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Dans dix ans, notre pays fêtera ses 200 ans. Nous pourrons, alors, être fiers de ce que nous aurons accompli et voir l'avenir avec confiance. Ce rendez- vous de 2030, préparons-le ensemble. " C'est en ces termes que le roi Philippe a conclu, le 30 janvier dernier, ses voeux aux autorités politiques, juridiques, économiques et académiques du pays. Ces phrases volontaristes, prononcées dans les trois langues nationales pour en souligner l'importance aux yeux du Palais, ont fait sourire certains dans l'assistance. Les leaders nationalistes flamands n'étaient pourtant pas nombreux ce matin-là sous les ors du Palais : le seul N-VA présent dans la salle était Jan Jambon, venu en tant que ministre-président flamand. Si le discours royal a suscité quelques moues ironiques, c'est parce que la perspective d'un bicentenaire préparé " ensemble ", nord et sud du royaume unis, est apparue en complet décalage avec l'impasse politique du moment. La détermination du souverain a résonné dans le vide, après des mois d'exclusives conduisant à la paralysie des négociations pour la formation d'un gouvernement fédéral. Les téléspectateurs qui ont vu Bye Bye Belgium s'en souviennent : le docufiction du 13 décembre 2006 commençait avec l'annonce, en direct du Palais royal, de la fuite à l'étranger du roi, de la reine et de leurs proches. Au dire du reporter de la RTBF, ils avaient rejoint l'aéroport de Melsbroek et embarqué dans un avion de la Défense, tandis que le drapeau belge du Palais royal avait, " de façon symbolique ", été abaissé. Ce départ précipité du pays était présenté comme un " coup de colère " du souverain, qui s'était déclaré dans l'impossibilité de régner à la suite de la déclaration unilatérale d'indépendance de la Flandre. Un scénario uchronique qui montre à quel point la survie de l'Etat belge et l'avenir de la monarchie sont, dans l'imaginaire collectif, intimement liés. A dix ans du bicentenaire du pays, Caroline Sägesser, chargée de recherches au Centre de recherche et d'information socio- politiques (Crisp), Vincent Dujardin (UCLouvain) et Francis Balace (ULiège), tous deux historiens et spécialistes de la royauté, passent en revue les atouts et fragilités de la monarchie belge. " Les fortes tensions communautaires qui sont les nôtres depuis au moins une dizaine d'années peuvent conduire certains à mettre en doute le fait que la Belgique "vive" assez longtemps pour célébrer ses 200 ans ", convient Caroline Sägesser. En revanche, nul n'envisage l'éventualité d'une Belgique qui fêterait son bicentenaire en 2030 et ne célébrerait pas, aussi, celui de la monarchie, deux siècles après la prestation de serment de Léopold Ier, le 21 juillet 1831. Le pays et sa dynastie sont indissolublement liés dans l'esprit des Belges, même dans celui de nos concitoyens qui se disent ou se pensent républicains. " Selon Vincent Dujardin, " Philippe pense déjà à 2030 et aux 200 ans du pays, mais il porte également une grande attention aux défis du moment, comme la crise du Covid-19, avec des visites dans les secteurs les plus concernés par la pandémie. Le roi veille à allier tradition et modernité, engagement dans le présent et regard tourné vers l'avenir. " Pour Francis Balace, " tant que la Belgique existe, le pays aura une monarchie. Si un jour la Flandre se déclare indépendante, cela signifiera que le roi ou la future reine des Belges ont échoué dans leur mission, puisqu'ils font le serment constitutionnel de ''maintenir l'indépendance nationale et l'intégrité du territoire''. Je ne vois donc pas le souverain devenir le chef d'Etat d'une Belgique résiduelle, amputée de sa partie nord. D'autant que les deux entités restantes, la Wallonie et Bruxelles, constitueraient un très petit pays, dépourvu de continuité géographique. Je rappelle que lors de notre indépendance, la Belgique a failli devenir un simple grand-duché, car certains jugeaient le pays trop petit pour être un royaume ! " " Le roi Philippe, poursuit Francis Balace, est un patriote, profondément