Alors que, dans les médias, les membres du gouvernement et leurs experts s'évertuent à désigner les personnes non vaccinées comme les responsables de la reprise de l'épidémie,

Alors que pas un jour ne passe sans que l'un ou l'autre ne se sente obligé de hausser le ton avec des propos moralisateurs,

Alors que le Ministre de la santé, Franck Vandenbroucke, planche sur une loi d'obligation vaccinale pour tous les soignants, en appelant à leur sens des responsabilités et en jouant sur la corde sensible de leur vocation,

Nous, médecins et soignants observateurs de la réalité quotidienne sur le terrain, avons aujourd'hui le devoir moral de briser la loi du silence...

Argumentum ad misericordiam

Parmi les nombreux appels à la conscience professionnelle des soignants, nous relevons cette déclaration de Franck Vandenbroucke du 25 août dans la Dernière Heure. [1]"Je n'imagine pas qu'on ait encore des soignants non vaccinés qui continuent à avoir des contacts rapprochés avec des patients vulnérables dans quelques mois."

Une telle affirmation est choquante à plus d'un titre car elle sous-entend que le soignant non vacciné est par nature porteur du virus alors qu'il est par nature en bonne santé, à moins d'un avis médical contraire. Situation qui ne lui est pas propre puisqu'elle concerne également les soignants doublement vaccinés.

Que diriez-vous aujourd'hui, Monsieur le Ministre, si vous saviez que les soignants doublement vaccinés sont en effet de plus en plus nombreux à être testés positifs et à être malades de la covid 19 ?

Que diriez-vous aujourd'hui, Monsieur le Ministre, si vous appreniez que dans beaucoup hôpitaux et structures de soins, les services dans lesquels plusieurs soignants vaccinés sont positifs symptomatiques se multiplient ?

Que diriez-vous aujourd'hui, Monsieur le Ministre, si vous preniez conscience qu'à peu près partout dans les hôpitaux et maisons de retraite de notre pays, les soignants contagieux n'ont pas la possibilité de rester en quarantaine et doivent aller travailler ?

Parfois parce qu'ils ont été induits en erreur et croient, à tort, que la vaccination les empêche de transmettre le virus. Mais la plupart du temps, parce que leurs directions et chefs de service les y contraignent par manque de personnel.

En tant que Ministre de la Santé, nous ne vous laisserons pas ignorer plus longtemps ce qui se passe vraiment dans les structures de soins.

Nous ne vous laisserons pas ignorer plus longtemps que les consignes données par le service de contact-tracing aux soignants testés positifs sont que, vaccinés ou non, ils peuvent et doivent aller travailler si leur direction le leur demande.

Balayer devant sa porte est préférable à cacher la poussière sous le tapis

Inquiets de constater de plus en plus le résultat insuffisant de la vaccination sur la prévention de la transmission du virus Sars Cov 2, nous avons décidé de témoigner de ce que nous voyons :

  • Des médecins hospitaliers positifs et symptomatiques qui ne peuvent pas se permettre de s'absenter et que les collègues doivent forcer à rentrer chez eux et remplacer...
  • Des équipes infirmières qui comptent plusieurs malades vraiment incapables de travailler et d'autres mal en point mais qui sont obligés d'assurer leur service...
  • Des généralistes surchargés qui n'ont pas le choix et doivent continuer leurs consultations même positifs et symptomatiques...
  • Des aide-soignantes indispensables dans les maisons de retraite toujours en sous-effectif qui assurent leur rôle auprès de nos aînés alors qu'elles sont fièvreuses et positives mais s'habillent en cosmonaute pour ne pas faire prendre le moindre risque à leurs patients fragiles...
  • Et tant d'autres situations concrètes que des soignants nous confient, parce que les soignants sont aussi des patients et qu'ils se confient à leur médecin sur ces paradoxes qu'ils vivent au quotidien.

Alors, Monsieur le Ministre, quelle différence cela fait-il pour nos patients d'être pris en charge par un soignant vacciné ou par un soignant non vacciné ?

La vaccination obligatoire n'a aucune justification scientifique et les faits parlent d'eux-mêmes. Tout soignant actif sur le terrain confirmera nos dires et pourra relater ses propres constatations. Aucun ne pourra nier avoir assisté à ces incohérences.

