De la ferme à la fourchette, voilà qui résume le circuit que doivent prendre nos politiques alimentaires et agricoles et que réclament de plus en plus de citoyen.ne.s. La relocalisation de la production agricole et alimentaire est un levier puissant pour assurer notre souveraineté alimentaire, garantir des revenus décents pour les agriculteurs et les agricultrices du Nord comme du Sud, lutter contre le dérèglement climatique et mettre fin à la destruction de la biodiversité.

Depuis des décennies, la politique agricole européenne, qui représente 30% de son budget avec 50 milliards d'euros par an, entraîne le secteur agricole vers un déclin structurel, le poussant à l'endettement, à la spécialisation et à l'orientation vers des marchés d'exportation. Pourtant, l'Europe est actuellement importatrice nette de calories alimentaires et le nombre de fermes diminue encore. En 25 ans, deux tiers des fermes wallonnes ont arrêté, avec à la clé la perte de 50% des emplois du secteur. De plus, l'usage intensif de produits pétrochimiques et les pratiques agro-industrielles ont fortement détruit la biodiversité, la qualité des sols et des eaux et contribué au dérèglement climatique. L'agriculture elle-même en paie le prix fort aujourd'hui, étant tributaire des inondations, des sécheresses et des maladies.

Réorienter les aides

Un changement est nécessaire et urgent. Nous savons que nourrir l'humanité est un métier et que nous avons la responsabilité politique historique de faire de l'Europe une terre nourricière et prête à affronter les défis climatiques et sociaux des prochaines décennies. Il est donc temps de ne plus opposer le Pacte vert européen aux agriculteurs et agricultrices, car la solution se trouve précisément dans l'union entre les agriculteurs et les écosystèmes pour réparer notre système alimentaire, avec les consommateurs. C'est pourquoi nous soutenons la stratégie de la Ferme à la Fourchette qui vise un meilleur équilibre alimentaire pour notre santé, une juste rémunération des agriculteurs et agricultrices et la protection de la biodiversité. Elle prévoit la réduction de 50% des pesticides, de 50% des antibiotiques et de 20% de fertilisants d'ici 2030, tout comme l'augmentation de la surface agricole en agriculture biologique pour atteindre 25% de celle-ci.

Il est donc temps de réorienter les aides publiques de la PAC pour en faire un levier central du Pacte vert. Nous estimons que 50% du budget (les éco-régimes) doit être consacré à la protection des écosystèmes dont l'agriculture est dépendante pour exister. L'autre moitié du budget (les paiements directs) doit être dédiée à des aides équitables aux agriculteurs et agricultrices. Alors que jusqu'à présent les industries agricoles les plus grandes (20%) captent 80% des aides, il est temps de soutenir équitablement les petites et moyennes fermes, pour stopper le déclin du nombre d'agriculteurs actifs.

Le grands écart de certains eurodéputé.e.s

Au lendemain du vote au Parlement européen fixant le cap pour l'agriculture européenne sur le modèle de la "Ferme à la fourchette", les regards se tournent désormais vers tous ceux (côté belge: les libéraux et les chrétiens-démocrates) qui s'apprêtent à faire le grand écart en votant d'ici quelques semaines pour une politique agricole européenne qui n'est pas à la hauteur. Dans sa version actuelle, la PAC maintient un statu quo pour les sept prochaines années. Un statu quo mortifère pour nos agriculteurs et nos écosystèmes, les deux piliers sur lesquels reposent notre système et notre sécurité alimentaires.

