Kristof Calvo, député Groen au parlement fédéral, aurait pu devenir ministre dans le gouvernement d'Alexander De Croo. Il aurait dû le devenir, même, tant il avait mené avec vivacité l'opposition au gouvernement Michel lors de la précédente législature, avant de porter les négociations donnant naissance à la Vivaldi. Mais son parti en a décidé autrement.
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Kristof Calvo, député Groen au parlement fédéral, aurait pu devenir ministre dans le gouvernement d'Alexander De Croo. Il aurait dû le devenir, même, tant il avait mené avec vivacité l'opposition au gouvernement Michel lors de la précédente législature, avant de porter les négociations donnant naissance à la Vivaldi. Mais son parti en a décidé autrement.Amer pendant quelques semaines, l'élu malinois a décidé de rebondir en menant un travail de réflexion sur le fond avec ses collègues écologistes des Pays-Bas. Il est aussi devenu un aiguillon constructif de la majorité fédérale. Alors que les uns et les autres s'étripent littéralement lors de cette rentrée politique, lui somme ses partenaires de mettre en place un des volets de la déclaration gouvernementale dont plus grand-monde ne parle: le renouveau politique."La Vivaldi a un an de gestion de crise derrière elle, soulignait-il ce matin sur la VRT et dans le Morgen. Maintenant viendra, on l'espère, une année de réformes. Le renouveau démocratique est très important à nos yeux."La Vivaldi espère engranger une réforme des pensions et de la fiscalité, doit se concentrer sur la stratégie de relance et de l'emploi avec un sensible débat budgétaire à la clé. D'ici la fin de l'année, elle doit également mettre sur les rails une réflexion menant à une septième réforme de l'Etat avec un "projet positif pour la Belgique". Avec, donc, ce volet de "renouveau" en cerise sur le gâteau.Le tout doit permettre de se rapprocher des citoyens et de... faire barrage à la N-VA et au Vlaams Belang, qui ont le vent en poupe dans les sondages et pourraient bloquer le pays suite aux élections de 2024. Mais le climat tendu qui prévaut au sein de la coalition ne prête guère à l'optimisme.Les écologistes portent une quinzaine de propositions pour mettre en place ce renouveau politique, qui vont être transformées en propositions de loi. L'une d'entre elle vise à arrêter la possibilité pour les ministres sortants d'utiliser deux collaborateurs parlementaires pendant quelques années. "Cette règle n'est plus de notre temps", dit Kristof Calvo au Morgen. Sur le principe, tous les partenaires devraient être d'accord, mais les libéraux renâcleraient, eux qui disposaient forcément de nombreux ministres dans les précédents gouvernements Michel/Wilmès.Un autre point risque de susciter des remous au sein de la coalition: la volonté d'élargir le registre des lobbies au gouvernement fédéral. Les verts épinglent, de longue date, les conflits d'intérêts dans d'autres partis, en les exaspérant.Même si un dernier cas, épinglé par les libéraux, concernait une ministre fédérale Groen.Enfin, les écologistes plaident pour une limitation des dépenses électorales sur les réseaux sociaux. Avec un plafonnement à la clé. La N-VA et le Vlaams Belang sont clairement visés: lles populistes, de manière générale, profitent des réseaux sociaux pour diffuser leurs mensonges et déformations. Récemment, le Standaard révélait que la N-VA de Bart De Wever avait dépensé pas moins de 225.411 euros durant la première moitié de 2021 pour faire la promotion de sa page Facebook et Instagram, ainsi que celle de Bart De Wever. Empêtrées dans ses réformes et ses tensions, la Vivaldi aura-t-elle le courage de se pencher sur ces dossiers? Ou sera-ce un élément de crispation supplémentaire, notamment entre écologistes et libéraux?