La vaccination n'empêche pas la contagiosité, pas plus chez les soignants que dans la population générale. Et maintenant, tout le monde le sait !

Car les conclusions de cette récente étude du Lancet [2] sont sans appel : "La vaccination réduit le risque d'infection par le variant delta et accélère la clairance virale. Néanmoins, les personnes entièrement vaccinées avec des infections à poussées ont une charge virale maximale similaire à celle des cas non vaccinés et peuvent efficacement transmettre l'infection dans les foyers, y compris aux contacts entièrement vaccinés."

Dans le rapport du GEMS [3] du 14 novembre, vos experts écrivent : ""La vaccination offre une protection personnelle contre une maladie grave, la situation actuelle et la recherche scientifique nous montrent qu'elle est moins protectrice pour contracter une infection et devenir contagieux ou modérément malade."

Monsieur le Ministre, il est grand temps de balayer devant votre porte au lieu de vouloir cacher la poussière sous le tapis.

Nous sommes parfaitement capables de prendre les précautions nécessaires pour protéger nos patients, y compris les plus vulnérables. Parce que nous l'avons toujours fait, y compris pendant les deux poussées épidémiques durant lesquelles aucun de nous n'était vacciné, et que le coronavirus n'est pas le premier ni le seul germe pour lequel nous prenons toutes les précautions nécessaires.

Cessez de monter la population contre les soignants en faisant croire qu'ils sont irresponsables s'ils ne sont pas vaccinés, et probablement bientôt s'ils n'acceptent pas de recevoir une troisième dose dont la durée de l'effet sur la transmission n'est pas plus démontré que pour les deux premières doses.

Ce sont les mêmes soignants qui sont allés au front sans protection et qui ont pris des risques pour leur propre santé à un moment où on ne savait pas quels dangers exacts ils couraient.

Ce sont les mêmes qui s'équipaient de sacs poubelle et de masques en tissus fabriqués maison.

Ce sont les mêmes qui tremblaient de peur de ramener le virus à la maison et de contaminer leurs enfants et leurs conjoints.

Et alors que, d'un côté, vous appelez les citoyens à nous montrer leur soutien et leur solidarité, de l'autre côté, vous les transformez en consommateurs d'objets soignants qui seraient en droit d'exiger la vaccination comme si elle était le seul critère garantissant leur sécurité.

Cela suffit !

Cessez de monter les soignants contre les patients non vaccinés en entretenant l'idée qu'ils les mettent en danger !

En conservant les mêmes précautions que celles qui ont été prises dès le départ, il est tout à fait possible de suivre les malades covid sans risquer sa vie. Nous ne sommes plus en mars 2020 : nous savons à quoi nous avons affaire et ce n'est pas le virus Ebola. Nous savons aussi comment faire pour empêcher la transmission. Nous disposons des tests antigéniques rapides que les patients, vaccinés ou non, peuvent faire chez eux avant de prendre rendez-vous afin que nous puissions organiser leur prise en charge en toute sécurité pour les soignants et les autres patients.

Soignants et patients ont besoin d'une relation apaisée et pour cela, ils doivent retrouver la confiance mutuelle indispensable.

Vous transformez les soignants en juges de leurs patients en désignant des criminels potentiels et cela sans la moindre preuve de leur culpabilité puisque vaccinés ou non, tout patient symptomatique est contagieux.

Cela suffit !

Mais surtout, surtout et définitivement : cessez de monter les soignants les uns contre les autres !

Vaccinés ou non, nous avons toujours été capables de minimiser les risques de propagation du virus depuis le début de l'épidémie... Et cela sans votre aide ni aucun soutien autre que celui très théâtral de vos apparitions à la télévision. Vous semez la zizanie dans des équipes qui sont déjà au bord de l'implosion et pour lesquelles vous n'avez rien fait et ne faites toujours rien. Vous instillez la méfiance entre collègues et entre confrères et vous détruisez la solidarité et le respect mutuel qui sont les deux valeurs qui nous restent pour garder le courage de faire face à la surcharge de cet hiver.

En désignant des "bons" et des "mauvais" soignants, vous nous harcelez et vous montrez que le harcèlement est acceptable voire souhaitable. Ce qui permet à certains de se croire autorisés à persécuter leurs subordonnés ou leurs collègues.

