Chaque Belge recevra bientôt une invitation à se faire vacciner contre le Covid. Mais alors que les invitations au grand public n'ont pas encore été lancées, on constate déjà à une série de bugs ces dernières semaines.
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Chaque Belge recevra bientôt une invitation à se faire vacciner contre le Covid. Mais alors que les invitations au grand public n'ont pas encore été lancées, on constate déjà à une série de bugs ces dernières semaines. Plusieurs milliers de personnes qui ne devaient normalement être vaccinées qu'en phase 2 ont accidentellement reçu une invitation à le faire. Ces citoyens ont reçu par erreur un SMS et un e-mail les invitant à se faire vacciner. Pour la région bruxelloise, "les personnes vivant à Bruxelles sont autorisées à venir. Les personnes extérieures à Bruxelles ont été invitées à annuler leur rendez-vous", expliquait vendredi Inge Neven, responsable de l'Inspection d'hygiène de Bruxelles.Mais l'affluence n'est pas encore au rendez-vous. De nombreuses personnes semblent encore réticentes à se faire vacciner avec le vaccin AstraZeneca actuellement utilisé. Ainsi, les Bruxellois travaillant dans le secteur des soins de santé de première ligne et invités à se faire vacciner ne se sont encore pas tous rendus dans un centre de vaccination. Sur les 11.000 personnes déjà invitées, seules 3.000 se sont présentées pour recevoir leur première injection."Le démarrage de la campagne nous permet de tester, avec la première ligne de soins, le logiciel qui va être utilisé pour la vaccination du grand public. Comme tous les nouveaux systèmes informatiques, développés en quelques semaines, il fait ses petites maladies de jeunesse. C'est la seule et unique raison pour laquelle quelques centaines de citoyens qui ont été invités prématurément. Il n'est pas question de passe-droit", réagit Yvon Englert, le délégué général de la cellule wallonne consacrée au covid, sur la RTBF. L'Inspection de l'hygiène de Bruxelles, qui définit la politique relative au coronavirus dans la capitale, n'a aucun contrôle sur les invitations en raison des règlements du RGPD. C'est donc là que le bât blesse."Nous ne savons pas quelles personnes ont une adresse électronique dans cette base de données, s'il s'agit de la bonne adresse, si l'invitation a été dirigée vers les spams, etc. Nous enverrons demain une lettre par la poste aux 8.000 personnes qui n'ont pas encore répondu", a précisé Inge Neven.Environ 1.000 personnes peuvent être vaccinées par jour dans le plus grand centre de vaccination de Bruxelles, situé au Palais 1 eu Heysel, mais seules 200 personnes s'y présentent quotidiennement. De nombreux vaccins sont par conséquent actuellement inutilisés. Lorsqu'on regarde les chiffres de la vaccination, la région bruxelloise parait à la traine par rapport à la Flandre et la Wallonie. Selon Sabine Stordeur, coresponsable de la task force vaccination, les personnes vaccinées sont enregistrées sur base de leur lieu de résidence: "Jusqu'à présent, dans la phase 1A, la plupart ont été vaccinés sur leur lieu de travail, qui dans de nombreuses situations diffère du lieu de résidence."Mais cette explication est-elle suffisante ? "8.000 personnes ne se sont jamais présentées pour la vaccination à Bruxelles! Seules 200 ont été vaccinées par jour au Heysel pour une capacité de 3.500. La Flandre avance plus vite grâce aux convocations papier. Bref, le retard bruxellois ne s'explique pas juste par l'enregistrement au lieu de résidence", réagit Alexia Bertrand, cheffe du groupe MR au Parlement bruxellois. En Wallonie, le centre majeur de vaccination de Ronquières a été ouvert lundi matin, avec l'ambition "d'atteindre un rythme de 200 personnes vaccinées par heure." Le centre sera ouvert 6 jours sur 7. Sauf qu'à peine ouvert, il a déjà été fermé, à cause, semble-t-il, d'un manque de communication entre les déclarations gouvernementales et la réalité du terrain. Il ne recevra le personnel médical de première ligne que jeudi. "Comment un tel faux départ est-il encore possible ?", se demande Germain Mugemangango (PTB) sur Twitter.Un couac qui n'est pas sans rappeler celui du centre du Heysel, fermé le lendemain de son ouverture en grande pompe. La raison était cette fois des problèmes informatiques du système de réservation fédéral Doclr, qui ont depuis été résolus. Des retards qui perturbent le calendrierSi des couacs surviennent au niveau organisationnel, la Belgique dépend aussi, comme les autres pays européens, des livraisons de vaccins. Le calendrier vaccinal doit ainsi sans cesse s'adapter au gré des retards et des approbations de nouveaux vaccins.Après des retards notables chez Pfizer, c'est la livraison des doses d'AstraZeneca qui interroge. L'entreprise pharmaceutique accuse déjà pas mal de retard. Fin janvier, AstraZeneca avait annoncé qu'il ne livrerait que 31 millions de doses au premier trimestre, au lieu de 80 millions. Sous la pression de la Commission européenne, l'entreprise a déclaré qu'elle fournirait 9 millions de doses supplémentaires d'ici la fin mars. Il n'a toutefois pas été confirmé que cet engagement serait respecté. Début de semaine, nous apprenions encore que l'entreprise livrerait moins de vaccins dans l'Union européenne durant les deux prochaines semaines. La firme pourrait également accuser des problèmes de livraison en raison de soucis de production qui surviendraient au deuxième trimestre.Ici encore, le retard de livraison ne peut être la seule explication à la lenteur vaccinale. "Encore et toujours la Belgique peut et doit mieux faire! Ce n'est pas qu'une question de livraison de vaccins!", insiste la députée fédérale Catherine Fonck. "Nous ne sommes pas lents. Nous sommes à peu près au milieu du peloton européen. Un peloton resserré puisque nous sommes tous soumis aux livraisons des vaccins en fonction de la population", réagit Yvon Englert.