La missionnaire royal Egbert lachaert (Open VLD) dispose d'une semaine pour tenter de forcer le début d'une solution dans l'interminable crise fédérale belge. Il doit déjà faire rapport au roi ce vendredi 28 août. Comme nous l'écrivions rapidement après sa désignation et la fin de la mission De Wever - Magnette, il travaillerait sur la base d'un arc-en-ciel (socialistes, libéraux, écologistes), avec l'espoir de l'élargir au CD&V, voire à d'autres familles politiques.
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La missionnaire royal Egbert lachaert (Open VLD) dispose d'une semaine pour tenter de forcer le début d'une solution dans l'interminable crise fédérale belge. Il doit déjà faire rapport au roi ce vendredi 28 août. Comme nous l'écrivions rapidement après sa désignation et la fin de la mission De Wever - Magnette, il travaillerait sur la base d'un arc-en-ciel (socialistes, libéraux, écologistes), avec l'espoir de l'élargir au CD&V, voire à d'autres familles politiques.Le CD&V a posé ses conditions et restera le parti le plus compliqué à convaincre, mais les libéraux eux-mêmes doivent imposer leur marque... sans indisposer les socialistes. Voilà la nouvelle quadrature du cercle.Diplomatiquement, le secrétaire d'Etat libéral flamand Philippe De Backer (Open VLD) affirmait ce lundi matin qu'e son président de parti rencontrait tous les partis, avec l'espoir de composer la majorité la plus large possible - comme le lui demande le palais royal. Mais l'option "sans la N-VA" tiendrait bien la corde après les mots durs de son président, Bart De Wever, à l'encontre des libéraux et en raison du menu institutionnel corsé qu'un dialogue N-VA / PS induit. Le même Philippe De Backer ajoutait ce matin: "La note De Wever / Magnette était trop rouge sur le plan socio-économique et trop jaune sur le plan communautaire. Egbert Lachaert cherche des partis pour rendre notre partis pour rendre notre pays plus efficace, améliorer le marché du travail et la fiscalité, et mener une politique de relance." Du slogan, bien sûr, mais qui pointe du doigt les aménagements nécessaires.Ce week-end, le président du CD&V, Joachim Coens, a laissé entendre qu'il privilégiait toujours une coalition associant N-VA et PS. Tout en posant les conditions de son parti pour participer à une éventuelle Vivaldi: "Si c'est un agenda éthique arc-en-ciel à la sauce belgicaine qui les réunit, ce sera sans nous." La première est donc d'ordre éthique. En ligne de mire, il y a cette volonté parlementaire d'élargir les conditions de l'IVG qui a heurté les sociaux-chrétiens flamands au début de l'été: le CD&V exige que cette volonté soit gelée ou fortement amendée. Plus largement, le parti craint que l'association des trois familles de l'arc-en-ciel ne génère une évolution éthique forte comme ce fut le cas au début des années 2000, dans les gouvernements Verhofstadt. L'époque, il est vrai, était différente: il s'agissait alors de marquer précisément une rupture en profitant de l'absence historique des sociaux-chrétiens du pouvoir fédéral Ici, le contexte est tout autre: le CD&V est plus que le bienvenu à bord.Le menu "belgicain", lui, vise les libéraux, singulièrement, et les écologistes, qui ne verraient pas d'un mauvais oeil une Belgique "plus efficace" via des régionalisations, peut-être, mais surtout une série de refédéralisations (notamment dans le domaine de la santé). Sans être aussi radical que la N-VA, le CD&V reste ancré dans sa logique très fédéraliste, voire confédéraliste, entamée en 1999 avec la note du ministre-président Luc Van den Brande.Le CD&V joue gros et devra, la cas échéant, être rassuré. Sa présence n'est pas anecdotique car, sans lui, la majorité fédérale se ferait... sans les trois premiers partis flamands (N-VA, Vlaams Belang et CD&V). L'automne dernier, lors de la première tentative de Vivaldi, le MR faisait d'ailleurs de sa participation une condition.Mais on le dit moins: les libéraux, eux aussi, jouent gros dans l'aventure arc-en-ciel. Ils ont certes renoué avec les écologistes et développé une sorte de "nouvel axe" avec eux. Mais les différences restent très importantes avec les verts, qui se situent très à gauche sur le plan socio-économique. Ce week-end, le président du MR, Georges-Louis Bouchez, soulginait que la principale fracture du pays n'était pas celle qui prévaut entre la Flandre et la Wallonie, mais bien entre la droite et la gauche. Pas faux, mais les deux se recoupent plus que partiellement, la Flandre penchant bien plus à droite, et si le menu de la note N-VA / PS était trop jaune sur le plan institutionnel, elle était donc bien trop rouge pour les bleus sur le plan fiscal et socio-éonomique.L'enjeu pour le MR, en montant dans une telle majorité, sera d'obtenir suffisamment d'avancées de la part de ses partenaires socialistes et écologistes pour ne pas froisser sa base. De ce point de vue, l'alliance des libéraux avec la N-VA et le CD&V, en laissant le communautaire au frigo, était sans doute plus naturelle. Rien n'est jamais simple en politique belge.