Cela suffit !

L'ingérence du monde politique dans notre métier fait bien plus de mal que de bien à tous, soignants et patients.

Si une organisation centralisée devait certainement se mettre en place en mars 2020, il est plus que temps aujourd'hui de rendre leur liberté et leur autonomie aux professionnels que nous sommes.

Nous ne ferons ici qu'une brève allusion aux recommandations du KCE qui, déjà en 2019 [4] pointait les multiples causes des dysfonctionnements du système de santé belge et qui a également publié un rapport fin 2020 [5] sur la gestion de l'épidémie en mars-avril 2020. Parmi ces recommandations, quelles sont celles dont vous avez tenu compte ? Aucune !

Nous reprenons donc la main et préconisons des solutions concrètes pour une prise en charge sécurisée des patients :

  • La prise en compte de l'immunisation via la maladie : de nombreux soignants ont déjà été malades et en ont gardé une immunité dont il est de plus en plus prouvé qu'elle est supérieure à l'immunité vaccinale. [6][7][8] L'étude "Charming", consultable sur le site de Sciensano [9] [10] montrait que, déjà en janvier 2021, avant toute vaccination, 15 % des soignants de première ligne possédaient des anticorps contre le SARS Cov 2.
  • Une vaccination sur base volontaire pour les soignants qui seraient à risques ou qui souhaiteraient être rassurés quant à leur propre protection.
  • Des auto-tests antigéniques rapides réguliers et fréquents pour tous les soignants vaccinés et non vaccinés.
  • Et, bien entendu, les moyens de protection adéquats lors des contacts avec les patients.

Quel Ministre de la Santé voulez-vous être Monsieur Vandenbroucke ?

Celui qui, envers et contre tout, manquera de lucidité et de cohérence face aux preuves scientifiques et continuera à fustiger le personnel soignant pour des raisons erronées ?

ou

Celui qui, conscient des données réelles du terrain et de l'évolution de l'épidémie, prendra les décisions informées pour apporter son total soutien aux soignants qui sont au front ?

Liste des signataires :

Dr Véronique Defays, médecin dentiste.

Dr Florence Parent, médecin spécialiste santé publique.

Dr Alain Weve, anesthésiste-réanimateur.

Dr Benoît Skrzypek, médecin généraliste

Dr Emilie Theunissen, médecin spécialisé en médecine physique et réadaptation.

Dr Allen Marie-Louise, médecin généraliste.

Dr Laurent Gauthier, médecin généraliste et expert médical.

Dr Pascale Daubie, médecin généraliste.

Dr Pierre Boveroux, anesthésiste réanimateur.

Dr Anne-Marie Dale, médecin généraliste.

Dr Valentine Willemaers, dermatologue.

Dr Frédéric Louis, anesthésiste.

Dr Igne Parmentier, médecin généraliste.

Dr Tanguy Crépin, médecin généraliste.

Dr Bernard Mulder, médecin généraliste.

Dr Marie-France Petermans, pédiatre.

Dr Frédéric Caruso, anesthésiste-réanimateur.

Dr Véronique Baudoux, médecin généraliste.

Dr Alexandra Laschet, spécialiste médecine physique et réadaptation.

Dr Caroline Haussman, médecin généraliste.

Dr Jacky Rassart, médecin généraliste.

Dr Anne Franchimont, médecin généraliste.

Dr Benoît Nicolay, anesthésiste-réanimateur.

Dr Françoise Guiot, dermatologue.

Dr François Bernaerts, médecin généraliste.

Dr Maïté Demez, médecin généraliste.

Dr Jessica Montesanti, radiologue.

Dr Isabelle Marcoux, médecin généraliste.

Dr Sophie Anrijs, pneumologue.

Dr Caroline Letawe, dermatologue.

Dr France Tinant, spécialiste en médecine physique et réadaptation.

Dr Franca Scerbo, oncologue.

Dr Damien Guilmot, psychiatre.

Dr Catherine Thys, médecin généraliste.

Dr Isabelle Boniver, médecin généraliste.

Dr Pascal Marchetti, radiologue.

Dr Florence Lemonnier, médecin nucléariste.

Dr Sébastien Lemaire, médecin généraliste.