convaincu qu'il a une mission à accomplir : celle de contribuer au maintien de l'unité de la Belgique. C'est d'ailleurs, de tous les citoyens du pays, celui qui a le plus grand intérêt personnel à ce que la Belgique continue à exister ! Notre monarchie, je la vois comme la colle qui maintient ensemble deux communautés antinomiques. " Philippe, aujourd'hui, et Elisabeth, demain, vaccins antidéliquescense de la Belgique, donc ? Caroline Sägesser nuance : " Personnellement, je ne suis pas convaincue que le roi soit le ciment de la Belgique. D'autres facteurs, comme Bruxelles, la dette publique et l'intégration du pays dans l'Union européenne sont des freins au moins aussi puissants à l'éclatement du pays. En réalité, c'est moins le rôle du roi que l'idée que l'on s'en fait qui constitue un ciment. " La chercheuse précise : " On répète volontiers que le roi est au-dessus de la mêlée, ni flamand ni wallon. Nul n'ignore pourtant que la famille royale est francophone, même si des efforts ont été réalisés, avec la scolarisation des enfants royaux dans l'enseignement néerlandophone. On sait également que le roi est catholique, dans un pays marqué par cette autre ligne de fracture historique qu'est le clivage entre chrétiens et laïques. Même si, là encore, il y a eu évolution, avec la privatisation d'événements comme les baptêmes des enfants royaux. " Pour ses détracteurs, qu'ils soient séparatistes flamands, militants du PTB-PVDA ou autres républicains, la monarchie est une institution archaïque, qui souffre d'un déficit démocratique, puisqu'elle repose sur le privilège de la naissance, le secret des entretiens royaux et une neutralité du souverain jugée factice. Les " royalistes " de coeur ou de raison, eux, mettent en avant la contribution du souverain et de la reine au rayonnement du royaume et l'attachement des Belges à la famille royale, qui se vérifie dans les grandes occasions, telles que mariages, naissances ou décès. " En dehors des milieux nationalistes flamands, la république n'a jamais été une option populaire en Belgique, remarque Caroline Sägesser. Et cela quand bien même les Belges francophones aiment à regarder vers la France. Le seul moment où la monarchie belge a affronté une menace sérieuse, la Question royale, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, a constitué dans notre histoire une parenthèse vite refermée. " " L'institution royale apparaît, en cette période de crise politique aiguë, comme une institution stable, qui jouit de l'estime de la population, assure Vincent Dujardin. D'autant que Philippe exerce sa fonction de manière plutôt consensuelle. " Caroline Sägesser n'est pas vraiment du même avis : " La popularité de l'institution me semble se tasser. Une certaine indifférence s'est installée au sein du public, moins présent lors des sorties royales. La communication du Palais durant le confinement, avec la photo de la famille royale prise au milieu de l'immense jardin royal de Laeken, a été peu habile. Selon moi, un tel couac a plus d'impact négatif que l'''affaire Delphine'', qui ne concerne pas le souverain actuel. " Vincent Dujardin reprend : " A voir le nombre de Unes consacrées par certains magazines à la famille royale, je me dis que l'institution monarchique conserve un réel pouvoir d'attraction. Mais il est vrai que l'intérêt de la jeune génération est plus faible que par le passé. C'est dû, en partie, à un phénomène contemporain : la fascination du public pour les stars mondiales du football, du cinéma ou de la chanson. Le nombre de leurs followers dépasse largement celui d'un roi ou de n'importe quelle figure politique. A cela s'ajoute la méconnaissance, parmi les jeunes, de l'histoire de la monarchie, comme celle de la Belgique " En juin dernier, des statues de Léopold II ont été déboulonnées ou vandalisées, et un buste du roi Baudouin a été tagué à Bruxelles, " dégradation dont on a moins parlé ", note Francis Balace. La monarchie n'était pas directement visée par les auteurs de ces actes, qui appellent à " décoloniser " l'espace public. " Philippe est