Le 23 février 2020, les deux médecins ont compris la gravité la situation, avant la plupart des gens. "Erika Vlieghe avait l'idée de soigner les gens dans les hôpitaux spécialisés de Bruxelles et Anvers, en prévoyant maximum quinze lits en soins intensifs. Je devenais fou, car je savais que cela ne suffirait jamais", déclare Geert Meyfroidt au quotidien De Morgen. Il avait l'impression de crier dans le désert. "En Belgique, nous n'avions qu'une dizaine de médecins en soins intensifs au courant de ce qui se passait. Les autres pensaient que tout irait bien", ajoute-t-il.
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Le 23 février 2020, les deux médecins ont compris la gravité la situation, avant la plupart des gens. "Erika Vlieghe avait l'idée de soigner les gens dans les hôpitaux spécialisés de Bruxelles et Anvers, en prévoyant maximum quinze lits en soins intensifs. Je devenais fou, car je savais que cela ne suffirait jamais", déclare Geert Meyfroidt au quotidien De Morgen. Il avait l'impression de crier dans le désert. "En Belgique, nous n'avions qu'une dizaine de médecins en soins intensifs au courant de ce qui se passait. Les autres pensaient que tout irait bien", ajoute-t-il.Pour les deux médecins, la politique a commis quelques erreurs majeures. Elisabeth De Waele estime qu'il aurait fallu confiner le 28 septembre, lorsque les chiffres repartaient à la hausse. C'est pour elle une erreur inacceptable. "Des gens sont morts suite à de mauvaises décisions ", dit-elle.Geert Meyfroidt est également le premier à avoir déclaré que les écoles sont à l'origine d'une hausse des contaminations, une étude parue dans The Lancet à l'appui. "Tous ceux qui ont de jeunes enfants à la maison, travaillent dans une crèche ou font un stage en pédiatrie savent que les enfants propagent toutes sortes de virus. Et maintenant, ce ne serait pas le cas ?", s'interroge-t-il. "Les enfants sont chauds et humides. De purs nids de bactéries", ajoute Elisabeth De Waele.Par la cheminée Meyfroidt comprend que l'enseignement soit important et que ce soit catastrophique de laisser les enfants à la maison. "Mais qu'on le dise ! Admettez simplement que les contaminations ont lieu à l'école, mais ajoutez que c'est un risque que nous sommes prêts à prendre.", s'indigne-t-il. "Si nous devons croire tout le monde, aucun secteur n'est un foyer de contaminations. Ce n'est pas l'horeca, ce ne sont pas les écoles, ce ne sont pas les magasins, ce n'est pas le travail. Manifestement, le virus entre par la cheminée", ajoute-t-il.Elisabeth De Waele, qui a contracté le covid lorsque les médecins ne disposaient pas encore de suffisamment de matériel de protection, n'est guère tendre envers les patients qui ne respectent pas les règles et mettent leurs concitoyens en danger. "Si vous attrapez le covid maintenant en raison d'un comportement à risque et que vous venez à l'hôpital, tout le monde sera confronté à vous et vous prendrez un lit à une personne qui pourrait avoir une crise cardiaque ou une hémorragie cérébrale et qui ne pourra peut-être pas être admise aux soins intensifs" , déclare-t-elle. "Peut-être devons-nous instaurer une sorte de clause de renoncement ? Vous n'arrivez pas à respecter les mesures ? Très bien, mais alors vous ne venez pas à l'hôpital. Nous expliquerons par vidéo comment vous coucher sur le ventre sous le sapin de Noël pour faciliter la respiration", propose De Waele. "Nous avons également une obligation éthique envers les patients non-covid", souligne-t-elle.Boules de NoëlDans leurs services, les médecins sont confrontés au désespoir des familles des patients. "J'ai eu un fils au téléphone qui m'a demandé : 'Est-ce que j'ai tué mon père ? Eh bien, mon garçon, tu es infecté, ton frère est infecté, ta soeur est infectée. Vous n'avez tué personne, mais c'est tout aussi horrible. Et les gens pensent toujours qu'il est essentiel d'acheter des boules de Noël", raconte De Waele. La seule solution pour endiguer l'épidémie, c'est le vaccin, estiment les médecins. "C'est la seule façon d'avoir rapidement une immunité de groupe. Même dans les groupes qui ne sont pas à risque, il y a des patients qui tombent très malades et peuvent en mourir", souligne Meyfroidt.