Colette Georges, dentiste.

Bernard Munnix, dentiste.

Myriam Bosch, dentiste.

Yvonne Crott, orthodontiste.

Stéphanie Julemont, kinésithérapeute - nutrithérapeute.

Myriam Geron, kinésithérapeute.

Nadia Schorkops, infirmière.

Maryline Demoulin, infirmière salle d'opérations.

Emmanuelle Walpot, infirmière soins intensifs.

Nathalie Hauregard infirmière pneumo/covid.

Fabienne Petit, kinésithérapeute.

Vincent Lonneux, kinésithérapeute.

Sylvie Commerman, psychothérapeute.

Brigitte Beauwens, kinésithérapeute.

Amélie Kleinermann, infirmière urgentiste.

Aïcha Mazouz, infirmière urgentiste.

Bernadette Braham, infirmière.

Sandra Sanctoario, infirmière bloc opératoire.

Stéphanie Schillewaert, infirmière sage-femme.

Gérald Spaey, psychologue.

Frédérique Donnay, kinésithérapeute.

Catherine Ernst, psychologue.

Flavia Barosco, kinésithérapeute.

Sabine Beaupain, sage-femme.

Nicolas Borgers, pompier.

Anne Seba, sage-femme.

Stéphanie Rossius, technologue de laboratoire.

Benjamine Rondeau, sage-femme.

Bernard Vandersmissen, infirmier soins intensifs.

Céline Dufranne, psychologue et psychothérapeute.

Marie-Anna Drivozafy, infirmière hospitalière et indépendante.

Révy Misra, infirmier urgentiste.

Manuel Rodriguez, technologue en imagerie médicale.

Rachel Schomus, technologue en imagerie médicale.

[1]https://www.dhnet.be/actu/belgique/vaccin-obligatoire-pourquoi-le-codeco-s-est-finalement-refrene-un-coup-de-frein-donne-par-oliver-paasch-et-jan-jambon-612677d87b50a601fe2b7a65

[2]https://www.thelancet.com/journals/laninf/article/PIIS1473-3099(21)00648-4/fulltext

[3]https://fdn01.fed.be/documents/c5b211c0e473174d32262ff4ea664406/GEMS_028_OCC%2020211119%20advies-1.pdf?fbclid=IwAR2o94AGk-UH7sUHRxaNg05B5HNFSquKvi0qbRObC9DtxBP_eJdCaMt53HU

[4]https://kce.fgov.be/sites/default/files/atoms/files/KCE_313B_Rapport_Performance_2019_Rapport%20FR.pdf

[5]https://kce.fgov.be/sites/default/files/atoms/files/KCE_335B_Capacite_hospitaliere_durant_pandemie_COVID-19_Synthese_0.pdf

[6]https://www.science.org/doi/10.1126/science.abd7728

[7]https://www.nature.com/articles/s41586-021-03647-4

[8]https://www.thelancet.com/journals/ebiom/article/PIIS2352-3964(21)00203-6/fulltext

[9]https://www.sciensano.be/fr/coin-presse/des-anticorps-contre-le-sars-cov-2-chez-les-soignants-de-premiere-ligne

[10]https://www.sciensano.be/sites/default/files/charming_t1_results_03032021_0.pdf