un roi à temps plein, constate Vincent Dujardin. Chaque année, le souverain affiche à l'agenda une moyenne de 200 activités officielles et de 160 audiences notifiées. Pour la Belgique, avoir un roi peut être un atout en matière de diplomatie économique : en mars dernier, Philippe, qui a de bons contacts avec Jack Ma, le fondateur du géant chinois de l'e-commerce Alibaba, est intervenu auprès de lui pour que la Belgique reçoive 500 000 masques de protection. " Ces dernières années, le roi s'est entretenu à plusieurs reprises avec le milliardaire chinois. Il l'a reçu au palais de Laeken en 2016 et ils se sont croisés en janvier 2019 au Forum économique mondial de Davos. Leurs discussions ont notamment porté sur l'installation du centre logistique d'Alibaba à l'aéroport de Liège. Le fait que le chef de l'Etat belge soit un roi donne à la fonction une dimension particulière, selon l'historien de l'UCLouvain : " Voyez la récente lettre de ''regrets'' de Philippe sur le passé colonial : les mots n'ont pas le même poids, en Belgique et plus encore au Congo, s'ils sont prononcés par le roi des Belges ou par le chef du gouvernement. A ce propos, Philippe ne pouvait lâcher le mot ''excuses'' dans son message. Parce que les travaux de la ''commission vérité et réconciliation'' qui va se pencher sur les abus de la colonisation ne débuteront pas avant septembre. Et parce que c'est au gouvernement fédéral à décider alors de l'oppotunité de l'usage de ce terme, et de gérer ses conséquences sur le plan des demandes éventuelles de réparations ou d'initiatives à prendre sur le plan de la réconciliation. Cette lettre est apparemment une initiative royale, signe que l'institution monarchique belge garde une marge d'expression supérieure à celle que l'on peut observer à l'étranger, notamment dans le cas de la reine d'Angleterre. " " La personnalité de Philippe a souvent fait l'objet de critiques avant son accession au trône, rappelle Caroline Sägesser. Depuis, les observateurs s'accordent à dire qu'il remplit bien son rôle constitutionnel et n'a donc pas affaibli l'institution. Notons toutefois que la crise politique actuelle est la première qu'il doit gérer, qu'elle est longue et compliquée, et que sa gestion jusqu'à la parenthèse de la crise sanitaire n'était pas unanimement louée. "Francis Balace, lui, souligne le " désir de bien faire de Philippe ". Et l'âge du roi, qu'il voit comme un atout : " Le 15 avril, Philippe a fêté ses 60 ans. A cet âge, certains sont déjà pensionnés. Le roi fait donc un peu figure de ''vieux sage'' face à des présidents de parti souvent très jeunes, comme le MR Georges-Louis Bouchez, le SP.A Conner Rousseau, ou l'Ecolo Rajae Maouane. Au début de son règne, dans les années 1950, Baudouin, lui, était confronté à une véritable gérontocratie. Les vieux ministres avaient donc tendance à prendre de haut le jeune souverain. La situation s'est peu à peu inversée au cours de son très long règne, d'autant que le roi Baudouin était un hôte ''réfrigérant''. Même une grande gueule comme le socialiste André Cools n'était pas à l'aise au Palais ! " En ce qui concerne l'étoffe d'Elisabeth, appelée à succéder un jour à Philippe, il est évidemment trop tôt pour se prononcer. " Ce sont les présidents de parti, pas le roi, qui détiennent le véritable government making power, sur la base de l'arithmétique électorale, admet Vincent Dujardin. Le souverain, lui, peut venir en appui ou jouer un rôle de facilitateur du dialogue politique en cas de crise. " L'historien poursuit : " Figure nationale, le roi a l'avantage de représenter l'ensemble du pays, alors qu'un ministre fédéral est élu dans un arrondissement et doit veiller à être populaire surtout dans sa communauté, en soutien de son parti. Le roi doit tenir compte de toutes les sensibilités politiques et communautaires du pays, avec une vision sur le long terme. Il n'est pas soumis à la pression électorale ou à un impératif de rentabilité politique. Sa neutralité lui permet de conserver son pouvoir d'initiative en cas de situation jugée inextricable. Un