Le début de l'année 2021 ressemble à s'y méprendre à la fin de 2020, avec la Covid en star incontestée de l'actualité. Les chiffres continuent leur tendance à la baisse, maisles hospitalisations stagnent et la prudence reste de mise avec l'arrivée d'une nouvelle souche du virus émanant du Royaume-Uni, qui a décidé d'un reconfinement. La seule différence? La vaccination a débuté, mais à un train de sénateur de plus en plus contesté, en France mais aussi chez nous.
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Le début de l'année 2021 ressemble à s'y méprendre à la fin de 2020, avec la Covid en star incontestée de l'actualité. Les chiffres continuent leur tendance à la baisse, maisles hospitalisations stagnent et la prudence reste de mise avec l'arrivée d'une nouvelle souche du virus émanant du Royaume-Uni, qui a décidé d'un reconfinement. La seule différence? La vaccination a débuté, mais à un train de sénateur de plus en plus contesté, en France mais aussi chez nous. Vendredi, un Comité de concertation - qui réunit fédéral et entités fédérées - devra se pencher sur la nouvelle quadrature du cercle du monde politique pour cette année. Avec la nécessité, à terme, de désserrer peu à peu l'éteau pour permettre un retour progressif à la normale et sauver nos économies. Il s'agit d'un nouvel exercice d'équilibriste pour Alexander De Croo, Elio Di Rupo, Jan Jambon, Pierre-Yves Jeholet, Rudi Vervoort et les autres. De potentiels tensions ne sont pas à exclure, tant les choix seront cornéliens. La tendance des chiffres de contamination est à la baisse, mais pas suffisamment encore pour que l'on puisse parler d'assouplissements dans les mesures de restriction. "Pas d'assouplissement": c'est le message une nouvelle fois lancé en guise d'anticipation par le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke (SP.A), en ouverture de semaine. Pas même pour les coiffeurs... "Si vous voulez qu'ils rouvrent, respectez les règles", a souligné le Premier ministre, Alexander De Croo (Open VLD). quitte à agacer certains partenaires devant ce nouveau fait accompli.Tous deux ont reconnu que l'on évaluerait les chiffres en cours de semaine et que, si la tendance se poursuit, on pourrait évidemment desserrer bientôt la vis. Outre la nouvelle souche du virus britannique, il reste toutefois la crainte des retours de vacances, des retours à l'école, des soldes ou un effet consécutif aux fêtes - même si le boomerang Noël semble avoir été évité. Pour l'instant, aucun parti n'a encore revendiqué un geste pour les métiers de contact ou pour l'horeca. La cohérence de la coalition Vivaldi semble soignée pour débuter 2021. Pour l'instant..."On aimerait aussi aller plus vite, mais on a des contraintes." La ministre wallonne de la Santé, Christie Morreale (PS), a un peu adapté son discours ce matin après avoir affirmé que l'on faisait, proportionnellement, mieux que l'Allemagne. Cette vaccination massive, qui est "la lumière au bout du tunnel", débute enfin ce mardi dans quelque quatre-vingts maisons de repos en Wallonie et à Bruxelles, après les tests de décembre. Si, en France, le débat est très dur et les critiques féroces à l'égard du président Emmanuel Macron, accusé d'avoir trop tardé, il se renforce chez nous. Frank Vandenbroucke, encore lui, loue notre "prudence", mais a annoncé une accélération pour la semaine prochaine au parlement.Cela pourrait-il entraîner des aménagements à la stratégie initiale? Peu probable. Mais outre la vitesse, qui dépend de l'approvisionnement en doses et à la gestion rigoureuse du processus vaccinal, il reste aussi à mener le débat sur les publics prioritaires pour la suite. Après les maisons de repos viendra le tour du personnel soignant et des personnes atteintes de comorbidité, mais certains se demandent s'il est bien pensé d'atteindre l'été pour vacciner les personnes en santé. Autrement dit, ne faudrait-il pas couper plus vite les chaînes de contamination pour arriver à une vie normale? Le débat, inévitalement, aura lieu. Une vaccination trop lente risque de peser sur notre économie en comparaison avec des pays plus rapides.Ce devrait être l'invitée surprise du Comité de concertation de vendredi: la stratégie de relance. Le secrétaire d'Etat chargé de préparer un ambitieux plan pour notre pays, Thomas Dermine (PS), travaille en coulisses de façon à ce que l'on soit prêt à temps - après les retards accumulés en raison des crises politiques. En espérant que les démons communautaires ne ressurgissent pas, ce qui n'est pas exclu... Les différents gouvernement du pays doivent en effet s'entendre sur la clé de répartition des 5,15 milliards d'euros de prêts et subventions prévus dans le plan de relance européen. Inutile de dire que le gouvernement flamand de Jan Jambon (N-VA), seule entité dont la majorité est asymétrique par rapport au pays (avec Bruxelles, il est vrai), compte bien profiter au maximum de cette manne et que le débat ne sera pas simple. Le tout dans un contexte budgétaire délicat, les prochains contrôles budgétaires s'annonçant quand même périlleux.La stratégie de relance, en outre, dépend aussi du rétablissement progressif de la situation sanitaire. La quadrature du cercle, on l'a dit, d'une année que tout le monde espère meilleure. C'est un billard à trois bandes: chaque coup impacte les autres.