Alors que, dans les médias, les membres du gouvernement et leurs experts s'évertuent à désigner les personnes non vaccinées comme les responsables de la reprise de l'épidémie,Alors que pas un jour ne passe sans que l'un ou l'autre ne se sente obligé de hausser le ton avec des propos moralisateurs, Alors que le Ministre de la santé, Franck Vandenbroucke, planche sur une loi d'obligation vaccinale pour tous les soignants, en appelant à leur sens des responsabilités et en jouant sur la corde sensible de leur vocation, Nous, médecins et soignants observateurs de la réalité quotidienne sur le terrain, avons aujourd'hui le devoir moral de briser la loi du silence...Parmi les nombreux appels à la conscience professionnelle des soignants, nous relevons cette déclaration de Franck Vandenbroucke du 25 août dans la Dernière Heure. [1]"Je n'imagine pas qu'on ait encore des soignants non vaccinés qui continuent à avoir des contacts rapprochés avec des patients vulnérables dans quelques mois."Une telle affirmation est choquante à plus d'un titre car elle sous-entend que le soignant non vacciné est par nature porteur du virus alors qu'il est par nature en bonne santé, à moins d'un avis médical contraire. Situation qui ne lui est pas propre puisqu'elle concerne également les soignants doublement vaccinés. Que diriez-vous aujourd'hui, Monsieur le Ministre, si vous saviez que les soignants doublement vaccinés sont en effet de plus en plus nombreux à être testés positifs et à être malades de la covid 19 ? Que diriez-vous aujourd'hui, Monsieur le Ministre, si vous appreniez que dans beaucoup hôpitaux et structures de soins, les services dans lesquels plusieurs soignants vaccinés sont positifs symptomatiques se multiplient ?Que diriez-vous aujourd'hui, Monsieur le Ministre, si vous preniez conscience qu'à peu près partout dans les hôpitaux et maisons de retraite de notre pays, les soignants contagieux n'ont pas la possibilité de rester en quarantaine et doivent aller travailler ? Parfois parce qu'ils ont été induits en erreur et croient, à tort, que la vaccination les empêche de transmettre le virus. Mais la plupart du temps, parce que leurs directions et chefs de service les y contraignent par manque de personnel.En tant que Ministre de la Santé, nous ne vous laisserons pas ignorer plus longtemps ce qui se passe vraiment dans les structures de soins.Nous ne vous laisserons pas ignorer plus longtemps que les consignes données par le service de contact-tracing aux soignants testés positifs sont que, vaccinés ou non, ils peuvent et doivent aller travailler si leur direction le leur demande.Inquiets de constater de plus en plus le résultat insuffisant de la vaccination sur la prévention de la transmission du virus Sars Cov 2, nous avons décidé de témoigner de ce que nous voyons :Alors, Monsieur le Ministre, quelle différence cela fait-il pour nos patients d'être pris en charge par un soignant vacciné ou par un soignant non vacciné ? La vaccination obligatoire n'a aucune justification scientifique et les faits parlent d'eux-mêmes. Tout soignant actif sur le terrain confirmera nos dires et pourra relater ses propres constatations. Aucun ne pourra nier avoir assisté à ces incohérences. La vaccination n'empêche pas la contagiosité, pas plus chez les soignants que dans la population générale. Et maintenant, tout le monde le sait ! Car les conclusions de cette récente étude du Lancet [2] sont sans appel : "La vaccination réduit le risque d'infection par le variant delta et accélère la clairance virale. Néanmoins, les personnes entièrement vaccinées avec des infections à poussées ont une charge virale maximale similaire à celle des cas non vaccinés et peuvent efficacement transmettre l'infection dans les foyers, y compris aux contacts entièrement vaccinés."Dans le rapport du GEMS [3] du 14 novembre, vos experts écrivent : ""La vaccination offre une protection personnelle contre une maladie grave, la situation actuelle et la recherche scientifique nous montrent qu'elle est moins protectrice pour contracter une infection et devenir contagieux ou modérément malade." Monsieur le Ministre, il est grand temps de balayer devant votre porte au lieu de vouloir cacher la poussière sous le tapis.Nous sommes parfaitement