Le 27 novembre, le gouvernement a annoncé que le Noël et le Nouvel An 2020 ne seront décidément pas comme les autres. Chacun étant sommé de rester dans sa bulle familiale, mais en ne laissant personne seul. Depuis, c'est le casse-tête dans les familles. Il y a ceux qui entendent respecter les règles et ceux qui ont envie de faire à leur façon.
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Le 27 novembre, le gouvernement a annoncé que le Noël et le Nouvel An 2020 ne seront décidément pas comme les autres. Chacun étant sommé de rester dans sa bulle familiale, mais en ne laissant personne seul. Depuis, c'est le casse-tête dans les familles. Il y a ceux qui entendent respecter les règles et ceux qui ont envie de faire à leur façon.Si ces deux profils sont présents parmi les membres de votre famille et dans vos groupes d'amis, il y a fort à parier que cela crée des tensions. L'arrivée des fêtes de fin d'année risque bien d'être l'apogée des crispations alors qu'un tiers des Belges affirme vouloir fêter Noël malgré les restrictions. Cela laisse plus de 60 % qui ont décidé de les suivre. "Pas question d'annuler notre gîte dans les Ardennes", disent les uns. "Partager un morceau de tarte autour d'une table ? Beaucoup trop dangereux !", s'offusquent d'autres. A cela s'ajoute les personnes seules, parfois âgées, qui ont le droit des recevoir deux personnes pour les fêtes, mais qui refuseront une invitation chez leur enfant, de peur d'être contaminé par le petit-fils qui ne respecte pas les gestes barrières. Comment, dès lors, gérer les différents points de vue? Après tout, pourquoi accepteriez-vous d'aller manger chez votre belle-mère à Noël, si vous vous préparez à remplacer le repas avec votre famille par une balade en forêt ? Anja Moortgat, thérapeute en traumatologie et coach, évoque une impasse commune, dans le Standaard. "Chaque personne sur cette terre a les mêmes besoins de contact et de liberté, dit-elle. Mais chacun y répondra d'une manière différente". Noël est par essence la fête des retrouvailles et du partage. Aujourd'hui, ces valeurs se heurtent à d'autres besoins fondamentaux, en particulier le besoin de sécurité. En plus de ces conflits intrafamiliaux, "Pourquoi l'un est-il si laxiste, et l'autre si strict ?", vous pouvez également traverser des moments de dilemme interne. L'essentiel, selon M. Moortgat, est de reconnaître que l'un de ces besoins - avoir des contacts - n'est pas nécessairement plus important que l'autre, la sécurité. Et plus important encore : offrir la possibilité de négocier et de trouver des compromis. "Dialoguez, mais soyez doux avec le point de vue de l'autre personne et ne passez pas inutilement en mode attaque, car vous obtiendriez alors un conflit. (...) Mais n'ayez pas non plus honte de rester fidèle à vos propres principes", dit-elle. Sylvain Max, psychologue et enseignant-chercheur au Burgundy School of Business, va dans le même sens dans les colonnes de 20 Minutes. Pour éviter les conflits, il n'y a pas 50 solutions. "Il faut en discuter, même dans le couple, essayer de connaître l'état d'esprit de chacun et essayer de l'accepter", préconise-t-il. "On peut par exemple prévenir assez tôt qu'on organise un repas dans le respect des gestes barrière. Ceux qui ont peur du Covid seront rassurés. Mais il faut aussi prendre en compte ceux qui aiment les contacts, qui ne veulent pas porter de masque, trouver des solutions pour satisfaire tout le monde", estime le chercheur. Comment éviter des conflits plus profonds ? "Le coronavirus expose la vie familiale", affirme Viviane Kovess-Masfety, psychiatre épidémiologiste et chercheuse à l'Université de Paris. "Il va pousser à bout et mettre en tension les relations familiales habituelles. Quand une famille est dans le respect mutuel, on trouve des solutions. Dans les familles intolérantes et conflictuelles, les gens s'engueulaient déjà bien avant le coronavirus".Psychologue des émotions à l'UCLouvain, Olivier Luminet a, quant à lui, soulevé que, selon une étude du groupe Psychologie et Corona menée par l'université de Gand auprès de 6.000 personnes, ouvrir les cercles pouvait générer de l'anxiété. En effet, certaines personnes à la santé fragile ou âgées préféreront peut-être faire l'impasse sur les fêtes cette année. Quitte à rester seules. Faut-il les convaincre à tout prix de participer à un évènement auquel elles ne seront pas à l'aise ? Certainement pas, plaide le psychologue Marc-André Dufour sur les ondes de Radio-Canada. "Il sera peut-être difficile d'apprendre qu'une personne seule refuse notre invitation. Mais il faut se fier aux faits. Ils veulent se protéger. Ils estiment qu'il vaut mieux manquer un Noël que de tomber malade, et peut-être risquer de ne plus être là, après."Marc-André Dufour précise qu'on peut demander à nos proches pourquoi ils refusent une invitation, mais qu'il ne faut pas que ça devienne un tribunal. Noël c'est l'amour, c'est le respect mutuel, ce le sera cette année aussi, mais il ne faut pas oublier qu'avant la pandémie aussi, on avait le droit de refuser des invitations", fait-il valoir.Et surtout, ne pas oublier que Noël, c'est comme toutes les autres fêtes, ça recommence chaque année.