Saskia Bricmont, membre de la commission du Commerce international au Parlement européen

Philippe Lamberts, co-président du groupe Verts/ALE au Parlement européen

Benoit Biteau, membre de la commission de l'Agriculture au Parlement européen

Tilly Metz, membre suppléante de la commission de l'Agriculture au Parlement européen

Le titre est de la rédaction. Titre original: "Un circuit alimentaire de la ferme à la fourchette, la seule voie d'une PAC durable"

De la ferme à la fourchette, voilà qui résume le circuit que doivent prendre nos politiques alimentaires et agricoles et que réclament de plus en plus de citoyen.ne.s. La relocalisation de la production agricole et alimentaire est un levier puissant pour assurer notre souveraineté alimentaire, garantir des revenus décents pour les agriculteurs et les agricultrices du Nord comme du Sud, lutter contre le dérèglement climatique et mettre fin à la destruction de la biodiversité.Depuis des décennies, la politique agricole européenne, qui représente 30% de son budget avec 50 milliards d'euros par an, entraîne le secteur agricole vers un déclin structurel, le poussant à l'endettement, à la spécialisation et à l'orientation vers des marchés d'exportation. Pourtant, l'Europe est actuellement importatrice nette de calories alimentaires et le nombre de fermes diminue encore. En 25 ans, deux tiers des fermes wallonnes ont arrêté, avec à la clé la perte de 50% des emplois du secteur. De plus, l'usage intensif de produits pétrochimiques et les pratiques agro-industrielles ont fortement détruit la biodiversité, la qualité des sols et des eaux et contribué au dérèglement climatique. L'agriculture elle-même en paie le prix fort aujourd'hui, étant tributaire des inondations, des sécheresses et des maladies.Un changement est nécessaire et urgent. Nous savons que nourrir l'humanité est un métier et que nous avons la responsabilité politique historique de faire de l'Europe une terre nourricière et prête à affronter les défis climatiques et sociaux des prochaines décennies. Il est donc temps de ne plus opposer le Pacte vert européen aux agriculteurs et agricultrices, car la solution se trouve précisément dans l'union entre les agriculteurs et les écosystèmes pour réparer notre système alimentaire, avec les consommateurs. C'est pourquoi nous soutenons la stratégie de la Ferme à la Fourchette qui vise un meilleur équilibre alimentaire pour notre santé, une juste rémunération des agriculteurs et agricultrices et la protection de la biodiversité. Elle prévoit la réduction de 50% des pesticides, de 50% des antibiotiques et de 20% de fertilisants d'ici 2030, tout comme l'augmentation de la surface agricole en agriculture biologique pour atteindre 25% de celle-ci.Il est donc temps de réorienter les aides publiques de la PAC pour en faire un levier central du Pacte vert. Nous estimons que 50% du budget (les éco-régimes) doit être consacré à la protection des écosystèmes dont l'agriculture est dépendante pour exister. L'autre moitié du budget (les paiements directs) doit être dédiée à des aides équitables aux agriculteurs et agricultrices. Alors que jusqu'à présent les industries agricoles les plus grandes (20%) captent 80% des aides, il est temps de soutenir équitablement les petites et moyennes fermes, pour stopper le déclin du nombre d'agriculteurs actifs.Au lendemain du vote au Parlement européen fixant le cap pour l'agriculture européenne sur le modèle de la "Ferme à la fourchette", les regards se tournent désormais vers tous ceux (côté belge: les libéraux et les chrétiens-démocrates) qui s'apprêtent à faire le grand écart en votant d'ici quelques semaines pour une politique agricole européenne qui n'est pas à la hauteur. Dans sa version actuelle, la PAC maintient un statu quo pour les sept prochaines années. Un statu quo mortifère pour nos agriculteurs et nos écosystèmes, les deux piliers sur lesquels reposent notre système et notre sécurité alimentaires.Saskia Bricmont, membre de la commission du Commerce international au Parlement européenPhilippe Lamberts, co-président du groupe Verts/ALE au Parlement européenBenoit Biteau, membre de la commission de l'Agriculture au Parlement européenTilly Metz, membre suppléante de la commission de l'Agriculture au Parlement européenLe titre est de la rédaction. Titre original: "Un circuit alimentaire de la ferme à la fourchette, la seule voie d'une PAC durable"