capables de prendre les précautions nécessaires pour protéger nos patients, y compris les plus vulnérables. Parce que nous l'avons toujours fait, y compris pendant les deux poussées épidémiques durant lesquelles aucun de nous n'était vacciné, et que le coronavirus n'est pas le premier ni le seul germe pour lequel nous prenons toutes les précautions nécessaires.Cessez de monter la population contre les soignants en faisant croire qu'ils sont irresponsables s'ils ne sont pas vaccinés, et probablement bientôt s'ils n'acceptent pas de recevoir une troisième dose dont la durée de l'effet sur la transmission n'est pas plus démontré que pour les deux premières doses.Ce sont les mêmes soignants qui sont allés au front sans protection et qui ont pris des risques pour leur propre santé à un moment où on ne savait pas quels dangers exacts ils couraient.Ce sont les mêmes qui s'équipaient de sacs poubelle et de masques en tissus fabriqués maison.Ce sont les mêmes qui tremblaient de peur de ramener le virus à la maison et de contaminer leurs enfants et leurs conjoints. Et alors que, d'un côté, vous appelez les citoyens à nous montrer leur soutien et leur solidarité, de l'autre côté, vous les transformez en consommateurs d'objets soignants qui seraient en droit d'exiger la vaccination comme si elle était le seul critère garantissant leur sécurité.Cela suffit ! Cessez de monter les soignants contre les patients non vaccinés en entretenant l'idée qu'ils les mettent en danger !En conservant les mêmes précautions que celles qui ont été prises dès le départ, il est tout à fait possible de suivre les malades covid sans risquer sa vie. Nous ne sommes plus en mars 2020 : nous savons à quoi nous avons affaire et ce n'est pas le virus Ebola. Nous savons aussi comment faire pour empêcher la transmission. Nous disposons des tests antigéniques rapides que les patients, vaccinés ou non, peuvent faire chez eux avant de prendre rendez-vous afin que nous puissions organiser leur prise en charge en toute sécurité pour les soignants et les autres patients. Soignants et patients ont besoin d'une relation apaisée et pour cela, ils doivent retrouver la confiance mutuelle indispensable.Vous transformez les soignants en juges de leurs patients en désignant des criminels potentiels et cela sans la moindre preuve de leur culpabilité puisque vaccinés ou non, tout patient symptomatique est contagieux. Cela suffit ! Mais surtout, surtout et définitivement : cessez de monter les soignants les uns contre les autres !Vaccinés ou non, nous avons toujours été capables de minimiser les risques de propagation du virus depuis le début de l'épidémie... Et cela sans votre aide ni aucun soutien autre que celui très théâtral de vos apparitions à la télévision. Vous semez la zizanie dans des équipes qui sont déjà au bord de l'implosion et pour lesquelles vous n'avez rien fait et ne faites toujours rien. Vous instillez la méfiance entre collègues et entre confrères et vous détruisez la solidarité et le respect mutuel qui sont les deux valeurs qui nous restent pour garder le courage de faire face à la surcharge de cet hiver. En désignant des "bons" et des "mauvais" soignants, vous nous harcelez et vous montrez que le harcèlement est acceptable voire souhaitable. Ce qui permet à certains de se croire autorisés à persécuter leurs subordonnés ou leurs collègues. Cela suffit !L'ingérence du monde politique dans notre métier fait bien plus de mal que de bien à tous, soignants et patients. Si une organisation centralisée devait certainement se mettre en place en mars 2020, il est plus que temps aujourd'hui de rendre leur liberté et leur autonomie aux professionnels que nous sommes. Nous ne ferons ici qu'une brève allusion aux recommandations du KCE qui, déjà en 2019 [4] pointait les multiples causes des dysfonctionnements du système de santé belge et qui a également publié un rapport fin 2020 [5] sur la gestion de l'épidémie en mars-avril 2020. Parmi ces recommandations, quelles sont celles dont vous avez tenu compte ? Aucune !Nous reprenons donc la main et préconisons des solutions concrètes pour une prise en charge sécurisée des patients : Quel Ministre de la Santé voulez-vous être Monsieur Vandenbroucke ?Celui qui, envers et contre tout, manquera de