Suite au comité de concertation, les réactions se font tout azimut. Et pour cause, les mesures en vue d'endiguer l'épidémie concernent plusieurs secteurs. Dans l'enseignement, les écoles vont fermer leurs portes dès lundi, à l'exception des écoles maternelles.

Les mesures dans l'enseignement

On bascule donc à distance primaire, secondaire, supérieur et promotion sociale, à partir du lundi 29 mars jusqu'aux vacances de Pâques. Cela équivaut donc à anticiper les vacances d'une semaine. "C'est dans la tranche de 10 à 19 ans que l'on observe le plus grand nombre de contaminations, qui se propagent aux parents et aux grands-parents", a justifié le Premier ministre.

L'objectif est de pouvoir rouvrir l'enseignement le 19 avril, si possible entièrement en présentiel pour le niveau secondaire. Des examens peuvent toutefois avoir lieu durant la semaine précédant les vacances de Pâques. La semaine prochaine, une garderie sera en outre prévue pour les enfants dont les parents exercent des fonctions où le télétravail est impossible et pour les personnes qui sont dans l'impossibilité de garder les enfants.

Les camps de jeunes et activités parascolaires restent autorisés, mais uniquement pendant les vacances de Pâques et en petits groupes de 10 jeunes maximum, sans nuitée.

Jeholet défend la non-fermeture des maternelles

"Il n'y avait pas d'autres moyens pour faire face à ces contaminations galopantes et éviter une saturation dans les hôpitaux", s'est justifié M. Jeholet. Reconnaissant qu'il s'agissait là de mesures "dures et difficiles", le ministre-président a rappelé que celles-ci visaient à ne pas hypothéquer les mesures de déconfinement déjà décidées pour le 19 avril prochain (reprise à 100% du présentiel dans l'enseignement obligatoire) et début mai (réouverture de l'horeca).

Alors que les syndicats enseignants se sont étonnés que les maternelles restent ouvertes malgré l'étroitesse des contacts entre enfants et profs, M. Jeholet a justifié ce choix par le fait que le taux de positivité dans la tranche d'âge 0-9 ans est actuellement le plus faible constaté dans tout le pays, soit 5,7%. A l'opposé, il est de 9,1% pour la tranche 10-19 ans, et de 8,1% auprès des 40 à 64 ans, a-t-il souligné.

Plusieurs députés ont également demandé à savoir comment l'enseignement à distance pourrait être organisé à si brève échéance dans le primaire. M. Jeholet a répondu qu'il convenait peut-être de ne pas mettre "plus de stress et d'angoisse" sur les enseignants, les élèves et leurs parents, semblant ainsi plaider pour une suspension pure et simple des cours la semaine prochaine dans tout le primaire. "Je pense qu'il ne faut pas imposer des choses qui feraient encore plus de dégâts", a-t-il plaidé. M. Jeholet et sa collègue de l'Education, Caroline Désir, devaient d'ailleurs retrouver les acteurs de l'école à 16h00 ce mercredi pour discuter de la mise en oeuvre des décisions prises par le Codeco en matinée. La question devrait y être tranchée. "J'espère que ce sera le dernier tour de vis car je ne sais pas comment on pourra dire à notre jeunesse qu'il nous faut encore durcir les mesures", a conclu M. Jeholet. Le débat a donné un moment lieu à quelques échanges tendus entre le ministre-président et le PTB, l'opposition estimant notamment que ce regain pandémique signait l'échec des mesures adoptées précédemment. La formation marxiste-léniniste a ainsi dit ne pas comprendre que les enseignants n'aient reçu que deux masques de protection de leur employeur.

"Un sentiment d'échec" pour la CSC-Enseignement

"Mon sentiment est un sentiment d'échec", a réagi Roland Lahaye, secrétaire général de la CSC-Enseignement, interrogé par Belga. "On a tout fait pour maintenir les écoles ouvertes ces dernières semaines. Les profs se sont adaptés, et au dernier moment, ils doivent opérer un virage à 180 degrés et passer en distanciel". M. Lahaye dit aussi ne pas comprendre que les maternelles restent ouvertes alors que c'est là que les contacts entre élèves et enseignants sont les plus étroits. "Les retours qui nous reviennent du terrain des enseignants du maternel, c'est: 'Mais pour qui nous prennent-ils?'", confie le secrétaire général de la CSC-Enseignement. Celui-ci attend à présent des éclaircissements de la ministre Caroline Désir sur l'opérationnalisation d'un enseignement qui doit passer en distanciel dès lundi pour les primaires et toutes les secondaires. "Les enseignants ne vont avoir que deux jours pour réorganiser leurs cours...", s'inquiète M Lahaye.

