Deux jours avant Noël, malgré les indicateurs de l'épidémie en baisse, le Comité de concertation décide de fermer les cinémas, les théâtres et les salles de spectacle dans le but de freiner la vague Omicron attendue les prochaines semaines. Les acteurs culturels avaient déjà pourtant été peu épargnés par le Comité de concertation du 3 décembre dernier qui avait fixé la limite de spectateurs à 200 en plus de toute une série d'autres mesures devant garantir la sécurité des spectateurs.

Fureur et incompréhension

Immédiatement, la décision du Comité de concertation suscite un tollé, pas seulement dans le monde culturel, mais aussi parmi les politiques et les virologues. Les larmes aux yeux, l'épidémiologiste Marius Gilbert évoque ainsi un marchandage politique. "La rupture de confiance (NDLR : avec le politique) est totale et elle intervient à un moment où l'on en a le plus besoin!", déclare-t-il sur la Première.

La ministre de la Culture de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Bénédicte Linard (Ecolo), se distancie également de la mesure: "Je veux surtout m'adresser aux professionnels de la culture une nouvelle fois injustement ciblés et discriminés, qui voient des mois de travail réduits à néant. Je partage votre incompréhension. Je continuerai de vous soutenir quoiqu'il en coûte."

Dimanche, malgré la pluie, 5 000 personnes se rassemblent au Mont des Arts à Bruxelles pour manifester leur soutien à la culture et dénoncer les mesures du Comité de concertation. Le secteur exige également la mise sur pied d'un cadre viable et rentable sur le long terme et accompagné de mesures de soutien, une vision basée sur des faits sur lesquels ils peuvent s'appuyer en lieu et place de cette "politique du yoyo".

Plus de 90 cinémas, théâtres, salles de concert et centres culturels à Bruxelles et en Wallonie décident de braver la fermeture et de rester ouverts. Sur la liste, disponible sur le site Still Standing for Culture, on retrouve un grand nombre de cinémas et de théâtres, situés surtout à Bruxelles, à Liège, et à Namur.

Recours devant le Conseil d'État

Mardi matin, une dizaine d'associations culturelles ainsi que la Ligue des Droits Humains (LDH) annoncent un recours en annulation ainsi qu'une demande de suspension et de mesures provisoires en extrême urgence auprès du Conseil d'État. "Ce recours vise ni plus ni moins que l'annulation de la décision prise par le Comité de Concertation (Codeco) du 22 décembre dernier, et de l'arrêté royal qui la formalise, de fermer toutes les salles de spectacles et de cinéma. Cette mesure est en effet infondée, injuste et complètement disproportionnée", indique la Fédération des employeurs des arts de la scène (FEAS).

Au même moment, une rencontre virtuelle organisée entre le ministre fédéral de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit) et le monde culturel tourne au dialogue de sourds. "Le ministre Vandenbroucke ne veut pas bouger d'un iota", déplore Philippe Degeneffe, président de la Fédération des employeurs des arts de la scène (FEAS) qui espérait convoquer un Comité de concertation en extrême urgence pour revoir les mesures.

Mardi soir, suite au recours introduit en extrême urgence par un membre de Sgaranelle Production, dont les spectacles étaient prévus les 28, 29 et 30 décembre au centre culturel d'Auderghem, le Conseil d'État ordonne la suspension des fermetures des lieux culturels. Il juge la mesure du Comité de concertation "disproportionnée". Deux autres actions en justice, le recours introduit devant le Conseil d'État par la FEAS, et une citation en référé devant le tribunal de première instance de Bruxelles introduite par la la SACD (Société des auteurs et compositeurs dramatiques), la Scam (Société civile des auteurs multimedia) et d'autres organisations sont toujours en cours.

Très embarrassante

Réuni en urgence mardi soir, le Conseil des ministres restreint (kern) annonce un Comité de concertation électronique en vue d'une réouverture du secteur culturel. Il s'agit d'une véritable gifle pour les autorités qui se voient obligées de revenir sur leur décision. "C'est très embarrassant. La confiance était déjà faible, et elle en prend encore un coup. Il est encore temps de travailler sur la résurgence. Je ne peux qu'espérer que les vacances de Noël mèneront à la réflexion. Qu'un certain nombre de personnes se mettent d'accord sur la manière dont nous allons gérer cette situation.", déclare le politologue Carl Devos à la VRT.