cas parmi d'autres : pour trouver une issue à l'impasse politique dans laquelle la Belgique était plongée depuis 194 jours, Albert II a nommé, en décembre 2007, l'Open VLD Guy Verhofstadt Premier ministre, contre l'avis de certains au parti libéral flamand. " Francis Balace ajoute : " Bien conscient que l'avenir de la monarchie dépend du bon plaisir d'une Flandre de plus en plus nationaliste, Philippe s'est entouré de conseillers dynamiques qui ont des contacts réguliers avec le monde politique flamand. " Le Vlaams Belang, qui prône la fin de la monarchie belge, serait désormais la première force politique de Flandre. De sondage en sondage, l'extrême droite flamande républicaine se maintient à plus de 27 % d'intentions de vote, loin devant les nationalistes de la N-VA (20 % environ). De quoi faire trembler le Palais ? Fin 2004, lors d'une mission économique en Chine, Philippe, encore prince, n'avait pas caché sa répulsion à l'égard d'un parti dont les membres scandent à tue-tête " België barst ! " (" Belgique crève ! ") : " Dans notre pays, il y a des gens et des partis, comme le Vlaams Belang, qui veulent détruire la Belgique. Je peux vous assurer que je m'opposerai toujours à eux. " Ces propos avaient suscité une tempête politique en Flandre. Le Premier ministre Guy Verhofstadt avait rappelé sèchement l'héritier au trône à un devoir de réserve. Devenu roi, Philippe a dû prendre la mesure des nouveaux équilibres politiques en Flandre, favorables aux partis opposés à la monarchie. En 2014, il a accompagné la formation d'un gouvernement fédéral dominé par les nationalistes de la N-VA. Le 29 mai 2019, trois jours après les législatives, il a reçu au Palais Tom Van Grieken, le président du Belang, devenu alors deuxième parti flamand. Un entretien de 22 minutes qui a marqué les esprits : depuis la rencontre entre Léopold III et Léon Degrelle, chef de Rex, en 1936, c'est la première fois que le roi consultait un président d'extrême droite au lendemain d'une élection (en 1978, Baudouin avait invité Karel Dillen, mais le président de ce qui était encore leVlaams Blok avait décliné l'invitation). " Il y a, aujourd'hui, des partis opposés à la monarchie qui disposent d'une représentation parlementaire significative, reconnaît Caroline Sägesser. Toutefois, le Vlaams Belang et la N-VA sont tout autant hostiles à la Belgique elle-même, et ils ne vont pas rompre une lance en faveur d'un changement de régime. " Vincent Dujardin confirme : " Pour ces deux partis, la monarchie est un système dépassé, à l'instar de la Belgique. Il faut néanmoins distinguer les prises de position critiques de la N-VA de celles du Belang, plus sonores. Au sein de la N-VA, on voit souvent un même député ''taquiner'' au Parlement la fonction royale. Mais le parti, lui, joue le jeu constitutionnel lorsqu'il est aux affaires. Le 15 novembre 2014, Siegfried Bracke s'est même révélé être un N-VA plutôt royaliste, mais c'était en tant que président de la Chambre : "Une monarchie qui respecte le principe de la Constitution est garante d'une Belgique stable, prospère et couronnée de succès", a-t-il lancé. Bart De Wever lui-même a déclaré, le 15 avril dernier, à l'occasion des 60 ans du roi, que Philippe faisait ''correctement son travail''. Ce qui n'empêche pas le président de la N-VA de se montrer ironique à l'égard de la fonction royale. " " Aujourd'hui, la ''famille royale'' est, avant tout, la famille nucléaire, remarque Vincent Dujardin : le roi, la reine et leurs quatre enfants. Philippe a plusieurs fois évoqué ''l'équipe'' qu'il forme avec la reine Mathilde, duo qui est un atout pour lui. Ses enfants, en particulier la princesse Elisabeth, participent de plus en plus à des activités officielles. La cérémonie organisée le 25 octobre dernier au Palais pour les 18 ans de l'héritière du trône apparaît comme l'un des moments marquants des sept années de règne de Philippe. " Francis Balace relève que Philippe, Mathilde et leurs enfants " forment une famille chaleureuse et unie, une image fort différente de celle donnée par la génération