Les préformateurs Egbert Lachaert (Open VLD) et Conner Rousseau (SP.A) ont réussi à "restaurer la confiance" entre les sept partis de la Vivaldi. La Vivaldi est sauvée après que le président du MR ait accepté une proposition de compromis mise sur la table par le duo, en accord avec les six autres partis.
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Les préformateurs Egbert Lachaert (Open VLD) et Conner Rousseau (SP.A) ont réussi à "restaurer la confiance" entre les sept partis de la Vivaldi. La Vivaldi est sauvée après que le président du MR ait accepté une proposition de compromis mise sur la table par le duo, en accord avec les six autres partis.En soirée, le roi Philippe a "mis fin à leur mission et a exprimé son appréciation pour le travail accompli". Sur base leur rapport, le Roi a désigné Messieurs Paul Magnette et Alexander De Croo co-formateurs, précise le palais royal. Ils ont accepté cette mission et feront rapport au Roi le 28 septembre."Les préformateurs ont été reçus à 18h40 au palais pour signifier au roi que la fumée est blanche. Une séance plénière aura lieu demain entre les sept partis de la Vivaldi (socialistes, libéraux, écologistes et CD&V), sous la direction, désormais, du nouveau duo Magnette - De Croo. La désignation d'un duo est la preuve que la question du ou de la future Premier.ère ministre n'est pas tranchée. Dans une déclaration commune, le nouveau duo à la barre souligne ses ambitions: donner au pays "un gouvernement fédéral stable et solide", mais aussi "une issue à la crise" du coronavirus, "un chemin pour aller de l'avant". "Sept partis à la table des négociations se sont engagés à porter ensemble un projet en faveur d'un pays soucieux du bien-être de tous, ne laissant personne de côté, en faveur d'une économie forte où chacun a de vraies chances, et en faveur d'une société durable qui prend à bras-le-corps la crise climatique. Une Belgique portant un regard ouvert sur le monde et une voie forte en Europe", déclarent encore le socialiste et le libéral. Ils veulent des "responsables politiques respectueux, instillant la confiance et recherchant des solutions". Très rapidement après l'annonce des noms des co-formateurs, l'information circulait dans la presse que le MR était en réalité catégoriquement opposé à ce que Paul Magnette devienne formateur de la prochaine équipe, souhaitant éviter le socialiste carolo au 16. Cet élément est officiellement démenti par le parti libéral francophone en soirée, où l'on se dit content de la présence d'Alexander De Croo dans l'équipe et affirme ne pas vouloir raviver les tensions, ni commenter une décision du Palais. Avant cela, la Vivaldi a vécu une nouvelle journée d'incertitude.A son arrivée, mercredi en fin de matinée, Jean-Marc Nollet, coprésident Ecolo, était modérément optimiste: "On espère passer aujourd'hui à une étape ultérieure. Les éléments sont sur la table pour avancer et passer à la formation." Il précisait aussi: "La prochaine étape c'est un ou deux formateurs." En milieu d'après-midi, les préformateurs ont ensuite longuement reçu Georges-Louis Bouchez, président du MR, en ayant un accord de tous sur les décisions de base pour le futur gouvernement. La proposition de compromis concernait le social, les investissements dans les soins de santé, l'éthique, l'institutionnel, le nucléaire, le budgétaire et le fiscal. Les grands axes sont les suivants: des avancées sociales et la pension à 1500 euros pour le PS, les promesses éthiques et institutionnelles pour le CD&V, un pacte climatique et la confirmation du stop nucléaire pour les verts, une réforme du marché du travail et une trajectoire budgétaire pour les libéraux.C'est peu dire que la pression était maximale sur le numéro un libéral. S'il marquait son accord, une plénière pourra être organisée et une étape franchie vers la formation.Peu avant 16h30, jeudi, le groupe MR du Sénat et d'autres comptes libéraux ont lâché un singulier message sur Twitter: "Impôt sur la fortune, cadastre du patrimoine, secret bancaire: les totems que Bouchez refuse de lâcher à Magnette et Rousseau". Pas par hasard: le bras de fer se jouait, aussi, sur les symboles. La garantie obtenue par le libéral serait la suivante: pas de nouveaux impôts et une trajectoire budgétaire rigoureuse.Finalement, juste après, à 16h35, l'information filtrait selon laquelle Georges-Louis Bouchez avait donné son accord au compromis proposé.Dès la fin de matinée, des sources en Flandre affirmaient déjà que le duo de formateurs pourrait consister en un tandem Paul Magnette (PS) - Alexander De Croo (Open VLD). Les deux hommes tiennent désormais la corde pour obtenir le poste de Premier ministre, un choix qui n'est donc pas tranché entre les sept partis de la Vivaldi. La confiance renouée entre les présidents de parti permettra-t-elle de franchir ce nouvel écueil sans mal?Car la confiance a pris du temps à être restaurée après le psychodrame des derniers jours, raconté dans un récit surréaliste de notre journaliste Nicolas De Decker."La confiance se perd en litres et se gagne en gouttes", tweetait malicieusement ce jeudi matin Frédéric Daerden, numéro un du PS à la Fédération Wallonie-Bruxelles. Interrogé hier soir, son président de parti, Paul Magnette, soulignait qu'on "travaillait à restaurer la confiance" en listant les points qui ont fâché durant la négociation pour tenter d'y remédier. Mais au fond, que signifie vraiment ces mots: "restaurer la confiance"? C'est une question d'attitude à la table, mais aussi, forcément, de concessions. Egbert Lachaert (Open VLD) disait ce matin avoir "travaillé sur les textes" avec les uns et les autres pour contribuer à rendre l'atmosphère plus sereine. Une façon de laisser décanter, avant les arbitrages qui fâchent.Sous pression maximale, Georges-Louis Bouchez a rencontré son homologue libéral Egbert Lachaert, mardi soir. Son message, désormais? "On doit rester professionnels et dépasser les questions de personnes". Significativement, le président du MR n'a plus insisté sur la revendication du poste de Premier ministre pour Sophie Wilmès lorsqu'un journaliste de la RTBF l'interrogeait à ce sujet, mardi soir en courant sur le trottoir devant le siège du parti: "L'important, pour nous, c'est le fond".Fallait-il y lireun autre "troc" qui a restauré ladite confiance? Dans notre récit des coulisses de la journée de dimanche, qui a basculé dans la crise, il est question d'un échange virulent entre Paul Magnette et Georges-Louis Bouchez sur le nom du futur locataire du Seize. Selon nos informations, de première main, il était bien question d'un potentiel "veto" libéral pour l'accession de Paul Magnette à la fonction suprême. En laissant tomber cette aspiration forte, le MR pourra-t-il peser davantage sur les derniers arbitrages ?"La confiance se perd en litres et se gagne en gouttes": avec ce message subliminal, les socialistes laissaient entendre qu'ils n'étaient guère prêts à concéder, tant l'attitude du roi-soleil libéral les a exaspérés. La journée, finalement, a porté conseil et apaisé les esprits.