". Pour le Standaard la crainte de l'opposition a joué. "Dans les années à venir, aucun parti ne fera de coupes dans les soins de santé, que du contraire. Le PS a donc tout intérêt à être aux manettes, car si les soins de santé et la sécurité sociale sont bien servis lorsqu'ils sont dans l'opposition, pourquoi irait-on encore voter pour les socialistes francophones en 2024 ?" Toujours selon la VRT, une interview de la semaine dernière avec Hannelore Goeman, chef de groupe SP.A au Parlement flamand, a peut-être joué un rôle déterminant. Sur la chaîne francophone BEL RTL, elle a déclaré sans ambages que son parti n'est pas marié au PS. "Si nous obtenons les mesures sociales demandées, nous pouvons gouverner sans le PS"."La menace avec la soi-disant coalition de l'Arizona (les libéraux, les démocrates-chrétiens, la N-VA et le SP.A) sans le PS était le pied-de-biche pour dégager l'obstacle", dit encore journaliste politique Vansevenant. "Il nous est revenu que le président du SP.A. Conner Rousseau n'a cessé de pousser Paul Magnette à rejoindre le gouvernement." Toujours selon le Standaard, les chances que le président du PS reçoive une invitation de la part du trio Georges-Louis Bouchez (MR), Egbert Lachaert (Open VLD) et Joachim Coens (CD&V) à rejoindre la table des négociations dans l'immédiat sont pratiquement nulles. "Au mieux les sherpas des six parties pourraient éventuellement discuter d'une note de base dès vendredi. Ce n'est qu'après que le PS pourra éventuellement les rejoindre." Reste aussi à voir comment le PS bruxellois va réagir dit encore le quotidien. Pour la VRT également beaucoup de choses vont dépendre du PS bruxellois. "Magnette s'est déjà fait siffler à plusieurs reprises et a dû faire marche arrière. N'a-t-il, cette fois encore, pas été trop impulsif ?" Le journaliste n'est pas prêt à miser sur la négative et reste sceptique. "Voir vaut mieux que croire", conclut-il. Celle-ci n'a, à l'heure d'écrire lignes, pas encore réagit officiellement, mais à la VRT on sous-entend qu'il semble que La N-VA veuille aussi du PS. "Il y a une rumeur très persistante qui circule et qui nous est confirmée par diverses sources, que le président de la N-VA Bart De Wever a déjà rencontré, ce week-end, Magnette et le président du SP.A Rousseau", toujours selon Vansevenant. Avec en ligne de mire le communautaire. "Sans le PS, il n'arrivera pas grand-chose dans ce domaine", sait Vansevenant. "C'est avec le plus grand parti francophone que la N-VA veut travailler sur la division du pays. Et cela doit avoir lieu maintenant, alors que la N-VA est encore plus grande que le Vlaams Belang". Le Standaard est du même avis et précise que le PS a malgré tout un atout important entre ses mains. "Son poids. Il est certain que du côté francophone, cela pourrait donner beaucoup plus de légitimité au gouvernement." Reste encore le fameux Triangle des Bermudes dit De Tijd. "Les deux parties ont déjà essayé en coulisses de former un gouvernement à plusieurs reprises. A chaque fois, ils se sont écrasés dans le Triangle des Bermudes entre le PS, le MR et le N-VA. Le PS et la N-VA peuvent se retrouver au niveau institutionnel, mais le MR oppose son veto à la réforme de l'État. La N-VA et le MR peuvent parvenir à un accord sur le plan socio-économique, mais un tel projet est trop juste pour le PS. Surmonter ce blocage reste le grand défi, même après l'ouverture de Magnette."