lucidité et de cohérence face aux preuves scientifiques et continuera à fustiger le personnel soignant pour des raisons erronées ? ouCelui qui, conscient des données réelles du terrain et de l'évolution de l'épidémie, prendra les décisions informées pour apporter son total soutien aux soignants qui sont au front ? Liste des signataires : Dr Véronique Defays, médecin dentiste. Dr Florence Parent, médecin spécialiste santé publique.Dr Alain Weve, anesthésiste-réanimateur.Dr Benoît Skrzypek, médecin généralisteDr Emilie Theunissen, médecin spécialisé en médecine physique et réadaptation. Dr Allen Marie-Louise, médecin généraliste.Dr Laurent Gauthier, médecin généraliste et expert médical.Dr Pascale Daubie, médecin généraliste.Dr Pierre Boveroux, anesthésiste réanimateur. Dr Anne-Marie Dale, médecin généraliste.Dr Valentine Willemaers, dermatologue. Dr Frédéric Louis, anesthésiste.Dr Igne Parmentier, médecin généraliste.Dr Tanguy Crépin, médecin généraliste.Dr Bernard Mulder, médecin généraliste.Dr Marie-France Petermans, pédiatre.Dr Frédéric Caruso, anesthésiste-réanimateur.Dr Véronique Baudoux, médecin généraliste. Dr Alexandra Laschet, spécialiste médecine physique et réadaptation. Dr Caroline Haussman, médecin généraliste.Dr Jacky Rassart, médecin généraliste.Dr Anne Franchimont, médecin généraliste.Dr Benoît Nicolay, anesthésiste-réanimateur.Dr Françoise Guiot, dermatologue.Dr François Bernaerts, médecin généraliste.Dr Maïté Demez, médecin généraliste.Dr Jessica Montesanti, radiologue.Dr Isabelle Marcoux, médecin généraliste.Dr Sophie Anrijs, pneumologue.Dr Caroline Letawe, dermatologue.Dr France Tinant, spécialiste en médecine physique et réadaptation. Dr Franca Scerbo, oncologue.Dr Damien Guilmot, psychiatre.Dr Catherine Thys, médecin généraliste.Dr Isabelle Boniver, médecin généraliste.Dr Pascal Marchetti, radiologue.Dr Florence Lemonnier, médecin nucléariste.Dr Sébastien Lemaire, médecin généraliste. Colette Georges, dentiste.Bernard Munnix, dentiste.Myriam Bosch, dentiste.Yvonne Crott, orthodontiste.Stéphanie Julemont, kinésithérapeute - nutrithérapeute.Myriam Geron, kinésithérapeute.Nadia Schorkops, infirmière.Maryline Demoulin, infirmière salle d'opérations.Emmanuelle Walpot, infirmière soins intensifs.Nathalie Hauregard infirmière pneumo/covid.Fabienne Petit, kinésithérapeute.Vincent Lonneux, kinésithérapeute.Sylvie Commerman, psychothérapeute.Brigitte Beauwens, kinésithérapeute.Amélie Kleinermann, infirmière urgentiste.Aïcha Mazouz, infirmière urgentiste.Bernadette Braham, infirmière.Sandra Sanctoario, infirmière bloc opératoire.Stéphanie Schillewaert, infirmière sage-femme.Gérald Spaey, psychologue.Frédérique Donnay, kinésithérapeute.Catherine Ernst, psychologue.Flavia Barosco, kinésithérapeute.Sabine Beaupain, sage-femme. Nicolas Borgers, pompier.Anne Seba, sage-femme.Stéphanie Rossius, technologue de laboratoire.Benjamine Rondeau, sage-femme.Bernard Vandersmissen, infirmier soins intensifs.Céline Dufranne, psychologue et psychothérapeute.Marie-Anna Drivozafy, infirmière hospitalière et indépendante.Révy Misra, infirmier urgentiste. Manuel Rodriguez, technologue en imagerie médicale. Rachel Schomus, technologue en imagerie médicale.[1]https://www.dhnet.be/actu/belgique/vaccin-obligatoire-pourquoi-le-codeco-s-est-finalement-refrene-un-coup-de-frein-donne-par-oliver-paasch-et-jan-jambon-612677d87b50a601fe2b7a65[2]https://www.thelancet.com/journals/laninf/article/PIIS1473-3099(21)00648-4/fulltext[3]https://fdn01.fed.be/documents/c5b211c0e473174d32262ff4ea664406/GEMS_028_OCC%2020211119%20advies-1.pdf?fbclid=IwAR2o94AGk-UH7sUHRxaNg05B5HNFSquKvi0qbRObC9DtxBP_eJdCaMt53HU[4]https://kce.fgov.be/sites/default/files/atoms/files/KCE_313B_Rapport_Performance_2019_Rapport%20FR.pdf[5]https://kce.fgov.be/sites/default/files/atoms/files/KCE_335B_Capacite_hospitaliere_durant_pandemie_COVID-19_Synthese_0.pdf[6]https://www.science.org/doi/10.1126/science.abd7728[7]https://www.nature.com/articles/s41586-021-03647-4[8]https://www.thelancet.com/journals/ebiom/article/PIIS2352-3964(21)00203-6/fulltext[9]https://www.sciensano.be/fr/coin-presse/des-anticorps-contre-le-sars-cov-2-chez-les-soignants-de-premiere-ligne[10]https://www.sciensano.be/sites/default/files/charming_t1_results_03032021_0.pdf