Dans De Morgen, Marc Van Ranst prévient qu'il est trop tard pour empêcher la courbe de grimper. "Mais il est toujours possible de l'aplanir : Crush the curve, c'est foutu. Flatten the curve pas encore". "La semaine prochaine, nous verrons encore des chiffres en hausse. Lundi, nous avons déjà eu au moins 400 contaminations, mais il y en aura encore d'autres. Les gens seront choqués par ces chiffres". "Nous ne pourrons pas voir l'impact des mesures avant une semaine ou deux. J'espère que le coup de semonce aidera, mais je n'en suis pas certain. La proposition la plus importante - réduire la bulle sociale de 15 à 10 personnes - n'a pas abouti. Le renversement des assouplissements antérieurs n'a pas non plus eu lieu. Au lieu de cela, ils ont choisi d'ajouter des règles supplémentaires. Je ne pense pas qu'un simple avertissement suffira. Parce que je ne suis pas sûr que nous puissions continuer à nous appuyer sur le bon sens des gens. Si tout le monde avait agi comme tel, nous ne serions pas dans la deuxième vague. A un moment donné, en tant que gouvernement, vous devez prendre une décision forte". Pour lui, "les politiciens ont plus peur de l'électeur que du virus".
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Dans De Morgen, Marc Van Ranst prévient qu'il est trop tard pour empêcher la courbe de grimper. "Mais il est toujours possible de l'aplanir : Crush the curve, c'est foutu. Flatten the curve pas encore". "La semaine prochaine, nous verrons encore des chiffres en hausse. Lundi, nous avons déjà eu au moins 400 contaminations, mais il y en aura encore d'autres. Les gens seront choqués par ces chiffres". "Nous ne pourrons pas voir l'impact des mesures avant une semaine ou deux. J'espère que le coup de semonce aidera, mais je n'en suis pas certain. La proposition la plus importante - réduire la bulle sociale de 15 à 10 personnes - n'a pas abouti. Le renversement des assouplissements antérieurs n'a pas non plus eu lieu. Au lieu de cela, ils ont choisi d'ajouter des règles supplémentaires. Je ne pense pas qu'un simple avertissement suffira. Parce que je ne suis pas sûr que nous puissions continuer à nous appuyer sur le bon sens des gens. Si tout le monde avait agi comme tel, nous ne serions pas dans la deuxième vague. A un moment donné, en tant que gouvernement, vous devez prendre une décision forte". Pour lui, "les politiciens ont plus peur de l'électeur que du virus".Le système de traçage l'inquiète également. "Personne n'est fier du système actuel, c'est évident. Le système ne fonctionne toujours pas. Prenez les infections de lundi dernier. Au moins 400 infections ont été détectées. Quatre jours plus tard, nous ne savons toujours pas combien d'entre eux étaient en vacances. Cela reste un point très, très délicat". D'ailleurs, "on peut s'attendre à un afflux important du virus en provenance de l'étranger, tout comme pendant les vacances de carnaval. Nous ferions mieux de décourager les vacances."Pour Michel Goldman, professeur d'immunologie à l'Université Libre de Bruxelles (ULB), "les mesures prises étaient nécessaires, même indispensables, face à une situation qui devient vraiment préoccupante". Il rappelle à la RTBF que la Belgique se trouve "pratiquement au niveau de l'Espagne". Et ce alors que d'autres pays, comme l'Allemagne, s'en sortent beaucoup mieux face au coronavirus. Selon lui, "la taille des bulles sociales va devoir être reconsidérée. Les moments de réunion entre amis et en famille sont des moments à très haut risque de transmission. Dans plus de la moitié des cas, le virus ne va pas affecter la santé - en tout cas en apparence - de celui qu'il infecte", reconnait-il. C'est pourquoi "il est essentiel de repérer ces individus et de les isoler". Sans se risquer à des prédictions pour les prochaines semaines Michel Goldman se dit "très préoccupé" par la reprise de l'épidémie. "Aujourd'hui, on ne contrôle pas suffisamment ce qui est en train de se passer", affirme-t-il. C'est une responsabilité collective. [Pas uniquement] des autorités politiques. Il faut retrouver la situation du confinement où chacun comprenait qu'il devait faire preuve de solidarité et contribuer à la lutte contre le virus."L'épidémiologiste Pierre Van Damme parle de "réaction en chaîne" lorsqu'il examine les chiffres. "Une génération en infecte une autre, un district en infecte un autre. "Même un confinement local n'a plus de sens, car le virus se répand très rapidement sur le territoire belge", a déclaré M. Van Damme. "Pour l'amour de Dieu, limitez vos contacts", a-t-il ajouté. "Restez aussi loin que possible des autres, à l'exception de quelques-uns. Vous ne pouvez renverser la situation en trois ou quatre semaines que si nous limitons nos contacts dès maintenant, il n'y a pas d'autre solution." Van Damme souligne que l'augmentation est exponentielle, il est donc crucial de prendre des mesures en temps utile si nous voulons éviter un blocage complet. "Il est temps d'intervenir. Plus nous intervenons tard, plus cela devient difficile, et plus les mesures devront être drastiques".Toujours selon l'épidémiologiste, le Conseil national de sécurité