Depuis Noël, les indicateurs du Covid suivis par les autorités sont en baisse : nouvelles contaminations, décès, admissions à l'hôpital. Les chiffres sont encourageants et témoignent que l'épidémie se stabilise dans notre pays, mais il faut rester prudents.
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Depuis Noël, les indicateurs du Covid suivis par les autorités sont en baisse : nouvelles contaminations, décès, admissions à l'hôpital. Les chiffres sont encourageants et témoignent que l'épidémie se stabilise dans notre pays, mais il faut rester prudents. Le mot d'ordre : ne pas crier victoire trop tôt. Pour Erika Vlieghe, présidente du GEMS (Groupe d'Experts de stratégie de crise pour le Covid-19), il ne faut pas occulter un éventuel "effet vacances", notamment sur le nombre de tests réalisés. "Ces dernières semaines, nous avons constaté que la capacité de testing avait été sous-utilisée. Il y a un effet week-end accru durant les vacances. (...) Les personnes qui ne se sentaient pas très bien ont pu tenter d'éviter les tracas liés à un test en n'en faisant pas." Si l'on regarde les chiffres, on constate en effet que le nombre de tests effectués a bien diminué ces dernières semaines (-20% à -30% environ selon les jours). Or, le nombre de contaminations détectées est dépendant du nombre de tests réalisés. Le taux de positivité, c'est-à-dire la proportion de tests positifs par rapport au total, tend également à stagner, et non plus à diminuer depuis une semaine. Il est de 7,3% (-0,1%) à l'échelle de la Belgique. Cela signifie que sur 100 tests effectués, 7,3 en moyenne sont positifs. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le taux de positivité ne devrait pas dépasser 5% pendant au moins deux semaines afin de pouvoir considérer que l'épidémie est sous contrôle. Les chiffres des prochains jours seront déterminants pour confirmer ou non cet "effet vacances", et voir l'impact de la réouverture des écoles et des retours de l'étranger sur la courbe des contaminations.Le nombre total de personnes à l'hôpital reste lui aussi toujours très élevé. Le nombre total de personnes à l'hôpital a d'ailleurs tendance à stagner plutôt qu'à diminuer nettement. Les hôpitaux belges ont admis en moyenne 139,3 patients atteints du Covid-19 chaque jour entre le 29 décembre et le 4 janvier (-14%). Mais le nombre de lits occupés augmente de 2% : il y a en ce moment 2.227 patients traités pour le coronavirus. Cela signifie que, si les admissions continuent à diminuer, de moins en moins de personnes quittent l'hôpital. Hier aussi, cette donnée était en augmentation. Il y a actuellement 463 en soins intensifs, un chiffre qui gravite tout juste sous les 500 depuis plus d'une semaine. Un autre point incité les experts à appeler à la prudence : la variante, plus contagieuse, qui sévit au Royaume-Uni, obligeant le Premier ministre Boris Johnson à boucler le pays pour plusieurs semaines. Le virologue et ancien porte-parole interfédéral Emmanuel André alerte et n'écarte pas la possibilité de prendre des mesures plus strictes si la Belgique devait également faire face à cette variante. Même son de cloche chez Herman Goossens, professeur de microbiologie à l'Université d'Anvers. "Suite aux déplacements durant les vacances de Noël, la nouvelle variante risque de se propager rapidement. Si cette variante est plus contagieuse, les conséquences seront catastrophiques et nous aurons un problème en Europe", écrivait-il la semaine dernière dans une opinion parue dans le quotidien De Standaard. Le microbiologiste estime qu'on prend la nouvelle variante trop à la légère. "Lorsque le virus est apparu au début de l'année 2020, on continuait à répéter que c'était une petite grippe. Heureusement, les images des hôpitaux italiens nous ont ouvert les yeux. La menace très sérieuse de la variante anglaise ne parvient apparemment pas à nous ouvrir les yeux maintenant."Un nouveau Comité de concertation se tiendra ce vendredi 8 janvier, avec de nouvelles mesures à la clé ? Il n'y aura en tout cas pas d'assouplissements, a déjà prévenu le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke.