Lors de la rentrée politique du parti, ce week-end, les coprésidents Ecolo avaient manifesté leur volonté de ne pas faire de la "politique politicienne" en n'abordant pas frontalement les sujets qui divisent la Vivaldi fédérale. Avec un leitmotiv dont l'objectif était de fédérer: "Mobilisation générale contre le déréglement climatique".
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Lors de la rentrée politique du parti, ce week-end, les coprésidents Ecolo avaient manifesté leur volonté de ne pas faire de la "politique politicienne" en n'abordant pas frontalement les sujets qui divisent la Vivaldi fédérale. Avec un leitmotiv dont l'objectif était de fédérer: "Mobilisation générale contre le déréglement climatique".Dans un entretien au Soir, ce mardi matin, Jean-Marc Nollet enfonce le clou: "Quand on voit les inondations de juillet, les records de température cet été, le fait qu'à Lytton, à l'ouest du Canada, le petit village s'embrase parce qu'ils ont connu des températures de 45 degrés pendant plusieurs jours..." Difficile, toutefois, de rester dans une tonalité excluant la polémique en cette rentrée politique. Et d'évirer ces attaques personnes qui sont innombrables au sein de la Vivaldi.Si la température monte sur la planète, elle atteint aussi des niveaux records au sein de la coalition fédérale. Lorsqu'on l'interroge sur la volonté libérale d'imposer aux chômeurs de longue durée d'accepter des métiers en pénurie au risque d'une exclusion du chômage, le coprésident d'Ecolo attaque: "Sur le travail forcé - appelons un chat un chat-, le président du MR va très loin car il va jusqu'à l'idée de sanctionner ceux qui, une fois qu'ils seront exclus du chômage, tomberont au CPAS, en réduisant leur revernu d'intégration sociale. En proposant cela, le MR est une véritable menace pour les jeunes, pour les 20-35 ans qui constituent la principale cible de sa proposition."Le MR, une menace pour les jeunes: l'élément de langage est placé. Les écologistes, dans le domaine de la migration comme sur le plan social, estiment être les vrais "libéraux", au sens progressiste, de la coaltion, suscitant l'ire du MR.Jean-Marc Nollet poursuit sa charge contre le président libéral, prolongeant les échanges âpres du printemps, puis du coeur de l'été, au sujet de la gestion de la crise du Covid, de la nomination et de la démission d'Ihsane Haouach à l'Institut pour l'égalité hommes-femmes, puis de la crise migratoire. "Le confrontation d'idées est nécessaire dans une démocratie, dit-il. Jusqu'au moment de la décision. Et dans le respect des partenaires et des accords conclus antérieurement. Autre chose est quand l'attitude politique voire l'objectif politique vise systématiquement à mettre un partenaire puis un autre en difficulté. Là, c'est un vrai problème. (...) Parce que cela brouille la communication du gouvernement et des ministres. Mais plus fondamentalement, ce qui m'inquiète, c'est la déterioration du débat public."Plus fort encore, il épingle la progression du populisme en ajoutant: "Et l'un des marqueurs forts du populisme consiste à s'en prendre directement et publiquement aux journalistes". L'allusion à Georges-Louis Bouchez n'est pas voilée. Le numéro un écologiste relève un message sutr Twitter dans lequel son homologue s'en prend directement à l'Association des journalistes de Belgique (AJP), qui est intervenue après une critique du libéral contre un journaliste exprimant son opinion sur le réseau social.En toile de fond, il y a de l'autre côté ce ressentiment exprimé régulièrement par le président libéral qu'une forme de "système" de gauche (PS et Ecolo) domine l'opinion publique en Belgique francophone. Les choix politiques portés par le PS depuis des décennies freineraient le travail et l'esprit d'entreprise, selon le MR: "Cela fait depuis plus de 20 ans que j'entends que la Wallonie doit se redresser, exprimait ce week-end Bouchez sur RTL-TVI, entre autres charges lourdes sur le PS. J'aimerais que cela arrive vraiment!". Il défendait sa volonté d'exclure les chômeurs refusant les métiers en pénurie."On n'est plus dans le gouvernement MR-N-VA,où il a pu mener pendant des années de politiques de droite absolument odieuses, il faut que monsieur Bouchez s'y fasse", a taclé en retour Paul Magnette, président du PS.Les échanges houleux se sont prolongés sur une proposition de la CSC à laquelle le ministre fédéral de l'Economie et du Travail, Pierre-Yves Dermagne (PS), n'était pas insensible de soumettre les jobs étudiants aux cotisations sociales. Elle fut âpre sur la réforme des pensions proposées par la ministre PS Karine Lalieux, elle est déjà vive au sujet du prolongement du nucléaire...Avec les écologistes, les passes d'armes sont innombrables au sujet du modèle de société prôné par les verts: les libéraux dénoncent les dérives communautaristes du parti, rejettent l'idée de "diversité inclusive" et, dans un autre domaine, fustigent le manque de pragmatisme écologistes dans le domaine énergétique.La question est de savoir jusqu'à quel point cela restera viable au sein d'une majorité écartelée... où chacun se positionne en attaquant l'autre.