Une commission parlementaire de la Défense sous haute tension se tient depuis 11h ce mercredi matin, suite aux révélations concernant l'affaire Jürgen Conings. Plusieurs partis, dont le MR et la N-VA, épinglent les "responsabilités politiques potentielles" de la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder (PS.
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Une commission parlementaire de la Défense sous haute tension se tient depuis 11h ce mercredi matin, suite aux révélations concernant l'affaire Jürgen Conings. Plusieurs partis, dont le MR et la N-VA, épinglent les "responsabilités politiques potentielles" de la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder (PS.Le déput Kris Verduyck (Vooruit) souligne que "beaucoup de questions demeurent depuis la séance plénière (de jeudi dernier) ainsi que les révélations qui ont suivi" et constate que "les informations étaient dsponibles depuis longtemps". "On n'a pas suffisamment perçu la menace que représentait l'extrême droite au sein de la Défense", souligne-t-il. Selon lui, tout le monde, dont le Vlaams Belang, doit condamner les soutiens apportés à ceux qui applaudissent la dérive de Jürgen Conings. Les militaires, membres de groupes radicaux, ne devraient pas avoir accès à des armes, insiste le socialiste flamand.Pour Guillaume Defossé (Ecolo), "cette affaire est extrêmement grave." L'indignation ne peut pas être que passive, insiste-t-il, en demandant que toute la lumière soit fait sur les éléments précis de l'affaire en cours. "Il y a un mois, je vous interrogeais sur cette menace, votre réponse était rassurante. qu'est-ce qui a été fait depuis votre arrivée? Avez-vous demandé la liste des personnes fichées? Je constate que parmi eux se retrouvent des MP en charge des parlements, ce qui est préoccupant."Son collègue Wouter De Vriendt (Groen) prolonge: "Tout laisse à croire qu'il existe des problèmes structurels au sein de la Défense", en épinglant l'accès de ces personnes aux armes.Kattrin Jadin (MR) souligne que "ce débat est loin d'être clos", que "les dysfonctionnements constatés en terme de radicalisation du personnel de la Défense et les failles en matière de sécurité témoignent d'un problème sérieux au niveau de la transmission de l'information". "C'est nécessaire de faire la clarté là-dessus, insiste-t-elle. Ma question reste très simple: je lis dans la presse que les sanctions vont être prises. Comment opère-t-on ces screenings de radicalisation progressive? Comment est-ce possible de partir avec quatre lances-roquettes?"Denis Ducarme, son collègue libéral, prolonge: "Quelle est la situation sur le terrain aujourd'hui en terme de menace?" Depuis la mi-février, des informations concrètes avaient été émises au sujet de la menace concrète que représentait Jürgen Conings,fiché niveau 3 sur le degré de la menace Ocam. "Etiez-vous concrètement au courant de ces informations?", demande Denis Ducarme.. Le libéral s'inquiète: "Quand on voit le résutat des dysfonctionnements aujourd'hui, il faudra suivre davantage les recommandations de la commission 'attentats': "Nous n'avons rien appris". Michel De Maegd (MR), souligne lui aussi que ce manque de réaction après ces informations est "incompréhensible".Theo Francken (N-VA) regrette que Ludivine Dedonder ait attaqué son parti, accusé de "propager la haine", dénonce le fait que la ministre de la Défense renvoie sans cesse la responsabilité sur les autres et souligne qu'il est "impossible" qu'elle n'ait pas été au courant de la menace que représentait le militaire d'extrême droite."Comment est-ce possible qu'un homme avec de tels antécédents aient eu accès à des armes?", demande encore Jasper Pillen (Open VLD), en s'étonnant que Jürgen Conings était sur la liste de l'Ocam. "Qui était au courant? Comment se fait-il que les informations n'ont pas été transférées?" Le libéral flamand s'inquiète aussi du phénomène plus large: "Il faut tirer des conclusions pour l'avenir.""Cette crise est extrêmement sérieuses, insiste François De Smet (DéFI). Qui met en avant plusieurs "dysfonctionnements". Lui aussi s'étonne que le 17 février, l'Ocam ait relev le niveau de sa menance, sans que les Renseignements ni la Défense n'aient réagi.Christophe Lacroix (PS) exprime sa "solidarité" à l'égard des 25000 militairs "qui n'ont rien à voir avec l'extrême droite" et avec les familles ds personnes menancées. Le socialiste dénonce la complaisance de certains partis avec l'extrême droite: "Nous devons dire stop". Il égrène les événements violents liés à l'extrême droite en Flandre: "voilà où sont les semeurs de haine, clame-t-il, voilà où sont les responsabilités"."Ce que