Ludivine Dedonder (PS), ministre de la Défense, est plus que jamais dans la tourmente, après les révélations des derniers jours et une commission parlementaire agitée. Mercredi, elle a notamment affirmé qu'elle n'était "pas au courant" du rehaussement de la menace de Jürgen Conings par l'Ocam, le 17 février. Chaque jour qui passe révèle des "dysfonctionnements" au sein de l'armée et des services de renseignement, s'étonnent toutefois les parlementaires.
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Ludivine Dedonder (PS), ministre de la Défense, est plus que jamais dans la tourmente, après les révélations des derniers jours et une commission parlementaire agitée. Mercredi, elle a notamment affirmé qu'elle n'était "pas au courant" du rehaussement de la menace de Jürgen Conings par l'Ocam, le 17 février. Chaque jour qui passe révèle des "dysfonctionnements" au sein de l'armée et des services de renseignement, s'étonnent toutefois les parlementaires.La N-VA, fustigée par la ministre pour sa responsabilité en tant que "semeur de haine", ne laisse plus rien passer à Ludivinde Dedonder. L'opposition s'oppose. Mais au sein de la majorité, certains MR parlent désormais de "responsabilités politiques". Plus que jamais, la place de la ministre tient à un fil, celui des enquêtes en cours au sein de l'armée et sur les renseignements militaires."Nous sommes de la majorité, il ne s'agit pas d'une question de personne, soulignait ce jeudi matin Denis Ducarme, député fédéral MR, sur la Première. Jürgen conings était classé au niveau 3 de la menace, le 1er février on savait qu'il projetait un attentat contre une mosquée, mais il est resté instructeur dans l'armée. C'est quand même un très très gros problème. Aujourd'hui, il court toujours dans la nature. En effet, il y a des responsabilité dans les renseignements militaires qui dysfonctionnent toujours."Le MR demande-t-il la démission de Ludivine Dedonder? Le député contourne et ne le dit pas frontalement, mais d'un manière détournée: "La responsabilité politique, elle doit toujours exister. Un ministre, c'est le responsable de son administration." Ou encore: "Chacun doit assumer ses responsabilités."Dans la presse du week-end, il affirmait déjà qu'à "une autre époque", celle des Verhofstadt ou Dehaene, elle aurait dû démissionner. Dans son parti, d'autres soulignent que "dans un autre pays, la question de sa démission se serait posée". "Cela n'engage que moi", dit Denis Ducarme. Qui ajoute: "On ne parle pas d'un problème d'égouttage ou de placement d'un local à vélo, on parle ici d'une menace terroriste."L'ancien ministre persiste: "Il faut reconnaître ses erreurs, la ministre a commencé à le faire en commission. On attend les résultats des enquêtes."Sur le fond, Denis Ducarme regrette, à l'instar d'autres députés comme Patrick Dewael (Open VLD) ou Georges Dallemagne (CDH) que la commission d'enquêe consécutive aux attentats de Bruxelles n'ait pas servi à éviter de répéter les erreurs du passé. "On n'a pas retenu les leçons, souligne-t-il. On va devoir revoir la façon dont fonctionnent les services de renseignement. Vous avez pendant des mois des informations qui ne passent pas d'un service à l'autre. Cela ne peut pas continuer comme ça."Christine Defraigne (MR), ancienne présidente du Sénat parlait mercredi de '"l'affaire Dutroux de la Défense" ".Il ne faut pas exclure une nouvelle commission spéciale ou d'enquête, dit le député. C'est le rapport du Comité R qui va nous le dire. Ce qui est dramatique, c'est qu'on ne tire pas les leçons d'un événement dramatique et meurtrier (les attentats de Bruxelles de 2016 - Ndlr)."Y'a-t-il une chasse aux sorcières au sein de l'armée, comme l'affirmait Theo Francken (N-VA), sur tout ce qui est flamand? "Je trouve ça très inquiétant de la part de Theo Francken qui associe des gens de son camp à la situation de Jürgen Conings. Le problème, ce n'est pas d'avoir des opinions politiques, mais de quelqu'un qui passe à l'acte."Son président de parti, Georges-Louis Bouchez, a-t-il eu raison de mettre sur le même pied, dans un tweet, l'extrême droite et le communatarisme des partis de gauche? "L'extrême droite, l'extrême gauche et l'islamisme, tout ça c'est la bête immonde."