aurait dû décider d'introduire une bulle de dix personnes permanentes, au lieu des quinze contacts qui sont autorisés à changer chaque semaine. Le professeur s'est heurté à la résistance du ministre de l'Intérieur Pieter De Crem, présent au Conseil national de sécurité"Je suis vraiment déçu, vu l'état de l'épidémie. Cela ne va vraiment pas assez loin", déclare-t-il à VRT NWS. "Nos contacts sociaux doivent diminuer. Cette bulle variable de 15 n'est plus une bonne idée". Selon Molenberghs, beaucoup de gens interprètent cela comme si tout était possible ou permis. Cela ne va vraiment pas assez loinMolenberghs craint également que les chiffres aient déjà tellement augmenté qu'il soit déjà trop tard pour les fermetures locales. Il plaide pour un "lockdown 2.0". Soit que les écoles et les magasins pourraient rester ouverts, les restaurants et les magasins aussi si tout est bien organisé et avec prudence. Pour les cafés, par contre, c'est plus "difficile". Il trouve lui aussi la bulle de 15 et non de 10, "une occasion manquée".La professeure Erika Vlieghe, qui siège au Conseil national de sécurité (CNS) au nom de la Celeval, la cellule d'évaluation qui conseille les autorités sur la pandémie de coronavirus, regrette qu'il n'ait pas été décidé de limiter les bulles sociales à dix personnes au lieu de quinze. "Néanmoins, le plus important n'est pas de se focaliser sur ce chiffre, mais d'avoir le moins de contacts possible. Parce que c'est ça le problème", a-t-elle déclaré dans l'émission "De wereld vandaag" sur Radio 1.Il est maintenant nécessaire de communiquer sur le fait que les contacts que nous avons "font tourner le moteur" de la pandémie de coronavirus. "Nous devons tous nous assurer que nous avons moins de contacts, moins de contacts rapprochés", a-t-elle déclaré. "Pour moi, le message doit être clair et nous devons le transmettre: moins il y a de contacts, mieux c'est. En réalité, même dix, c'est beaucoup. Ne commençons pas à compter. Le but est de voir moins de gens".Vlieghe admet que les nouvelles mesures arrivent un peu tard. "En toute honnêteté, pour moi, cela aurait pu être plus tôt. Je ne l'ai jamais caché. Cela me rend très nerveuse". Erika Vlieghe regrette aussi que certains lieux ne soient pas plus strictement contrôlés ou même fermés. Comme les endroits où il y a beaucoup de transmission du virus : soit les endroits où l'on danse, où l'on crie beaucoup ou où l'on partage des choses. Dans le Soir, Bernard Demonty dit qu'au lieu d'imposer des mesures plus strictes, il aurait peut-être mieux valu s'assurer d'abord que les mesures actuelles étaient mieux suivies. "Si les choses tournent encore mal, ce n'est pas le virus qui a gagné, c'est la stupidité humaine qui triomphe". Même son de cloche dans La Libre Belgique ou Francis Van de Woestyne souligne notre responsabilité. Nous devons tous lutter contre le Corona. La lutte contre le virus n'est pas de la responsabilité du gouvernement. Ou des autres. C'est notre responsabilité".Si dans la presse francophone on est pas trop virulent, il en va autrement en Flandre ou on est nettement plus critique. Ainsi selon Bart Sturtewagen dans De Standaard, il est clair que nos dirigeants politiques ont lâché la bride trop tôt. Bien sûr, la panique n'est jamais bonne conseillère, mais ce qui a été décidé hier n'est pas suffisant, pense-t-il. Refuser l'évidence n'aide pas à combattre ce qu'il convient d'appeler la "deuxième vague corona". Tous les efforts et tout l'argent perdu lors de la première vague sont maintenant en jeu. "Que cela n'ait pas été en vain", écrit-il.Dans Het Nieuwsblad, Arnout Gyssels reproche aux hommes politiques de "ne pas être capables de passer à la vitesse supérieure et prendre leurs responsabilités". Pour lui c'est un pari risqué qui pourrait conduire à confiner à nouveau le pays.Yves Lambrix dans Het Belang van Limburg parle d'une occasion manquée. Dirk Hendrix, de la Gazet van Antwerpen, estime lui aussi que la décision prise hier par le Conseil de sécurité est "décevante". Le Conseil national de sécurité a choisi d'ignorer partiellement l'avis des experts à ce moment crucial. Bart Eeckhout, dans De Morgen, déclare qu'alors que "les canons du virus nous encerclent, notre gouvernement distribue des arcs et des flèches". Il comprend que le gouvernement ne veuille pas plomber la reprise économique, mais "plus nous attendrons, plus les mesures devront être drastiques". Pire encore, selon lui, on a appris de la première vague: il n'y a pas encore de détection correcte des contacts et on n'isole toujours pas les nouvelles infections n'a pas lieu.Dans Het Laatste Nieuws, Dimitri Antonissen écrit lui que "si vite que le corona se propage, aussi lentement ce pays réagit". Les ministres ont pris des mesures merveilleuses ... s'ils les avaient prises il y a une semaine. Là c'est trop tard, car la deuxième vague n'est plus locale. Et non seulement les politiciens arrivent trop tard, mais aussi les informations nécessaires sur l'endroit où le coronavirus frappe, nous parviennent trop tard. Il est effrayant de constater le peu d'informations dont nous disposons sur les infections."