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Deux jours avant Noël, malgré les indicateurs de l'épidémie en baisse, le Comité de concertation décide de fermer les cinémas, les théâtres et les salles de spectacle dans le but de freiner la vague Omicron attendue les prochaines semaines. Les acteurs culturels avaient déjà pourtant été peu épargnés par le Comité de concertation du 3 décembre dernier qui avait fixé la limite de spectateurs à 200 en plus de toute une série d'autres mesures devant garantir la sécurité des spectateurs. Fureur et incompréhension Immédiatement, la décision du Comité de concertation suscite un tollé, pas seulement dans le monde culturel, mais aussi parmi les politiques et les virologues. Les larmes aux yeux, l'épidémiologiste Marius Gilbert évoque ainsi un marchandage politique. "La rupture de confiance (NDLR : avec le politique) est totale et elle intervient à un moment où l'on en a le plus besoin!", déclare-t-il sur la Première.La ministre de la Culture de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Bénédicte Linard (Ecolo), se distancie également de la mesure: "Je veux surtout m'adresser aux professionnels de la culture une nouvelle fois injustement ciblés et discriminés, qui voient des mois de travail réduits à néant. Je partage votre incompréhension. Je continuerai de vous soutenir quoiqu'il en coûte."Dimanche, malgré la pluie, 5 000 personnes se rassemblent au Mont des Arts à Bruxelles pour manifester leur soutien à la culture et dénoncer les mesures du Comité de concertation. Le secteur exige également la mise sur pied d'un cadre viable et rentable sur le long terme et accompagné de mesures de soutien, une vision basée sur des faits sur lesquels ils peuvent s'appuyer en lieu et place de cette "politique du yoyo".Plus de 90 cinémas, théâtres, salles de concert et centres culturels à Bruxelles et en Wallonie décident de braver la fermeture et de rester ouverts. Sur la liste, disponible sur le site Still Standing for Culture, on retrouve un grand nombre de cinémas et de théâtres, situés surtout à Bruxelles, à Liège, et à Namur.Recours devant le Conseil d'État Mardi matin, une dizaine d'associations culturelles ainsi que la Ligue des Droits Humains (LDH) annoncent un recours en annulation ainsi qu'une demande de suspension et de mesures provisoires en extrême urgence auprès du Conseil d'État. "Ce recours vise ni plus ni moins que l'annulation de la décision prise par le Comité de Concertation (Codeco) du 22 décembre dernier, et de l'arrêté royal qui la formalise, de fermer toutes les salles de spectacles et de cinéma. Cette mesure est en effet infondée, injuste et complètement disproportionnée", indique la Fédération des employeurs des arts de la scène (FEAS).Au même moment, une rencontre virtuelle organisée entre le ministre fédéral de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit) et le monde culturel tourne au dialogue de sourds. "Le ministre Vandenbroucke ne veut pas bouger d'un iota", déplore Philippe Degeneffe, président de la Fédération des employeurs des arts de la scène (FEAS) qui espérait convoquer un Comité de concertation en extrême urgence pour revoir les mesures.Mardi soir, suite au recours introduit en extrême urgence par un membre de Sgaranelle Production, dont les spectacles étaient prévus les 28, 29 et 30 décembre au centre culturel d'Auderghem, le Conseil d'État ordonne la suspension des fermetures des lieux culturels. Il juge la mesure du Comité de concertation "disproportionnée". Deux autres actions en justice, le recours introduit devant le Conseil d'État par la FEAS, et une citation en référé devant le tribunal de première instance de Bruxelles introduite par la la SACD (Société des auteurs et compositeurs dramatiques), la Scam (Société civile des auteurs multimedia) et d'autres organisations sont toujours en cours. Très embarrassante Réuni en urgence mardi soir, le Conseil des ministres restreint (kern) annonce un Comité de concertation électronique en vue d'une réouverture du secteur culturel. Il s'agit d'une véritable gifle pour les autorités qui se voient obligées de revenir sur leur décision. "C'est très embarrassant. La confiance était déjà faible, et elle en prend encore un coup. Il est encore temps de travailler sur la résurgence. Je ne peux qu'espérer que les vacances de Noël mèneront à la réflexion. Qu'un certain nombre de personnes se mettent d'accord sur la manière dont nous allons gérer cette situation.", déclare le politologue Carl Devos à la VRT. Lire aussi: