Les recherches en cours
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Les recherches en cours Jürgen Conings, qui figure sur la liste des terroristes et extrémistes de l'OCAM (l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace) en raison de ses idées d'extrême droite, n'a plus été vu depuis lundi matin, lorsqu'il a quitté son domicile situé à Dilsen-Stokkem et s'est rendu au travail, selon un avis de recherche diffusé par la police fédérale.Mardi soir, la voiture du tireur d'élite, un véhicule de type SUV, a été retrouvée dans les bois de Dilsen. À l'intérieur du véhicule, les policiers ont découvert quatre lance-roquettes anti-char de type Law et des munitions, a indiqué le parquet fédéral. Ces armes ont sans doute été volées dans un dépôt auquel il a eu accès.De mardi soir à la nuit dernière, des dizaines de policiers et militaires ont fouillé un large périmètre du parc national de la Haute Campine. Les fouilles n'ont cependant rien donné et une colonne d'environ 50 véhicules avec des militaires et des blindés de l'armée a quitté les lieux dans la nuit de jeudi à vendredi. Les recherches ont toutefois repris ce vendredi matin.L'Ocam a fixé le niveau de menace concernant l'individu à 4, tout en le maintenant à 2 en général. "Le fait que le suspect n'ait pas été retrouvé jeudi ne change rien", affirme la porte-parole de l'Organe. Le militaire de carrière a été formé à se rendre invisible. Et le parc national de la Haute Campine, d'une surface de 12 000 hectares, lui offre un terrain idéal pour se cacher longtemps. Pour les forces des ordres, cela revient à chercher une aiguille dans une botte de foin.Conings serait toujours en vieLe parquet fédéral, le Centre national de crise et le gouverneur de la province du Limbourg se sont entretenus une première fois pour discuter des mesures désormais nécessaires pour protéger la zone. Ils partent du principe que Conings est toujours en vie et continuent à fouiller le parc national de la Haute Campine. Les forces de l'ordre ont cependant retrouvé une tente qui fait l'objet d'analyses pour détecter d'éventuelles traces d'ADN. Le Premier ministre Alexander De Croo a annoncé vendredi avoir demandé au président du Comité de concertation pour le Renseignement et la Sécurité (CCRS) d'élaborer un plan d'action sur le suivi structurel de la manière dont les services armés gèrent la menace des personnels radicalisés, a indiqué son porte-parole. Ce plan d'action doit aussi porter sur la manière dont l'information circule et est suivie et les procédures utilisant les services du personnel vis-à-vis des membres du personnel qui seraient radicalisés, a-t-il précisé à l'issue d'une réunion du comité ministériel restreint ("kern") consacré notamment au militaire en fuite Jürgen Conings. Ce plan d'avion devrait être discuté le mois prochain au sein du Comité stratégique du renseignement et de la sécurité, avant d'être soumis au Conseil national de sécurité, a-t-on ajouté de même source.Les cibles potentielles Le militaire de carrière a laissé derrière lui plusieurs lettres d'adieu. "Dans une lettre, il menace d'attentat les structures de l'État et plusieurs personnes", indique Eric Van Duyse, porte-parole du parquet fédéral. Selon les premiers éléments de l'enquête, les intentions de l'homme, semblent potentiellement agressives à l'encontre d'institutions ou de personnalités.Même si ces cibles ne sont pas clairement définies, il est certain que le virologue Marc Van Ranst est dans le collimateur du soldat qui l'avait déjà menacé dans le passé. Le scientifique a été placé dans un endroit sûr avec son famille. La ministre de la Défense Ludivine Dendonder (PS) bénéfie également d'une protection policière. "On ne laisse pas des gens qui sont répertoriés comme radicalisés sur la liste de l'OCAM s'approcher d'armes de guerre. C'était un accident qui devait arriver. Je suis sûr que le gouvernement va renforcer les règles. Et puis, il y a différents métiers dans l'armée, non ? Pourquoi n'ont-ils pas donné à cet homme un travail qui n'implique pas d'armes ?", s'interroge Marc Van Ranst dans le quotidien De Morgen."Pas de pitié pour lui"Le virologue n'est guère impressionné par les menaces qui pèsent sur lui. "Je ne suis pas impressionné. Je n'éprouve pas de pitié pour lui. Chacun choisit son propre chemin. Il est possible que l'homme soit malade, et j'espère qu'il recevra de l'aide une fois qu'on l'aura retrouvé. De plus, la vie a tendance à toujours aller de l'avant. Donc, cela aussi passera : c'est ennuyeux pour moi, mais pas plus que ça", déclare encore le virologue depuis sa safehouse. A Maasmechelen, la commune du parc national de la Haute Campine, les habitants ne cachent pas leur inquiétude. Raf Terwingen, le bourgmestre de Maasmechelen, se veut pourtant rassurant. "En ce moment, il y a des patrouilles de police supplémentaires dans le quartier de la mosquée et la surveillance y est renforcée. Je comprends que l'énorme développement du pouvoir de la police et de l'armée impressionne les habitants de Maasmechelen, mais ils ne doivent pas paniquer pour autant", déclare-t-il à la VRT.