l'on ressent, c'est une très grande colère, fustige Georges Dallemagne. Nous sommes en 2021 et les recommandations de notre commission 'attentats' restent sans réponse." Il souligne les dysfonctionnements, le manque de transmission d'informations et la complaisance. "On met cet individu en niveau 3 de la menace et il ne se pasee rien.".Hendrik Bogaert (CD&V) insiste, enfin: il ne s'agit pas d'une lutte entre PS et N-VA. "Non, la lutte contre l'extrémisme nous concerne tous." Et se demande aussi qui était au courant des informations diffusées alors qu'il yavait une menace "aux portes de notre démocratie"."Vous le savez, des devoirs d'enquête sont en cours et me permettront de répondre plus longuement", répond Ludivine Dedonder, ministre de la Défense. Elle retrace les événements des derniers jours et souligne que "la priorité est de retrouver le militaire" sans qu'il y ait de drame."Une prise de conscience est nécessaire" à tous les niveaux de la Défense, insiste-t-elle.Elle se dit "déterminée à faire tout la lumière sur les événements" qui ont mené à ce qui arrive.Vingt-huit militaires sont suivis, dont Jürgen Conings fait partie. Cela signifie que le Service des renseignements disposait d'informations." Elle souligne toutefois que les informations concernant le suivi personnel des personnes ne peut pas être données: les dossiers sont classifiés et cela pourrait mettre en cause le suivi des enquêtes en cours.Ludivine Dedonder rappelle qu'elle a demandé d'écarter onze militaires qui avaient encore accès aux armes et que les "mesures de précaution" sont déployées. Le tout "dans le respect des procédures". D'autrs sanctions pourront être prises."Ce qui se pase sur les réseaux sociaux est inquiétant", poursuit la ministre, qui souligne avoir demandé aux Renseignements de suivre de près ce qui s'y passe. "Afficher son soutien est inacceptable pour les membres de notre organisation, c'est inacceptable", souligne-t-elle une nouvelle fois. "Hier, j'ai réuni l'ensemble de l'Etat-major, ils m'ont assuré de leur soutien plein et entier" dans cette lutte contre les comportements inacceptables, précise-t-elle encore.La question du suivi des extrémistes a été posé aux ministres à quatorze reprises depuis 2012, contrinue-t-elle, "et j'ai a demandé un rapport à ce sujet. "Il n'y a pas de place pour l'extrémisme au sein de l'armée, scande-t-elle encore. Je compte bien rester garante de cet intérêt.Au sujet de Jürgen Conings, il figurait bien parmi les vingt-huit personnes suivies. "Je n'étais pas au courant de cette information" selon laquelle il avait été mis sur la liste de la menace de l'Ocam le 17 février, dit la ministre. La raison pour laquelle cette information n'a pas été relayée fait "justement l'objet des enquête que j'ai demandée". Elle souligne que la liste n'est pas fournie au ministre, mais uniquement aux services de renseignement et de sécurité. Les informations sur les menaces concrètes que faisait peser Jürgen Conings sur une mosquée ne sont pas remontées non plus jusqu'à la ministre."Cette situation n'est pas normale et ne doit plus se reproduire à l'avenir", dit la ministre. qui concède: cela aurait généré d'autres actions.Le conclusions de l'enquête interne du Comité R devraient être remises fin juin. La ministre n'exclut pas que d'autres mesures soient prises, suite à cela.Pas question pour la ministre de la Défense de démissionner. "En arrivant, je savais que je prenais la tête d'un département plein de défis, dit-elle. Huit mois plus tard, je suis déterminée à poursuivre ce chantier avec l'Etat-Major. Ma détermination reste intacte."Dans leurs répliques, les députés restent inquiets des "lacunes" constatées et confirmées dans la réponse de la ministre. "Je ne comprends pas commen une cheffe de la Défense ne peut pas être avertie qu'un membre de son département soit fiché au niveau 3 de l'Ocam", s'étonne Kattrin Jadin (MR). Tous attendent avec impatience le rapport du Comité R le 30 juin. "Quand on laisse une personne fichée Ocam pendant trois mois avec un accès aux armes, cela ne peut rester sans suite, appuie en substance Denis Ducarme (MR). Je ne comprends pas non plus que quand vous avez accès à l'information selon laquelle 28 personnes sont radicalisées, vous ne cherchiez pas à en savoir davantage.""C'est ahurissant que la ministre n'ait pas été au courant du fichage d'un militaire, c'est plus qu'anormal, et cela mérite plus qu'une réprimande", souligne encore François De Smet (DéFI)."La ministre a réagi promptement", conclut Christophe Lacroix (PS), en dénonçant les désinvestissements dans l'armée qui ont nui aux failles de sécurité.Rideau. Pour l'instant.