d'Albert et Paola. De plus, avoir, pour la première fois, une princesse héritière est un atout pour la monarchie. " Au sein de la famille plus large, chacun a dû trouver sa place au début du nouveau règne. La communication compliquée entre Albert II et son fils Philippe a troublé cette période : Albert s'est plaint de la réduction de sa dotation publique et la reine Paola s'est exprimée par voie d'agence de presse à propos de l'hospitalisation de son fils Laurent, initiative qui a consterné le Palais... " Ce déficit de sérénité familiale, qui n'était pas nouveau, s'est retrouvé sur la place publique, ce qui aurait pu compliquer la tâche de Philippe, admet Vincent Dujardin. Car le rôle d'un roi ou d'une reine se situe désormais pour une bonne part au niveau de la représentation et du poids symbolique. " Certains faits et propos qui émanent de la famille élargie peuvent écorner l'image de la monarchie, comme les déclarations du prince Laurent, électron libre de la famille. Ou comme la saga judiciaire Delphine Boël. En janvier dernier, Albert II a fini par admettre, à la suite d'un test ADN auquel la justice l'a contraint, ce qu'il avait toujours nié : il est bien le père biologique de Delphine, fille née hors mariage. " Vous observerez toutefois que dans cette affaire, ce sont toujours les avocats du roi retraité qui communiquent aux médias, pas le Palais ", signale l'historien de l'UCLouvain. En 2020, le coût estimé de la monarchie belge est de 37,16 millions d'euros (3,25 euros par habitant). Ce montant comprend notamment la " liste civile " - moyens mis par l'Etat à la disposition du roi (12,45 millions) -, la dotation d'Albert II (975 000 euros), celle d'Astrid (339 000 euros) et celle de Laurent (325 000 euros), soit un total de 14,09 millions d'euros. A la liste civile et aux dotations s'ajoutent les coûts indirects (22,732 millions), dépenses liées à l'activité royale et assumées par différents services : frais de protection (à charge de la police fédérale et de la Défense), entretien des palais (par la Régie des bâtiments), voyages officiels (financés par les Affaires étrangères), service de communication (budget du bureau du Premier ministre), ouverture du Palais royal au public (enveloppe du SPF Politique scientifique). Les deux tiers environ du montant de la liste civile sont affectés au paiement des salaires des employés du Palais. Le reste est utilisé pour les frais d'entretien du Palais royal et du château de Laeken, les activités et visites, le chauffage, le gaz, l'électricité, l'eau, les assurances et frais administratifs, ou encore les fleurs pour les réceptions. " Le parc automobile est un assez gros poste ", ajoute un initié. Si les dotations comportent une part " traitement ", Philippe et Mathilde, eux, ne reçoivent pas de " salaire ". Mais la case " frais de ménage " (2,5 à 3 % de la liste civile) peut servir de part réservée au couple pour ses frais personnels. Certains déplorent le manque de transparence dans l'affectation des budgets de la liste civile, alors que les dépenses de la part " fonctionnement et personnel " des dotations sont, elles, contrôlées par la Cour des comptes. " Le législateur, qui a réformé les dotations en 2013, a estimé qu'il fallait distinguer la liste civile et les dotations, prévoyant désormais un contrôle des dotations, précise Vincent Dujardin. Par contre, la Constitution prévoit que le montant de la liste civile est fixé pour l'ensemble du règne, afin de préserver l'indépendance du souverain, et d'éviter que le monde politique puisse exercer des pressions sur lui en cours de règne, ou vice versa. " Caroline Sägesser complète : " Les frais inhérents à un chef d'Etat ne sont pas automatiquement plus élevés dans le cadre d'une monarchie que d'une république. De plus, le nombre des bénéficiaires d'une dotation a été réduit en 2013 et le système est désormais encadré. Cela n'exclut pas que d'autres revendications à caractère matériel puissent être débattues. Je pense notamment à une éventuelle ouverture au public du parc du château de Laeken. "