La catastrophe de juillet 2021 aura des répercussions politiques tant au niveau fédéral que régional, mais c'est la Région wallonne qui est la plus exposée. Tant que l'hypothèque "barrage" ne sera pas levée - celui d'Eupen étant déjà plein le 14 juillet, dans quelles conditions a-t-il relâché ses eaux, en garde-t-il des séquelles, la gestion de crise a-t-elle été à la hauteur? -, la vie ne peut pas reprendre un cours normal dans la vallée de la Vesdre. Les citoyens sont traumatisés.
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La catastrophe de juillet 2021 aura des répercussions politiques tant au niveau fédéral que régional, mais c'est la Région wallonne qui est la plus exposée. Tant que l'hypothèque "barrage" ne sera pas levée - celui d'Eupen étant déjà plein le 14 juillet, dans quelles conditions a-t-il relâché ses eaux, en garde-t-il des séquelles, la gestion de crise a-t-elle été à la hauteur? -, la vie ne peut pas reprendre un cours normal dans la vallée de la Vesdre. Les citoyens sont traumatisés. Or, l'administration wallonne des barrages, après avoir soufflé à son ministre de tutelle, Philippe Henry (Ecolo), des arguments aberrants (le remplissage du barrage à 50%, les prévisions faussement rassurantes de l'Institut royal météorologique...), ne veut plus s'exprimer. La contre-expertise souhaitée par le cabinet n'arrivera que le 30 septembre, si tout va bien. Alors que le ministre-président, Elio Di Rupo (PS), freinait des quatre fers, les trois partis politiques de la majorité (PS, MR, Ecolo) se sont mis d'accord plus vite que prévu sur le principe d'une commission d'enquête parlementaire , et non une commission spéciale dénuée des pouvoirs d'un juge d'instruction. Ils ont compris que le refus de s'expliquer enverrait un très mauvais signal à la population, d'une part, et qu'une commission spéciale embrasserait trop de sujets (aménagements du territoire, changement climatique, etc.) pouvant être traités par les députés spécialisés dans leurs commissions respectives. L'objet de la commission d'enquête parlementaire sera bien de vérifier s'il y a eu des dysfonctionnements et, si c'est le cas, de faire des recommandations pour les éviter à l'avenir. Elle sera placée sous la présidence du président du Parlement de Wallonie, Jean-Claude Marcourt (PS), un surdoué de la communication contrôlée, et comprendra dix membres (dont le président) : 4 PS, 3 MR, 2 Ecolo, 1 CDH et 1 PTB. Le travail devra être terminé pour la fin de l'année. Ce jeudi 26 août, le bureau élargi du parlement de Wallonie va se pencher sur la composition de cette commission et les modalités de ses travaux, avec experts ou pas. Au début, pour Elio Di Rupo (PS), il y avait d'autres priorités que celle d'élucider les circonstances de la catastrophe. Certes, en sa qualité de chef de l'exécutif, il était mal placé pour donner des instructions au Parlement. Mais, en tant que plus haut responsable wallon, il sait aussi que la découverte de négligences ou d'erreurs dans le chef de son administration, outre les retombées électorales, pourrait avoir des conséquences incalculables sur les finances de la Région, dès civilement responsable.Du côté fédéral, il y aura aussi des questionnements. Il faut s'attendre à des interpellations en commission de l'Intérieur de la Chambre, car la protection civile, démembrée sous le précédent gouvernement, n'a pas été au rendez-vous. L'armée a peu brillé sur le terrain et la "phase fédérale" d'urgence a été interrompue prématurément le 26 juillet, avant de revenir sous une autre forme. Jusqu'à présent, il n'y a pas eu d'exploitation politicienne ou communautaire des événements. C'est même une députée N-VA, Yngvild Ingels, émue par ce qu'elle a vu à Pepinster, Trooz et Chaudfontaine, qui a poussé un coup de gueule contre l'abandon des sinistrés par le gouvernement fédéral. Une sorte d'union sacrée, en somme.