Le Comité de concertation a rétabli les conditions pour le secteur culturel qu'il avait fixées lors de sa réunion du 3 décembre: uniquement des places assises, port du masque obligatoire, utilisation du Covid Safe Ticket à partir de 50 spectateurs, maximum 200 spectateurs. Ces conditions s'appliqueront également dans les cinémas et le secteur de l'évènementiel et ce, dès ce jeudi. La jauge de 200 personnes, fortement contestée, a toutefois été maintenue.

Ce rétropédalage est consécutif à l'arrêt du Conseil d'État de ce mardi. La haute juridiction, saisie par un artiste, avait suspendu la mesure de fermeture des lieux clos des établissements relevant du secteur culturel, prise lors du dernier comité de concertation ("Codeco" du 22 décembre), et jugée disproportionnée et non adéquatement motivée.

Les décisions de ce mercredi sont coulées par la ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden dans un arrêté royal qui doit être soumis pour accord à un Conseil des ministres électronique. Elles prendront effet dès ce jeudi, après publication au Moniteur belge.

Avant même cet arrêt, le président du parti socialiste, qui appartient à la coalition gouvernementale, avait regretté un faux-pas: "il faut avoir l'humilité de le reconnaître: collectivement, on s'est plantés", avait déclaré lundi Paul Magnette.

Silence radio et malaise

"Le Comité de concertation, le Commissariat Covid-19 et le Risk Assessment Group (RAG) continuent de suivre de près l'évolution de la situation épidémiologique, notamment l'évolution des contaminations, des hospitalisations et de l'occupation des USI à la lumière de la propagation du variant Omicron qui est désormais dominant en Belgique", fait valoir le gouvernement fédéral dans un communiqué.

Pas de conférence de presse, pas ou très peu de commentaires à l'issue de la décision: ce silence radio traduit sans nul doute un certain malaise au sein de la Vivaldi.

La semaine prochaine, le Comité de concertation dressera à nouveau un état des lieux. Le Commissariat Covid-19 préparera dans l'intervalle une feuille de route pour permettre la prévisibilité et la continuité des mesures dans les différentes phases de l'épidémie pour tous les secteurs et activités. La réintroduction des dispositions relatives au COVID Infrastructure Risk Model (CIRM) et au COVID Event Risk Model (CERM) fera partie de cette feuille de route.

"Pour la première fois, des mesures (anti-Covid) ont suscité une réaction extrêmement importante de la société civile et le Conseil d'Etat a dénoncé un comportement illégal, discriminatoire et disproportionné du gouvernement", a déclaré à l'AFP l'avocat Jacques Englebert, qui défendait les cinémas.

"Jauge discriminatoire"

Du côté des théâtres et des salles de spectacles, qui saluent "une belle victoire", le maintien d'un seuil maximum de 200 personnes suscite cependant l'incompréhension.

Elle "est discriminatoire car elle s'applique à l'ensemble du secteur sans considérer les caractéristiques des salles", critique Pierre-Arnaud Perrouty, directeur de la Ligue des droits humains, tout en se félicitant que le gouvernement soit revenu sur "une mauvaise décision".

Son organisation, avec une dizaine de fédérations de professionnels des arts de la scène, de centres culturels et de producteurs de spectacles, a introduit un recours en urgence devant le Conseil d'Etat, qui sera examiné vendredi, pour contester une mesure "disproportionnée", pointant en outre une "absence de justification scientifique".

L'avocat en charge du dossier, Vincent Letellier, va y joindre un recours spécifique sur les jauges: elles posent "un problème de viabilité pour les opérateurs non subventionnés", a-t-il expliqué à l'AFP, appelant le gouvernement à respecter le principe de proportionnalité "en tenant compte de la capacité des salles".

"Pour les opérateurs qui ont de grosses salles, économiquement cela risque d'être impossible", renchérit Philippe Degeneffe, président d'une fédération représentant des petits théâtres mais aussi de grandes structures comme l'Opéra de Liège.

Plusieurs fédérations sportives se sont engouffrées dans la brèche en réclamant mercredi un allègement des restrictions sanitaires interdisant la présence de public dans les stades, menaçant de recourir elles aussi au Conseil d'Etat.

"Ce sera au cas par cas. Chacun devra apporter les preuves d'un traitement disproportionné", avertit Me Englebert, soulignant que pour la culture, "une atteinte à la liberté d'expression" pouvait être invoquée, un motif qui n'existe pas pour d'autres secteurs.

