"Même si ces mesures ne sont pas évidentes, il fallait les prendre." Ce message du ministre-président bruxellois Rudi Vervoort passera-t-il auprès de la population ? Rarement les derniers Codeco auront pris des mesures si sévères... alors que les chiffres du Covid en Belgique sont en baisse.

Fermeture des cinémas, des théâtres, des évènements sportifs, des évènements intérieurs, des évènements extérieurs s'ils se déroulent sous tente, shopping limité à deux personnes... Autant de décisions justifiées, selon les autorités du pays, par la progression du variant Omicron, qui représente aujourd'hui près d'un tiers des infections.

Fallait-il en faire autant ? Les premières réactions témoignent d'un certaine incrédulité, surtout concernant le monde culturel. "Fermer les cinémas et les théâtres est incompréhensible, a estimé la député wallonne PTB Alice Bernard, sur Twitter. Les lieux culturels ont démontré à plusieurs reprises qu'ils étaient des lieux sûrs. Les protocoles sanitaires en place ont prouvé leur efficacité." "A nouveau la culture qui paie les pots cassés, a enchaîné Raoul Hedebouw, président du PTB. Mais où sont les mesures structurelles de prévention ? Où sont les autotests gratuits généralisés ?"

Le président de Défi, François De Smet, regrette "profondément les mesures touchant au monde culturel, qui est clairement sacrifié". L'élu estime qu'il aurait été préférable d'instaurer une politique plus ferme quant à la vaccination et au télétravail plutôt que de mettre la société sur "marche/arrêt".

"Avec moins de recettes et plus de charges, le foot va dans le mur"

"Cette décision va faire mal et il y a une grosse inquiétude car il est peu probable que les supporters soient de retour pour la journée de reprise en janvier", a confié Pierre François, CEO de la Pro League, l'instance du football professionnel belge qui a rappelé que la Pro League avait déjà pris elle-même des mesures. "Nous avions interdit les supporters visiteurs de se déplacer mais aussi fermé des buvettes pour éviter la propagation du virus."

Le CEO de la Pro League a également insisté sur l'impact financier de cette décision, conjuguée à la nouvelle réforme fiscale qui touchera le football belge à partir du 1er janvier. "J'en profite pour lancer un appel au gouvernement car notre secteur ne reçoit pas de subvention", a ajouté François. Nous assumons totalement cette nouvelle réforme fiscale mais la date du 1er janvier 2022 devient intolérable. Nous aimerions travailler par saison et proposons la date du 1er juillet 2022. Je ne conteste pas les mesures et nous avons aussi aidé à accélérer la vaccination, qui était nécessaire pour assister aux matches. Mais il faut penser à l'économie et la situation est délicate. Avec moins de recettes à cause du huis-clos et plus de charges fiscales, nous allons droit dans le mur."

Le gouvernement choisit le plan B

Sur la chaîne flamande VTM, le virologue Steven Van Gucht a déclaré que le Codeco "était allé plus loin" que ce que les experts avaient recommandé. "Ce n'était que notre plan B". Il juge qu'une séance de cinéma est "encore sûre" et considère qu'il aurait fallu surtout agir concernant la sphère privée, qui représente selon lui le plus grand risque de contamination.

"Le vin chaud a gagné sur la culture", Marc Van Ranst

Le virologue Marc Van Ranst,interrogé sur le plateau de la VRT, a pour sa part estimé que les mesures supplémentaires annoncées forment un ensemble particulièrement strict. Le secteur culturel est particulièrement touché. "Pourtant, la confiance dans ce secteur est très élevée. Il ne s'agit pas de centaines de milliers de visiteurs qui, chaque soir, vont à des représentations. Quand on voit que les marchés de Noël restent ouverts, on peut se dire que le vin chaud a gagné sur la culture", a déclaré le virologue, membre du GEMS, groupe d'experts qui conseillent les autorités.

Le Premier ministre, Alexander De Croo, a contesté cette affirmation. "Les activités à l'extérieur sont totalement différentes que les activités à l'intérieur. A l'extérieur signifie qu'il y a suffisamment d'aération et que l'on peut faire d'une manière sûre", a-t-il tenu a préciser.

