La Belgique a les traits tirés. A cause du manque de lumière et de perspectives. Du temps qui s'étire. De trop. D'un espoir né dans la foulée d'une vaccination imminente et douché par un "On n'atteindra pas l'immunité collective en 2021" de l'OMS.
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La Belgique a les traits tirés. A cause du manque de lumière et de perspectives. Du temps qui s'étire. De trop. D'un espoir né dans la foulée d'une vaccination imminente et douché par un "On n'atteindra pas l'immunité collective en 2021" de l'OMS. Les cernes noircissent les yeux des élèves et des étudiants dont l'absentéisme flambe. L'insomnie taraude les acteurs des métiers dits de contact, les professionnels du spectacle et de l'Horeca qui, face aux termes troisième vague, hausse des contaminations, retour des vacances, variantes britannique, sud-africaine, japonaise, voient s'éloigner encore la perspective de reprendre un jour leurs activités, leur gagne-pain. La lassitude l'emporte quand l'embryon de solidarité né au coeur de la crise s'étiole dès qu'il s'agit d'obtenir davantage de doses de vaccins ou de subsides européens que ses voisins. Grosse fatigue aussi de l'autre côté de l'Atlantique. L'espoir du renouveau qui avait suivi l'élection de Joe Biden a été battu en brèche par le refus de Donald Trump de reconnaître sa défaite d'abord, par son appel à prendre d'assaut le Capitole ensuite. Les quelques jours qui restent jusqu'à l'investiture du démocrate seront agités. Quel coup attendre encore du président sortant? Quelle position adoptera le Parti républicain? Rompre avec les idées radicales du milliardaire ou, au contraire, tout faire pour conserver son électorat? .Mais en parallèle, l'acceptation du vaccin au sein de la population ne cesse de progresser. Aujourd'hui, seuls 10% des Belges se disent encore totalement opposés au vaccin. Les premiers vaccins de Moderna ont été livrés, Pfizer/BioNTech promet de fournir des doses supplémentaires et AstraZeneca a déposé sa demande d'autorisation de mise sur le marché. Aux Etats-Unis, dans la foulée de sa prestation de serment le 20 janvier, le président Joe Biden s'entourera de ses prédécesseurs Barack Obama, Bill Clinton et George W. Bush pour lancer à une Amérique meurtrie et divisée un appel à l'unité. Certaines grandes multinationales ont, quant à elles, définitivement tourné le dos à Donald Trump et à ses plus fervents partisans en cessant purement et simplement de leur apporter toute donation. Cela ne suffira pas à gommer les traits tirés par dix mois de crise sanitaire et quatre ans d'un mandat hallucinant. Mais, espérons, à fournir l'énergie suffisante pour attaquer les chantiers majeurs qui sont à nos portes. Et notamment... Eviter une troisième vague en enrayant au mieux la propagation de l'épidémie et en vaccinant plus rapidement. Traduire en projets concrets les 5,925 milliards d'euros alloués à la Belgique pour relancer le pays. S'attaquer au chantier aussi matamoresque que nécessaire de la régulation des réseaux sociaux . Traduire devant la justice les fauteurs de troubles. Tous. Et enfin dormir un peu plus sereinement.