L'enseignement fondamental communal attend des éclaircissements de la ministre Désir

Le conseil de l'enseignement des communes et des provinces (CECP), qui représente les pouvoirs organisateurs des écoles primaires communales, attend une série de réponses de la ministre Caroline Désir après la décision du Codeco de suspendre dès lundi les cours en présentiel en primaire, alors que les maternelles resteront, elles, ouvertes.

"Nous sommes très surpris par les annonces qui ont été faites", réagit Philippe Barzin, secrétaire général du CECP, interrogé par Belga. Celui-ci attend à présent des clarifications de la ministre Désir sur l'organisation de l'enseignement en distanciel dans le primaire, et ce pour une semaine seulement. "Ca va être difficilement jouable", prédit-il. Si les cours sont suspendus dès la semaine prochaine, des garderies devraient toutefois être assurées dans les écoles primaires, ce qui va également mettre un poids sur les directeurs d'école, selon le CECP. Celui-ci se dit aussi étonné que le Codeco ait décidé de maintenir les écoles maternelles ouvertes alors que c'est là que le taux d'absentéisme des enseignants est le plus fort. "Les profs de maternelles vont être encore plus fachés!".

"Une bonne chose" pour l'Ufapec

"Nous pensons que c'est une mesure nécessaire", précise-t-il. Et de relativiser : "en termes de suspension, il ne s'agit que d'une semaine, puisqu'ensuite viennent les vacances de printemps comme elles étaient prévues au calendrier." L'Union francophone des associations de parents de l'enseignement catholique se dit "persuadée que dans les écoles, les choses se passeront mieux". Elle espère qu'il en sera de même au sein des familles.

L'Ufapec rappelle en effet que la mesure prise par le Codeco pourrait poser des difficultés au niveau de la présence dans les classes de maternelles, qui resteront ouvertes contrairement aux autres niveaux d'enseignement. "Par ailleurs, dans les écoles où des épreuves d'évaluation étaient prévues, nous espérons que les enseignants prendront la mesure des décisions du Comité de concertation et aménageront la semaine qui vient en fonction notamment de la réalité des familles de leurs élèves. Tous ne sont pas logés à la même enseigne", ajoute M. Hubien.

L'Ufapec aurait également aimé que le personnel enseignant soit considéré comme groupe prioritaire pour la vaccination contre le Covid-19. "Nous regrettons de ne pas avoir entendu cette mesure, car nous sommes persuadés que si les enseignants sont vaccinés, il y aura moins de classes fermées", conclut le secrétaire général.

