Samedi, un homme de 42 ans a été tué dans un parc de Beveren pour des motifs présumés homophobes. L'enquête est en cours et le parquet de Flandre orientale n'a, pour l'instant, pas confirmé le mobile du crime, précisant lundi que "toutes les pistes étaient étudiées" alors que plusieurs médias flamands pointaient dimanche un crime homophobe, où la victime aurait été attirée dans le parc au prétexte d'un rendez-vous via une application de rencontre. Le parquet n'a ni confirmé ni infirmé cette information jusqu'à présent. Il a par contre indiqué lundi après-midi que les trois suspects auditionnés étaient âgés de 16 et 17 ans, et qu'ils s'étaient rendus eux-mêmes à la police.

Les faits ont provoqué un vif émoi et l'indignation du monde politique notamment. Si le mobile homophobe était confirmé, il s'agirait alors du deuxième crime de ce genre perpétré en Belgique, après l'assassinat d'Ihsane Jarfi à Liège en 2012. Cependant, les chiffres restent pauvres concernant les violences homophobes rapportées, souligne Çavaria. Ceux publiés par la police fédérale ne concernent que les infractions à la loi anti-discrimination. Les codes-faits ne sont d'ailleurs pas assez détaillés pour reconnaître ces violences comme des crimes de haine.

Cette absence de données fiables sur les violences et discriminations "nous empêche d'observer les évolutions", explique la coupole. Ainsi, une augmentation des faits rapportés peut signifier une hausse des déclarations de la part des victimes comme un meilleur enregistrement de la part des autorités, note-t-elle.

Le manque de données actuelles sur le nombre de déclarations de faits de violence en raison de l'orientation sexuelle cache en outre un problème supplémentaire: très peu de ces faits sont rapportés à la police. Certaines victimes ont intégré ces violences comme n'étant "pas si graves", d'autres ne font pas confiance aux autorités et pensent que de tels actes ne feront pas l'objet d'une enquête et ne seront pas poursuivis. D'autres encore ont peur d'aggraver la situation en dévoilant leur orientation sexuelle à la police ou en portant plainte.

Çavaria plaide dès lors pour faire sortir de l'ombre ces violences en rendant la discrimination plus visible. "On ne peut pas se contenter de demander aux victimes de déclarer plus souvent les faits qu'elles subissent. Il est donc crucial de connaître les raisons pour lesquelles elles ne les déclarent pas et d'y travailler." La coupole de défense des droits des personnes LGBTQI+ insiste en outre sur l'importance de former la police à la diversité sexuelle et de genre.

Unia ouvre un dossier sur ces "faits atroces"

Le centre interfédéral pour l'égalité des chances Unia a annoncé ouvrir un dossier concernant "les faits atroces" que constituent l'assassinat d'un homme de 42 ans samedi dans un parc de Beveren, en Flandre orientale, dont le mobile pourrait être homophobe. Le parquet de Flandre orientale n'a, jusqu'à présent, ni infirmé ni confirmé le mobile homophobe. "Il est possible que cet homme de 42 ans, ouvertement homosexuel, ait été victime de personnes homophobes", selon Unia. "L'homophobie reste un problème très concret en Belgique.

Les actes homophobes qui ont des conséquences mortelles restent généralement rares dans notre pays mais certaines personnes en meurent encore. Chacun se rappelle la manière dont Ihsane Jarfi a été tué en 2012." Le jeune homme de 32 ans avait disparu la nuit du 22 avril. Il avait été retrouvé mort le 1er mai 2012 dans la région de Tinlot. Ses quatre agresseurs avaient été reconnus coupables d'assassinat (pour trois d'entre eux) et meurtre (pour le dernier) avec la circonstance aggravante d'homophobie, ainsi que de traitements inhumains, dégradants et de détention arbitraire. "La même année, le sexagénaire Jacques Kotnik avait été tué à coups de marteau dans un parc à Liège", rappelle le centre interfédéral.

En 2019, Unia a enregistré 17 cas de coups et blessures à caractère homophobe. En 2020, 12 déclarations ont été recensées pour ce type de faits, ainsi qu'un homicide. "Ces chiffres ne montrent qu'un pan restreint de la réalité puisque tous les cas ne nous parviennent pas ou ne sont rapportés à la police", conclut Unia.

Samedi, un homme de 42 ans a été tué dans un parc de Beveren pour des motifs présumés homophobes. L'enquête est en cours et le parquet de Flandre orientale n'a, pour l'instant, pas confirmé le mobile du crime, précisant lundi que "toutes les pistes étaient étudiées" alors que plusieurs médias flamands pointaient dimanche un crime homophobe, où la victime aurait été attirée dans le parc au prétexte d'un rendez-vous via une application de rencontre. Le parquet n'a ni confirmé ni infirmé cette information jusqu'à présent. Il a par contre indiqué lundi après-midi que les trois suspects auditionnés étaient âgés de 16 et 17 ans, et qu'ils s'étaient rendus eux-mêmes à la police. Les faits ont provoqué un vif émoi et l'indignation du monde politique notamment. Si le mobile homophobe était confirmé, il s'agirait alors du deuxième crime de ce genre perpétré en Belgique, après l'assassinat d'Ihsane Jarfi à Liège en 2012. Cependant, les chiffres restent pauvres concernant les violences homophobes rapportées, souligne Çavaria. Ceux publiés par la police fédérale ne concernent que les infractions à la loi anti-discrimination. Les codes-faits ne sont d'ailleurs pas assez détaillés pour reconnaître ces violences comme des crimes de haine. Cette absence de données fiables sur les violences et discriminations "nous empêche d'observer les évolutions", explique la coupole. Ainsi, une augmentation des faits rapportés peut signifier une hausse des déclarations de la part des victimes comme un meilleur enregistrement de la part des autorités, note-t-elle. Le manque de données actuelles sur le nombre de déclarations de faits de violence en raison de l'orientation sexuelle cache en outre un problème supplémentaire: très peu de ces faits sont rapportés à la police. Certaines victimes ont intégré ces violences comme n'étant "pas si graves", d'autres ne font pas confiance aux autorités et pensent que de tels actes ne feront pas l'objet d'une enquête et ne seront pas poursuivis. D'autres encore ont peur d'aggraver la situation en dévoilant leur orientation sexuelle à la police ou en portant plainte. Çavaria plaide dès lors pour faire sortir de l'ombre ces violences en rendant la discrimination plus visible. "On ne peut pas se contenter de demander aux victimes de déclarer plus souvent les faits qu'elles subissent. Il est donc crucial de connaître les raisons pour lesquelles elles ne les déclarent pas et d'y travailler." La coupole de défense des droits des personnes LGBTQI+ insiste en outre sur l'importance de former la police à la diversité sexuelle et de genre.