Le Comité de concertation a rétabli les conditions pour le secteur culturel qu'il avait fixées lors de sa réunion du 3 décembre: uniquement des places assises, port du masque obligatoire, utilisation du Covid Safe Ticket à partir de 50 spectateurs, maximum 200 spectateurs. Ces conditions s'appliqueront également dans les cinémas et le secteur de l'évènementiel et ce, dès ce jeudi. La jauge de 200 personnes, fortement contestée, a toutefois été maintenue.Ce rétropédalage est consécutif à l'arrêt du Conseil d'État de ce mardi. La haute juridiction, saisie par un artiste, avait suspendu la mesure de fermeture des lieux clos des établissements relevant du secteur culturel, prise lors du dernier comité de concertation ("Codeco" du 22 décembre), et jugée disproportionnée et non adéquatement motivée. Les décisions de ce mercredi sont coulées par la ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden dans un arrêté royal qui doit être soumis pour accord à un Conseil des ministres électronique. Elles prendront effet dès ce jeudi, après publication au Moniteur belge.Avant même cet arrêt, le président du parti socialiste, qui appartient à la coalition gouvernementale, avait regretté un faux-pas: "il faut avoir l'humilité de le reconnaître: collectivement, on s'est plantés", avait déclaré lundi Paul Magnette. "Le Comité de concertation, le Commissariat Covid-19 et le Risk Assessment Group (RAG) continuent de suivre de près l'évolution de la situation épidémiologique, notamment l'évolution des contaminations, des hospitalisations et de l'occupation des USI à la lumière de la propagation du variant Omicron qui est désormais dominant en Belgique", fait valoir le gouvernement fédéral dans un communiqué.Pas de conférence de presse, pas ou très peu de commentaires à l'issue de la décision: ce silence radio traduit sans nul doute un certain malaise au sein de la Vivaldi. La semaine prochaine, le Comité de concertation dressera à nouveau un état des lieux. Le Commissariat Covid-19 préparera dans l'intervalle une feuille de route pour permettre la prévisibilité et la continuité des mesures dans les différentes phases de l'épidémie pour tous les secteurs et activités. La réintroduction des dispositions relatives au COVID Infrastructure Risk Model (CIRM) et au COVID Event Risk Model (CERM) fera partie de cette feuille de route."Pour la première fois, des mesures (anti-Covid) ont suscité une réaction extrêmement importante de la société civile et le Conseil d'Etat a dénoncé un comportement illégal, discriminatoire et disproportionné du gouvernement", a déclaré à l'AFP l'avocat Jacques Englebert, qui défendait les cinémas.Du côté des théâtres et des salles de spectacles, qui saluent "une belle victoire", le maintien d'un seuil maximum de 200 personnes suscite cependant l'incompréhension.Elle "est discriminatoire car elle s'applique à l'ensemble du secteur sans considérer les caractéristiques des salles", critique Pierre-Arnaud Perrouty, directeur de la Ligue des droits humains, tout en se félicitant que le gouvernement soit revenu sur "une mauvaise décision".Son organisation, avec une dizaine de fédérations de professionnels des arts de la scène, de centres culturels et de producteurs de spectacles, a introduit un recours en urgence devant le Conseil d'Etat, qui sera examiné vendredi, pour contester une mesure "disproportionnée", pointant en outre une "absence de justification scientifique".L'avocat en charge du dossier, Vincent Letellier, va y joindre un recours spécifique sur les jauges: elles posent "un problème de viabilité pour les opérateurs non subventionnés", a-t-il expliqué à l'AFP, appelant le gouvernement à respecter le principe de proportionnalité "en tenant compte de la capacité des salles"."Pour les opérateurs qui ont de grosses salles, économiquement cela risque d'être impossible", renchérit Philippe Degeneffe, président d'une fédération représentant des petits théâtres mais aussi de grandes structures comme l'Opéra de Liège.Plusieurs fédérations sportives se sont engouffrées dans la brèche en réclamant mercredi un allègement des restrictions sanitaires interdisant la présence de public dans les stades, menaçant de recourir elles aussi au Conseil d'Etat."Ce sera au cas par cas. Chacun devra apporter les preuves d'un traitement disproportionné", avertit Me Englebert, soulignant que pour la culture, "une atteinte à la liberté d'expression" pouvait être invoquée, un motif qui n'existe pas pour d'autres secteurs.