Suite au comité de concertation, les réactions se font tout azimut. Et pour cause, les mesures en vue d'endiguer l'épidémie concernent plusieurs secteurs. Dans l'enseignement, les écoles vont fermer leurs portes dès lundi, à l'exception des écoles maternelles. On bascule donc à distance primaire, secondaire, supérieur et promotion sociale, à partir du lundi 29 mars jusqu'aux vacances de Pâques. Cela équivaut donc à anticiper les vacances d'une semaine. "C'est dans la tranche de 10 à 19 ans que l'on observe le plus grand nombre de contaminations, qui se propagent aux parents et aux grands-parents", a justifié le Premier ministre. L'objectif est de pouvoir rouvrir l'enseignement le 19 avril, si possible entièrement en présentiel pour le niveau secondaire. Des examens peuvent toutefois avoir lieu durant la semaine précédant les vacances de Pâques. La semaine prochaine, une garderie sera en outre prévue pour les enfants dont les parents exercent des fonctions où le télétravail est impossible et pour les personnes qui sont dans l'impossibilité de garder les enfants.Les camps de jeunes et activités parascolaires restent autorisés, mais uniquement pendant les vacances de Pâques et en petits groupes de 10 jeunes maximum, sans nuitée."Il n'y avait pas d'autres moyens pour faire face à ces contaminations galopantes et éviter une saturation dans les hôpitaux", s'est justifié M. Jeholet. Reconnaissant qu'il s'agissait là de mesures "dures et difficiles", le ministre-président a rappelé que celles-ci visaient à ne pas hypothéquer les mesures de déconfinement déjà décidées pour le 19 avril prochain (reprise à 100% du présentiel dans l'enseignement obligatoire) et début mai (réouverture de l'horeca). Alors que les syndicats enseignants se sont étonnés que les maternelles restent ouvertes malgré l'étroitesse des contacts entre enfants et profs, M. Jeholet a justifié ce choix par le fait que le taux de positivité dans la tranche d'âge 0-9 ans est actuellement le plus faible constaté dans tout le pays, soit 5,7%. A l'opposé, il est de 9,1% pour la tranche 10-19 ans, et de 8,1% auprès des 40 à 64 ans, a-t-il souligné. Plusieurs députés ont également demandé à savoir comment l'enseignement à distance pourrait être organisé à si brève échéance dans le primaire. M. Jeholet a répondu qu'il convenait peut-être de ne pas mettre "plus de stress et d'angoisse" sur les enseignants, les élèves et leurs parents, semblant ainsi plaider pour une suspension pure et simple des cours la semaine prochaine dans tout le primaire. "Je pense qu'il ne faut pas imposer des choses qui feraient encore plus de dégâts", a-t-il plaidé. M. Jeholet et sa collègue de l'Education, Caroline Désir, devaient d'ailleurs retrouver les acteurs de l'école à 16h00 ce mercredi pour discuter de la mise en oeuvre des décisions prises par le Codeco en matinée. La question devrait y être tranchée. "J'espère que ce sera le dernier tour de vis car je ne sais pas comment on pourra dire à notre jeunesse qu'il nous faut encore durcir les mesures", a conclu M. Jeholet. Le débat a donné un moment lieu à quelques échanges tendus entre le ministre-président et le PTB, l'opposition estimant notamment que ce regain pandémique signait l'échec des mesures adoptées précédemment. La formation marxiste-léniniste a ainsi dit ne pas comprendre que les enseignants n'aient reçu que deux masques de protection de leur employeur.L'enseignement fondamental communal attend des éclaircissements de la ministre DésirLe conseil de l'enseignement des communes et des provinces (CECP), qui représente les pouvoirs organisateurs des écoles primaires communales, attend une série de réponses de la ministre Caroline Désir après la décision du Codeco de suspendre dès lundi les cours en présentiel en primaire, alors que les maternelles resteront, elles, ouvertes."Nous sommes très surpris par les annonces qui ont été faites", réagit Philippe Barzin, secrétaire général du CECP, interrogé par Belga. Celui-ci attend à présent des clarifications de la ministre Désir sur l'organisation de l'enseignement en distanciel dans le primaire, et ce pour une semaine seulement. "Ca va être difficilement jouable", prédit-il. Si les cours sont suspendus dès la semaine prochaine, des garderies devraient toutefois être assurées dans les écoles primaires, ce qui va également mettre un poids sur les directeurs d'école, selon le CECP. Celui-ci se dit aussi étonné que le Codeco ait décidé de maintenir les écoles maternelles ouvertes alors que c'est là que le taux d'absentéisme des enseignants est le plus fort. "Les profs de maternelles vont être encore plus fachés!"."Nous pensons que c'est une mesure nécessaire", précise-t-il. Et de relativiser : "en termes de suspension, il ne s'agit que d'une semaine, puisqu'ensuite viennent les vacances de printemps comme elles étaient prévues au calendrier." L'Union francophone des associations de parents de l'enseignement catholique se dit "persuadée que dans les écoles, les choses se passeront mieux". Elle espère qu'il en sera de même au sein des familles. L'Ufapec rappelle en effet que la mesure prise par le Codeco pourrait poser des difficultés au niveau de la présence dans les classes de maternelles, qui resteront ouvertes contrairement aux autres niveaux d'enseignement. "Par ailleurs, dans les écoles où des épreuves d'évaluation étaient prévues, nous espérons que les enseignants prendront la mesure des décisions du Comité de concertation et aménageront la semaine qui vient en fonction notamment de la réalité des familles de leurs élèves. Tous ne sont pas logés à la même enseigne", ajoute M. Hubien. L'Ufapec aurait également aimé que le personnel enseignant soit considéré comme groupe prioritaire pour la vaccination contre le Covid-19. "Nous regrettons de ne pas avoir entendu cette mesure, car nous sommes persuadés que si les enseignants sont vaccinés, il y aura moins de classes fermées", conclut le secrétaire général.