"Nous observons les premières infections respiratoires classiques et bientôt la saison de la grippe arrivera. Il ne nous semble pas faisable de continuer à tester tous ces patients", témoigne ainsi Liesje Eyckmans, présidente d'un cercle de généralistes à Anvers, dans le quotidien De Morgen.
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"Nous observons les premières infections respiratoires classiques et bientôt la saison de la grippe arrivera. Il ne nous semble pas faisable de continuer à tester tous ces patients", témoigne ainsi Liesje Eyckmans, présidente d'un cercle de généralistes à Anvers, dans le quotidien De Morgen. Désobéissance civile Thierry Op de Beeck, généraliste à Louvain, estime que la politique de tests n'est pas adaptée au taux de vaccination. "Si on n'adapte pas la politique de dépistage, la situation va exploser. Appelez ça de la désobéissance civile. Nous n'allons pas continuer à tester les adolescents et les adultes à la moindre toux. Les gens n'osent déjà pas venir nous voir parce que c'est comme si on ne pouvait parler que du covid", raconte-t-il au Morgen.Vendredi dernier, le virologue de l'Institut de santé publique Sciensano Steven Van Gucht a pourtant appelé tout à chacun à se faire tester, même si les symptômes sont bénins. 9,3% des personnes souffrant d'un refroidissement ou d'une grippe sont en effet testées positives au covid. Van Gucht constate que les personnes ayant des symptômes légers ont moins tendance à se faire tester ou que les "médecins généralistes sont moins enclins à tester des symptômes bénins".Pour le virologue, il est primordial de continuer à se faire tester, car "toute chaîne de transmission que l'on peut briser" permet de garder la situation sous contrôle. "C'est une responsabilité partagée par tous", a-t-il insisté.Du côté de l'Association belge des Syndicats Médicaux (Absym), on comprend que les médecins soient surmenés. "Ce surmenage n'aurait d'égal que celui du personnel des services de réanimation s'ils recommencent à voir affluer les patients atteints de COVID", observe cependant le docteur David Simon, administrateur de l'Absym.Même si la situation épidémiologique est "sans commune mesure avec les vagues précédentes, le taux de positivité des tests PCR a augmenté significativement depuis juillet et les infections virales sont de retour en grand nombre dans nos cabinets. La situation dans certaines villes peut redevenir critique. Certains services de réanimation seraient déjà surchargés", craint l'Absym. Pour éviter une quatrième vague, la seule solution est d'isoler le plus rapidement possible tout patient infecté. "Or rien ne distingue le patient infecté par le coronavirus de celui qui l'est par une multitude d'autres virus. Nous ne pouvons les détecter que par le test PCR car le test rapide disponible en pharmacie est trop peu fiable", ajoute David Simon.Il souligne toutefois que rien n'oblige les médecins généralistes à réaliser eux-mêmes les tests PCR. Ces derniers peuvent prescrire un test à leurs patients et les envoyer le réaliser dans un centre de testing. En cas de test positif, c'est alors le Tracing Covid, qui s'occupera du suivi du patient et de ses proches potentiellement contaminés. Éviter les situations apocalyptiques "Malgré tout il est vrai que ceci alourdit la charge de travail du médecin généraliste à un moment où celle-ci explose en raison du retour des infections virales saisonnières. Mais c'est le prix à payer pour éviter les situations apocalyptiques que nous avons connues lors des trois premières vagues", conclut-il.Vacciner tout le monde Le Dr Gilbert Bejjani, secrétaire-général de l'Absym, comprend tout à fait que les médecins généralistes soient surmenés. "Je pense qu'on a assez payé au niveau de l'économie, de la santé mentale, de l'éducation, au niveau social. Aujourd'hui, la solidarité, c'est de vacciner tout le monde", déclare-t-il. "Les vaccinés en général sont beaucoup moins malades. La preuve, c'est qu'il y a à peu près trois semaines à Bruxelles sur 50 patients aux soins intensifs, deux étaient vaccinés contre le Covid, 48 ne l'étaient pas", rappelle-t-il.Aussi ne comprend-t-il pas pourquoi continuer à tester les personnes qui présentent des symptômes bénins quand il y a encore beaucoup de non vaccinés. "Le but est-il de freiner la maladie ou de tester pour tester ? On peut être porteur du virus et le transmettre, mais le vaccin protège de l'hospitalisation et des formes graves de la maladie. La vaccination reste la base de la gestion d'une épidémie", déclare-t-il. Aussi plaide-t-il pour la vaccination obligatoire pour tous. Il estime que le Covid Safe Ticket, dont l'usage sera bientôt étendu à Bruxelles et en Wallonie, constitue une discrimination pire que le vaccin. "Ficher les gens, et les poursuivre là où ils vont, c'est pire comme atteinte aux libertés que le droit de refuser le vaccin", conclut le médecin.