De son côté, malgré les mesures restrictives pour certaines entreprises, la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) s'est montrée compréhensive. Il faut appliquer "le principe de précaution pour éviter pire à l'avenir", estime l'organisation patronale qui encourage la population à recevoir la 3e dose "booster"."Aussi pénibles que soient les mesures adoptées pour les entreprises impactées, la situation épidémiologique nous oblige à agir maintenant pour pouvoir faire face au variant omicron au début de l'année prochaine", commente-t-elle. Afin d'éviter la faillite des entreprises concernées, l'organisation d'employeurs appelle les autorités à prévoir rapidement des mesures de soutien.

Enfin, la FEB en a même profité pour se faire amabassadrice de la vaccination, soulignant l'importance des mesures de précaution et de la campagne de vaccination. "Nous devons tous assumer conjointement nos responsabilités. Il est important de respecter pleinement les mesures de précaution et de faire sa troisième dose de vaccin. Mieux vaut prévenir que guérir", déclare Pieter Timmermans, CEO de la FEB.

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Retour en arrière

Le Syndicat neutre pour indépendant (SNI) se demande quant à lui si le Codeco "veut la mort du commerce de loisir", d'autant plus en cette période cruciale de fin d'année pour bon nombre de commerces, bientôt suivie des soldes. "Le retour de l'obligation de faire son shopping à maximum 2 personnes et de la règle d'une personne par 10 m² est tout simplement un retour d'un an en arrière, fustige-t-il. Cette règle ne repose à nouveau sur rien".

Une note de satisfaction parmi tous ce mécontentement: la Fédération des fournisseurs de mariage (seul évènement d'intérieur à ne pas être annulé, avec les funérailles) s'est déclarée satisfaite des mesures. "Il est important que les mariages prévus en janvier puissent se dérouler, car la majorité était des mariages reportés", a réagi la porte-parole de la fédération Isabelle Ghosez. "Les gens en ont assez de reporter et donc nous sommes très heureux. Les ministres ont certainement écouté attentivement nos préoccupations." "C'est également une bonne chose qu'il y ait des certitudes sur le long terme pour nos fournisseurs", conclut la porte-parole. "Cela signifie que des contrats peuvent également être conclus pour des mariages dans le futur et pour l'été. Dans le cas contraire, les couples n'auraient plus projet d'organiser un mariage."

Le malheur des uns...

