Maman disait toujours: "On ne parle pas sans savoir." Et les mamans - en particulier celle-là (coucou! ) - ont toujours raison. Alors sa progéniture, par exemple, a pris l'habitude de ne pas disserter, disons, sur l'équitation, n'ayant jamais posé son séant sur un cheval. Ni sur le cours du bitcoin, n'y ayant jamais investi un centime, pas plus que sur la biochimie moléculaire, non enseignée dans les facultés de journalisme.
...

Maman disait toujours: "On ne parle pas sans savoir." Et les mamans - en particulier celle-là (coucou! ) - ont toujours raison. Alors sa progéniture, par exemple, a pris l'habitude de ne pas disserter, disons, sur l'équitation, n'ayant jamais posé son séant sur un cheval. Ni sur le cours du bitcoin, n'y ayant jamais investi un centime, pas plus que sur la biochimie moléculaire, non enseignée dans les facultés de journalisme. En tant que nullipare propriétaire d'un (très mignon) petit Vernon (1), toutes les conditions sont par contre remplies pour discuter femmes qui n'ont pas d'enfant mais qui possèdent un chat. Inintéressant? Probablement, mais pas selon ce bon vieux Jorge Mario Bergoglio (aka pape François) qui n'apprécie apparemment ni les unes ni les autres. Et qui s'étend sur des sujets qu'il ne connaît pas: il est, certes, le père de tous les enfants de Dieu mais aucun n'est issu de sa petite graine, aux dernières nouvelles, et réfléchir à Jésus non-stop laisse sans doute peu de temps pour aller promener le chien. Sa mère ne lui a-t-elle donc rien appris?Car le souverain pontife s'est fendu, le 5 janvier, lors de sa première audience générale de l'année, d'une étonnante digression sur ceux qui refusent de procréer tandis qu'ils s'occupent d'un animal de compagnie. "On constate une forme d'égoïsme. Certains ne veulent pas d'enfant. Ils ont des chiens et des chats qui prennent la place des enfants. [...] Nier la paternité et la maternité nous diminue." Amen? Ah, mais non. Un peu d'honnêteté, d'abord. Les mecs qui refusent de se reproduire, nul n'en a jamais rien eu à secouer. La liberté de choix leur est acquise, y compris la liberté de se barrer en cas de regret. "Oups, pardon, j'aurais pas dû faire un gosse, désolé c'est pas pour moi, je te le laisse et je vais refaire ma vie ailleurs, OK? Ciao!" Alors qu'une mère qui abandonnerait son rejeton devrait presque changer d'identité pour ne pas être lynchée. Le remord de maternité, l'un des derniers grands tabous de la société. Donc, c'est bien du ventre des femmes qu'il s'agit. Obsession des religions. Le remplir, le remplir, le remplir, pour assigner la moitié de l'humanité aux tâches exercées depuis des millénaires.En vérité, avant, les femmes n'avaient probablement rien de mieux à faire. Aucun autre moyen d'épanouissement, d'accomplissement que d'éduquer deux ou trois gosses - récurer les casseroles n'a rien de valorisant. Désormais, malheur!, elles étudient. Font carrière. Aiment voyager à l'autre bout du monde. Faire de l'équitation ou investir dans le bitcoin. Et ne ressentent juste pas le besoin de materner. Besoin qui n'a rien de naturel. Le soi-disant amour puissant d'une maman envers son enfant se construit, il n'a rien d'immanent. Les trentenaires qui, à leur grand âge, n'ont pas (encore) proliféré, entendent la fameuse question - pourquoi tu ne veux pas d'enfant? - aussi régulièrement que sonnent les cloches des églises. Etrangement, personne ne songe à interroger les parents sur leurs motivations. Par envie, vraiment? Ou par pression sociale? Parce que tout le monde fait ça? Par inconscience? Pour faire plaisir? Pour toucher plus d'allocations familiales? Pour sauver une relation mal en point? Pour mettre le grappin sur son compagnon? Par crainte de vieillir seuls? Adopter un chat est, parfois, un comportement moins égoïste qu'on le croit.