Doucement mais sûrement, la question (très) sensible de rendre ou non la vaccination obligatoire pour tous les citoyens arrive sur la table des politiques. Dans un contexte de flambée épidémiologique, le durcissement de mesures sanitaires est plaidé de toutes parts. Tant par le GEMS que par certains ministres de la Santé.

Au fédéral, Frank Vandenbroucke veut interdire l'accès à la vie nocturne aux personnes non vaccinées et instaurer un test supplémentaire pour les vaccinés. Il se dit également en faveur du port du masque obligatoire pour les enfants à partir de 9 ans.

Après avoir démarché pour la vaccination obligatoire du personnel soignant, Vandenbroucke va plus loin. Il plaide désormais pour obliger toute la population à se faire vacciner contre le Covid. Sur la chaîne flamande VTM, le ministre a clairement affiché ses intentions. Il faut que le débat sur la vaccination obligatoire "commence", a-t-il affirmé, ajoutant qu'il n'y avait "pas de temps à perdre." Légiférer sur la question risque de prendre (beaucoup) de temps.

Vandenbroucke est rejoint par la ministre wallonne de la Santé publique Christie Morreale (PS), qui a elle aussi exprimé son soutien à la vaccination obligatoire pour tous. "Si nous arrivons à un point où les soins doivent à nouveau être reportés, nous devrions pouvoir débattre de la vaccination obligatoire au parlement", a-t-elle déclaré dans C'est pas tous les jours dimanche sur RTL-TVI.

Le ministre flamand de la Santé, Wouter Beke, veut également ouvrir le débat. Le ministre CD&V avait déjà indiqué que cette idée n'était pas un "tabou" à ses yeux. Il va aujourd'hui un cran plus loin. "Je reçois des signaux inquiétants de nos hôpitaux. La résistance de notre personnel est forte, mais elle n'est pas illimitée", a-t-il ajouté. Si cette obligation n'offre pas de solution à court terme pour la population en général, il en va autrement du personnel soignant, selon M. Beke qui souhaite une entrée en vigueur rapide du projet de loi annoncé par le ministre fédéral Frank Vandenbroucke.

La ministre fédérale Petra De Sutter (Groen) a également estimé, ce lundi matin, qu'il était temps de débattre d'une éventuelle vaccination obligatoire contre le Covid-19, afin d'éviter une société à deux vitesses avec certaines activités réservées aux vaccinés. La ministre écologiste réagissait ainsi au micro de la VRT (Radio 1) aux contaminations en hausse, écartant pour la Belgique l'idée du modèle "autrichien". L'Autriche a annoncé ce week-end un "confinement des non-vaccinés", ce que Petra De Sutter n'imagine pas chez nous. "Cela crée une scission de la société. On ne peut pas faire ça", a-t-elle souligné.

Des mesures additionnelles devront sans doute être prises par les autorités, mais elles doivent rester "proportionnelles et non-discriminatoires", dit-elle. Mieux faire respecter les mesures existantes est aussi une piste, ainsi que le télétravail obligatoire, estime la ministre.

"Les antivax diront qu'ils ont toujours prédit qu'on en arriverait là"

Le virologue Marc Van Ranst comprend le plaidoyer des trois ministres, sans pour autant se positionner clairement en faveur de l'obligation vaccinale. "Je pense que Frank Vandenbroucke a l'exemple du Portugal en tête", explique-t-il au Standaard. "Le taux de vaccination y est très élevé et le Covid semble être sous contrôle. C'est inspirant. De plus, dans de nombreux endroits en Europe, il y a un sentiment d'impatience envers les personnes qui ne veulent pas se faire vacciner. En tant que pragmatique, je pense que la vaccination obligatoire peut fonctionner. Mais en tant que démocrate, je comprends aussi la résistance."

Van Ranst craint également qu'une obligation nourrisse un mouvement antivax plus conséquent. "Ils diront qu'ils ont toujours prédit qu'on en arriverait là. Ce serait un cadeau pour eux." Par ailleurs, le virologue flamand a fustigé la fuite du rapport du GEMS dans la presse. Selon lui, il s'agit d'une démarche politique néfaste. "C'est un énorme abus de confiance. Certains politiciens orchestrent délibérément ces fuites pour contraindre les experts à se justifier (...) Ce qui leur facilite grandement la tâche", dénonce-t-il dans Het Laatste Nieuws.

Le Comité de concertation, qui devait se pencher sur la situation sanitaire vendredi, a été avancé à mercredi. Le seuil symbolique des 500 patients Covid en réanimation a été franchi, ils sont désormais 516 en Belgique.