"Même si ces mesures ne sont pas évidentes, il fallait les prendre." Ce message du ministre-président bruxellois Rudi Vervoort passera-t-il auprès de la population ? Rarement les derniers Codeco auront pris des mesures si sévères... alors que les chiffres du Covid en Belgique sont en baisse. Fermeture des cinémas, des théâtres, des évènements sportifs, des évènements intérieurs, des évènements extérieurs s'ils se déroulent sous tente, shopping limité à deux personnes... Autant de décisions justifiées, selon les autorités du pays, par la progression du variant Omicron, qui représente aujourd'hui près d'un tiers des infections. Fallait-il en faire autant ? Les premières réactions témoignent d'un certaine incrédulité, surtout concernant le monde culturel. "Fermer les cinémas et les théâtres est incompréhensible, a estimé la député wallonne PTB Alice Bernard, sur Twitter. Les lieux culturels ont démontré à plusieurs reprises qu'ils étaient des lieux sûrs. Les protocoles sanitaires en place ont prouvé leur efficacité." "A nouveau la culture qui paie les pots cassés, a enchaîné Raoul Hedebouw, président du PTB. Mais où sont les mesures structurelles de prévention ? Où sont les autotests gratuits généralisés ?"Le président de Défi, François De Smet, regrette "profondément les mesures touchant au monde culturel, qui est clairement sacrifié". L'élu estime qu'il aurait été préférable d'instaurer une politique plus ferme quant à la vaccination et au télétravail plutôt que de mettre la société sur "marche/arrêt"."Cette décision va faire mal et il y a une grosse inquiétude car il est peu probable que les supporters soient de retour pour la journée de reprise en janvier", a confié Pierre François, CEO de la Pro League, l'instance du football professionnel belge qui a rappelé que la Pro League avait déjà pris elle-même des mesures. "Nous avions interdit les supporters visiteurs de se déplacer mais aussi fermé des buvettes pour éviter la propagation du virus." Le CEO de la Pro League a également insisté sur l'impact financier de cette décision, conjuguée à la nouvelle réforme fiscale qui touchera le football belge à partir du 1er janvier. "J'en profite pour lancer un appel au gouvernement car notre secteur ne reçoit pas de subvention", a ajouté François. Nous assumons totalement cette nouvelle réforme fiscale mais la date du 1er janvier 2022 devient intolérable. Nous aimerions travailler par saison et proposons la date du 1er juillet 2022. Je ne conteste pas les mesures et nous avons aussi aidé à accélérer la vaccination, qui était nécessaire pour assister aux matches. Mais il faut penser à l'économie et la situation est délicate. Avec moins de recettes à cause du huis-clos et plus de charges fiscales, nous allons droit dans le mur."Sur la chaîne flamande VTM, le virologue Steven Van Gucht a déclaré que le Codeco "était allé plus loin" que ce que les experts avaient recommandé. "Ce n'était que notre plan B". Il juge qu'une séance de cinéma est "encore sûre" et considère qu'il aurait fallu surtout agir concernant la sphère privée, qui représente selon lui le plus grand risque de contamination. Le virologue Marc Van Ranst,interrogé sur le plateau de la VRT, a pour sa part estimé que les mesures supplémentaires annoncées forment un ensemble particulièrement strict. Le secteur culturel est particulièrement touché. "Pourtant, la confiance dans ce secteur est très élevée. Il ne s'agit pas de centaines de milliers de visiteurs qui, chaque soir, vont à des représentations. Quand on voit que les marchés de Noël restent ouverts, on peut se dire que le vin chaud a gagné sur la culture", a déclaré le virologue, membre du GEMS, groupe d'experts qui conseillent les autorités. Le Premier ministre, Alexander De Croo, a contesté cette affirmation. "Les activités à l'extérieur sont totalement différentes que les activités à l'intérieur. A l'extérieur signifie qu'il y a suffisamment d'aération et que l'on peut faire d'une manière sûre", a-t-il tenu a préciser.De son côté, malgré les mesures restrictives pour certaines entreprises, la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) s'est montrée compréhensive. Il faut appliquer "le principe de précaution pour éviter pire à l'avenir", estime l'organisation patronale qui encourage la population à recevoir la 3e dose "booster"."Aussi pénibles que soient les mesures adoptées pour les entreprises impactées, la situation épidémiologique nous oblige à agir maintenant pour pouvoir faire face au variant omicron au début de l'année prochaine", commente-t-elle. Afin d'éviter la faillite des entreprises concernées, l'organisation d'employeurs appelle les autorités à prévoir rapidement des mesures de soutien. Enfin, la FEB en a même profité pour se faire amabassadrice de la vaccination, soulignant l'importance des mesures de précaution et de la campagne de vaccination. "Nous devons tous assumer conjointement nos responsabilités. Il est important de respecter pleinement les mesures de précaution et de faire sa troisième dose de vaccin. Mieux vaut prévenir que guérir", déclare Pieter Timmermans, CEO de la FEB. . Le Syndicat neutre pour indépendant (SNI) se demande quant à lui si le Codeco "veut la mort du commerce de loisir", d'autant plus en cette période cruciale de fin d'année pour bon nombre de commerces, bientôt suivie des soldes. "Le retour de l'obligation de faire son shopping à maximum 2 personnes et de la règle d'une personne par 10 m² est tout simplement un retour d'un an en arrière, fustige-t-il. Cette règle ne repose à nouveau sur rien". Une note de satisfaction parmi tous ce mécontentement: la Fédération des fournisseurs de mariage (seul évènement d'intérieur à ne pas être annulé, avec les funérailles) s'est déclarée satisfaite des mesures. "Il est important que les mariages prévus en janvier puissent se dérouler, car la majorité était des mariages reportés", a réagi la porte-parole de la fédération Isabelle Ghosez. "Les gens en ont assez de reporter et donc nous sommes très heureux. Les ministres ont certainement écouté attentivement nos préoccupations." "C'est également une bonne chose qu'il y ait des certitudes sur le long terme pour nos fournisseurs", conclut la porte-parole. "Cela signifie que des contrats peuvent également être conclus pour des mariages dans le futur et pour l'été. Dans le cas contraire, les couples n'auraient plus projet d'organiser un mariage."Le malheur des uns...