Depuis le début de la crise, les autorités communales ont travaillé sans relâche pour faire face à l'urgence qu'imposait la pandémie de Covid-19. En matière d'ordre et de sécurité publics, de coordination territoriale ou de gestion interne, les mesures se sont multipliées à un rythme effréné pour mettre la ville au ralenti et parer au plus pressé. Première échevine à Liège, Christine Defraigne (MR) tient à le souligner: "Le bourgmestre a travaillé d'arrache-pied, de même que chacun dans son département a essayé de s'adapter. Dire que c'était simple? Non. Au moment du déconfinement, il a souvent fallu être créatif."
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Depuis le début de la crise, les autorités communales ont travaillé sans relâche pour faire face à l'urgence qu'imposait la pandémie de Covid-19. En matière d'ordre et de sécurité publics, de coordination territoriale ou de gestion interne, les mesures se sont multipliées à un rythme effréné pour mettre la ville au ralenti et parer au plus pressé. Première échevine à Liège, Christine Defraigne (MR) tient à le souligner: "Le bourgmestre a travaillé d'arrache-pied, de même que chacun dans son département a essayé de s'adapter. Dire que c'était simple? Non. Au moment du déconfinement, il a souvent fallu être créatif." Depuis octobre, c'est aux bourgmestres que revient la liberté d'imposer ou non le port du masque en extérieur, là où les distances de sécurité peuvent être respectées. Un pouvoir au goût parfois amer et qui agace de nombreux élus locaux, qui ont le sentiment d'être abandonnés à leur sort. Une lassitude ressentie au sein du Collège liégeois qui, en ce qui concerne le port du masque dans l'hypercentre, a décidé de jouer les prolongations. "Les bourgmestres sont fatigués et irrités", admet Willy Demeyer (PS), qui critique la dissonance au niveau de la communication sanitaire et la quasi-impossibilité pour les mayeurs d'y remédier: "La communication est tellement peu précise que la population attribue tout aux bourgmestres, alors que nous n'avons pas toutes les marges de manoeuvre." Pour autant, le Liégeois refuse de se laisser abattre et reconnaît aussi le bon sens qu'il peut y avoir à déléguer une série de compétences: "Les bourgmestres sont bien placés pour apprécier et piloter la situation au niveau local, même si c'est extrêmement inconfortable." Notamment parce qu'on est tiraillés entre ceux qui souhaitent des mesures de protection renforcées et ceux qui dénoncent l'atteinte à leurs libertés. Une balance d'intérêts entre mesures sanitaires et activité économique que les autorités communales doivent continuellement équilibrer: "Il faut choisir le chemin entre les impératifs de santé publique et ceux de la société. Il faut faire confiance aux citoyens, mais contrôler le respect des règles. Ce sont deux logiques qui coexistent." Plutôt que de tergiverser sur des mesures symboliques, Willy Demeyer préfère piloter à vue, au plus proche du terrain: "J'ai lu avec étonnement certains journaux qui disaient qu'après Bruxelles, ce serait forcément au tour de Liège de prendre des mesures ciblées, mais c'est un cycle. Ce que le Conseil national de sécurité décide au niveau fédéral est discuté lors de la conférence provinciale et à la réunion des bourgmestres. Il peut y avoir des choses qui ne s'appliquent pas à Liège." Une temporalité qui n'a pas suffi pour épargner les bars, les cafés et les restaurants liégeois, contraints eux aussi à la fermeture, dès le 19 octobre, par le Comité de concertation, successeur du Conseil national de sécurité. Un recours contre cette décision était introduit dès le 20, devant le tribunal de première instance de Liège, par un collectif d'indépendants représentant toute la Wallonie mais largement initié par le secteur Horeca de la Cité ardente. Les déclinaisons locales laissent une importante marge de manoeuvre aux autorités communales, même si le fédéral garde le dernier mot. "Le Liégeois, comme tout le monde, n'a pas envie de mourir, mais il veut vivre le mieux possible. La ligne de conduite vise à permettre l'activité économique quand c'est possible. C'était jusqu'il y a peu le cas de la Foire, où les gens avaient bien travaillé pour mettre en place un scénario adapté." Une annulation décidée "la mort dans l'âme", même si la Ville promet d'accueillir les forains "dès que la situation sanitaire le permettra", affirmait le bourgmestre. La démoralisation inquiète Christine Defraigne: "Je suis convaincue qu'il y a une grande fatigue et une grande lassitude de la population, qui a envie de revivre et de se donner de la joie, de l'espérance et des perspectives. Il faut trouver le bon équilibre. Après l'assaut de messages parfois contradictoires, il faut ramener plus de raison dans la manière de fonctionner." Il reste que, quelles que soient les politiques adoptées, une fois l'orage passé, il faudra financer la politique de relance et là, le bourgmestre comme la Première échevine en charge des finances et du budget s'accordent pour dire qu'on n'y est pas. Pour l'un comme pour l'autre, on attend un geste de la Région wallonne. "Je vois les chiffres et c'est clair que les finances sont une grande préoccupation. Nous avons dû affronter des dépenses importantes tout en vivant avec une perte de recettes liée à un allégement de la fiscalité pour une série de secteurs. On regarde vers la tutelle régionale. On se réjouit aussi d'avoir désormais un gouvernement fédéral", explique Christine Defraigne, appuyée dans ses observations par Willy Demeyer: "Liège se débrouillera, comme toujours. Le problème, c'est la charge des pensions des pouvoirs locaux qui pèse sur toutes les communes. Il faut que le fédéral et la Région nous aident sur cette question. Je crains plus la charge des pensions que la Covid-19." Face à l'ampleur du chantier, les efforts à fournir s'annoncent d'ores et déjà conséquents. Au niveau du Collège, on se veut rassurant, et on compte sur la résilience des concitoyens. "A terme, la Ville doit faire sa part du chemin et devra enclencher un certain nombre de réformes pour s'adapter. Il faudra beaucoup de résilience, de solidité et d'imagination créative. Nous y parviendrons, car nous sommes une ville amoureuse de la vie. Et à Liège, cet amour va s'incarner dans notre manière de relever la tête, même si on va encore vivre des moments très difficiles", confie Christine Defraigne. Le bourgmestre ne dit pas autre chose: "Liège sera résiliente, comme toujours. Le Liégeois a affronté la pandémie avec son caractère: la routine le lasse, mais il se montre toujours bon dans le défi et en cas de coup dur." Et le mayeur de prendre en exemple la confection et la distribution gratuite de masques aux habitants: "On a été beaucoup critiqués, mais finalement, on avait raison."