Cette demande de récusation aurait été déposée, car le juge a demandé vendredi à son greffier d'informer les 35 avocats que l'affaire était prête à être entendue dès lundi. Un des avocats avait pourtant demandé des devoirs d'enquête complémentaires, mais ça lui a été refusé. Il a donc déposé une demande de récusation. La juridiction se réunira à nouveau le 28 juin. Le juge devra alors indiquer s'il rejette ou accepte la demande de récusation émise par l'avocat.
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Cette demande de récusation aurait été déposée, car le juge a demandé vendredi à son greffier d'informer les 35 avocats que l'affaire était prête à être entendue dès lundi. Un des avocats avait pourtant demandé des devoirs d'enquête complémentaires, mais ça lui a été refusé. Il a donc déposé une demande de récusation. La juridiction se réunira à nouveau le 28 juin. Le juge devra alors indiquer s'il rejette ou accepte la demande de récusation émise par l'avocat.Une manoeuvre dilatoire Pour l'avocat Sven Mary, qui représente dans cette affaire la famille de la victime Sanda Dia, il s'agit simplement d'une manoeuvre dilatoire dans l'optique de repousser l'affaire après les vacances judiciaires. "Ni moi, ni mes collègues, n'avons eu l'honneur de recevoir une copie de la demande de récusation. Le juge doit maintenant y répondre dans un certain délai. Pas un mot n'a été dit à ce sujet en chambre du conseil. Je suppose que cette requête est liée au fait que le greffier a appelé tous les avocats vendredi pour dire que l'affaire allait commencer à être traitée. Si c'est un motif de récusation valable, alors beaucoup de demandes de récusation risquent encore d'arriver dans les semaines qui suivent", s'est-il offusqué."Je prends la parole à sa place, car M. Dia ne veut rien dire de mal. Aujourd'hui, deux ans et sept mois se sont passés depuis la mort de Sanda Dia. Aujourd'hui, il s'agissait d'un premier pas vers la justice. Je ne dois quand même pas vous expliquer ce que signifie la perte d'une fille ou d'un fils, d'un frère ou d'un gendre. Il ne veut pas réagir, car il est en colère", a rapporté Me Mary. Les 18 personnes impliquées dans le baptême fatal au jeune Sanda Dia pourraient être poursuivies en correctionnelle pour homicide involontaire, administration volontaire de substances nuisibles ayant entraîné la mort, traitement dégradant et négligence coupable."L'élite potentielle" Fils d'un immigré sénégalais, Sanda Dia avait souhaité intégrer le cercle Reuzegom, un club d'étudiants exclusivement masculins. Aujourd'hui dissous, le club était composé de fils de magistrats de médecins et d'entrepreneurs qui bénéficient aujourd'hui de conseils d'avocat de renom. Selon un document juridique consulté par le quotidien De Morgen, les "Reuzegommers" se voyaient comme "l'élite potentielle" de la Flandre. Selon les informations du Morgen, le baptême avait eu lieu en deux parties. Le premier soir à Louvain, les trois bleus baptisés, dont Sanda Dia, ont été forcés de boire un litre de gin, suivi de demi-litres de bière. Le lendemain, les étudiants se sont rendus à Vorselaar dans la province d'Anvers où les bleus ont dû ingurgiter une mixture d'huile de poisson, de poissons rouges vivants, de souris et d'une anguille. Les organisateurs laissent également les bleus croupir dans un trou rempli d'eau glacée qu'ils utilisent comme toilette.Sanda Dia est mort d'hypothermie. Toujours selon De Morgen, à un moment donné, le bizutage a fait baisser sa température corporelle à 27 degrés. Mais ce n'est que plusieurs heures plus tard qu'il a été emmené à l'hôpital. À ce moment-là, les organisateurs ont demandé à tous les étudiants impliqués d'effacer les traces, y compris les images du baptême dans le groupe Whatsapp. Ils prennent également le soin de faire le ménage dans le kot de Dia. Le jeune homme est décédé quelques jours après son hospitalisation. La fin des baptêmes étudiants?Le baptême étudiant qui a coûté la vie à Sanda Dia n'est pas le seul à avoir mal tourné. En novembre 2018, l'UCLouvain a fermé le cercle étudiant MAF après des violences lors de baptême. La décision faisait suite "à des constats avérés de traitements dégradants, de violences physiques et morales et d'attentats à la pudeur lors des baptêmes". Il s'agissait notamment d'échanges de coups ou de gifles, avait déclaré Didier Lambert, vice-recteur aux affaires étudiantes de l'UCL, à la RTBF.En septembre 2013, une étudiante française de l'Université de Liège avait été victime d'un oedème cérébral après avoir avalé dix litres d'eau lors d'un baptême. Quatre étudiants en dernière année de médecine vétérinaireavaient été inculpés de traitements inhumains, traitements dégradants ainsi que de coups et blessures involontaires.Depuis quelques années, des voix s'élèvent pour réfléchir à une alternative aux baptêmes étudiants. Très critiqué pour avoir initialement infligé une peine considérée comme très insuffisante aux membres de Reuzegom (30 heures de travail d'intérêt général et la rédaction d'un papier sur les baptêmes étudiants), Luc Sels, le recteur de la KuLeuven a ainsi appelé les cercles et les représentants des étudiants de l'université louvaniste à réfléchir à des alternatives "qui peuvent contribuer durablement à l'inclusion".Avec Belga