Doucement mais sûrement, la question (très) sensible de rendre ou non la vaccination obligatoire pour tous les citoyens arrive sur la table des politiques. Dans un contexte de flambée épidémiologique, le durcissement de mesures sanitaires est plaidé de toutes parts. Tant par le GEMS que par certains ministres de la Santé. Au fédéral, Frank Vandenbroucke veut interdire l'accès à la vie nocturne aux personnes non vaccinées et instaurer un test supplémentaire pour les vaccinés. Il se dit également en faveur du port du masque obligatoire pour les enfants à partir de 9 ans. Après avoir démarché pour la vaccination obligatoire du personnel soignant, Vandenbroucke va plus loin. Il plaide désormais pour obliger toute la population à se faire vacciner contre le Covid. Sur la chaîne flamande VTM, le ministre a clairement affiché ses intentions. Il faut que le débat sur la vaccination obligatoire "commence", a-t-il affirmé, ajoutant qu'il n'y avait "pas de temps à perdre." Légiférer sur la question risque de prendre (beaucoup) de temps.Vandenbroucke est rejoint par la ministre wallonne de la Santé publique Christie Morreale (PS), qui a elle aussi exprimé son soutien à la vaccination obligatoire pour tous. "Si nous arrivons à un point où les soins doivent à nouveau être reportés, nous devrions pouvoir débattre de la vaccination obligatoire au parlement", a-t-elle déclaré dans C'est pas tous les jours dimanche sur RTL-TVI. Le ministre flamand de la Santé, Wouter Beke, veut également ouvrir le débat. Le ministre CD&V avait déjà indiqué que cette idée n'était pas un "tabou" à ses yeux. Il va aujourd'hui un cran plus loin. "Je reçois des signaux inquiétants de nos hôpitaux. La résistance de notre personnel est forte, mais elle n'est pas illimitée", a-t-il ajouté. Si cette obligation n'offre pas de solution à court terme pour la population en général, il en va autrement du personnel soignant, selon M. Beke qui souhaite une entrée en vigueur rapide du projet de loi annoncé par le ministre fédéral Frank Vandenbroucke. La ministre fédérale Petra De Sutter (Groen) a également estimé, ce lundi matin, qu'il était temps de débattre d'une éventuelle vaccination obligatoire contre le Covid-19, afin d'éviter une société à deux vitesses avec certaines activités réservées aux vaccinés. La ministre écologiste réagissait ainsi au micro de la VRT (Radio 1) aux contaminations en hausse, écartant pour la Belgique l'idée du modèle "autrichien". L'Autriche a annoncé ce week-end un "confinement des non-vaccinés", ce que Petra De Sutter n'imagine pas chez nous. "Cela crée une scission de la société. On ne peut pas faire ça", a-t-elle souligné.Des mesures additionnelles devront sans doute être prises par les autorités, mais elles doivent rester "proportionnelles et non-discriminatoires", dit-elle. Mieux faire respecter les mesures existantes est aussi une piste, ainsi que le télétravail obligatoire, estime la ministre.Le virologue Marc Van Ranst comprend le plaidoyer des trois ministres, sans pour autant se positionner clairement en faveur de l'obligation vaccinale. "Je pense que Frank Vandenbroucke a l'exemple du Portugal en tête", explique-t-il au Standaard. "Le taux de vaccination y est très élevé et le Covid semble être sous contrôle. C'est inspirant. De plus, dans de nombreux endroits en Europe, il y a un sentiment d'impatience envers les personnes qui ne veulent pas se faire vacciner. En tant que pragmatique, je pense que la vaccination obligatoire peut fonctionner. Mais en tant que démocrate, je comprends aussi la résistance."Van Ranst craint également qu'une obligation nourrisse un mouvement antivax plus conséquent. "Ils diront qu'ils ont toujours prédit qu'on en arriverait là. Ce serait un cadeau pour eux." Par ailleurs, le virologue flamand a fustigé la fuite du rapport du GEMS dans la presse. Selon lui, il s'agit d'une démarche politique néfaste. "C'est un énorme abus de confiance. Certains politiciens orchestrent délibérément ces fuites pour contraindre les experts à se justifier (...) Ce qui leur facilite grandement la tâche", dénonce-t-il dans Het Laatste Nieuws. Le Comité de concertation, qui devait se pencher sur la situation sanitaire vendredi, a été avancé à mercredi. Le seuil symbolique des 500 patients Covid en réanimation a été franchi, ils sont désormais 516 en Belgique.