Sommes-nous à un tournant de la crise sanitaire? C'est un risque réel. Alors que les chiffres de contaminations et d'hospitalisations repartent légèrement à la hausse depuis quelques jours, avec toutefois un léger ressac ces deux derniers jours, trois faits conjugués mettent la puce à l'oreille des autorités. Rappelons que le prochain Comité de concertation d'évaluation des chiffres et des mesures doit avoir lieu le 5 février prochain. A son menu devrait se trouver notamment une réouverture des métiers de contact, mais certains experts, Marc Van Ranst en tête, désapprouvent déjà l'idée, au grand dam des libéraux qui le réclament. Il est vrai que la situation inquiète.
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Sommes-nous à un tournant de la crise sanitaire? C'est un risque réel. Alors que les chiffres de contaminations et d'hospitalisations repartent légèrement à la hausse depuis quelques jours, avec toutefois un léger ressac ces deux derniers jours, trois faits conjugués mettent la puce à l'oreille des autorités. Rappelons que le prochain Comité de concertation d'évaluation des chiffres et des mesures doit avoir lieu le 5 février prochain. A son menu devrait se trouver notamment une réouverture des métiers de contact, mais certains experts, Marc Van Ranst en tête, désapprouvent déjà l'idée, au grand dam des libéraux qui le réclament. Il est vrai que la situation inquiète."Si l'évolution qu'on vit aujourd'hui se poursuit, se confirme, ce qui est le plus probable, si rien ne se passe, oui c'est phénomène de vague (qui nous attend), met en garde Emmanuel André (KUL). Ce sur quoi on peut travailler aujourd'hui, c'est l'aplatissement de la courbe, on peut retarder le phénomène, diminuer son amplitude, son impact sur la santé de la population. Et en appuyant sur cette courbe, on peut la rendre moins aiguë et éviter un lockdown complet, mais ça va nécessiter une multitude d'actions. Il fait agir à chaque niveau du système, de son foyer jusqu'à la santé publique." Dans le Morgen, le microbiologiste souligne même qu'un reconfinement ne doit pas être exclu si on ne réagit pas rapidement.La première source d'inquiétude provient du fait que les variants de la Covid se font de plus en plus présents. Le commissariat Corona vient d'émettre un rapport qualifié d'"alarmant" à la demande du ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke (SP.A). "Le variant britannique sera dominant d'ici mars", souligne-t-il. Un certain nombre de "clusters" ont déjà été signalés, en Flandre surtout, mais les indices ne sont pas bons et le nombre de cas positifs est en augmentation partout, particulièrement chez les moins de 19 ans.Les écoles sont désomais dans l'oeil du cyclone. En Flandre, 121 foyers de contaminations ont été détectés dans des écoles, dont un tiers par le variant anglais. C'est moins le cas pour l'instant du côté francophone, mais les chiffres montent. Le ministre fédéral de la Santé avait évoqué la perspective d'une fermeture des écoles. Les Communautés francophone et flamand ont signifié que ce serait le "tout dernier recours"... pour l'instant. Le Comité de concertation spécial jeunesse, programmé ce jeudi, a été annulé parce que des mesures ont été prises au sujet des activités extra-scolaires mais aussi, même si cela n'est pas dit officiellement, faute de consensus au sujet des écoles, précisément. Les tensions entre le SP. et le MR, notamment, sont réelles.Des tensions existent également entre les experts. L'épidémiologiste Yves Coppieters s'indigne vertement de la sortie de son collègue Emmanuel André: "Je suis désolé, c'est soit une erreur de com, soit une stratégie politique de diffuser des projections brutes 'au grand public' des effets du variant B117. Les modèles servent à adapter les stratégies mais pas à dicter une vision parcellaire de la crise."Dans le même temps, des inquiétudes légitimes se font jour au sujet de l'adhésion de la population aux mesures sanitaires. L'interdiction de voyager jusqu'à la fin du mois de mars a suscité une série de critiques et le fait de toucher continuellement aux libertés fondamentales induit une lassitude teintée de défiance.Depuis deux semaines, les cartes blanches se multiplient pour demander un débat démocratique sur ces restrictions de libertés. "Le retour à un mode de vie soutenable est indispensable", soulignait un collectif Covid & démocratie, ici-même. Les remarques acerbes sont légion au sujet des politiques qui ne respectent pas, eu, les règles qu'ils édictent."Peut-on décemment nous confiner indéfiniment, j'entends aucune grande perspective en vue, un horizon bouché, qui laisse perplexe, inquiet, sans voix, si ce n'était la voix de la sagesse qui fait malheureusement trop souvent défaut, écrivait Rudi Cloots, vice-recteur de l'université de Liège, dans une carte blanch sur levif.be. Les jeunes accusent le coup, les adultes accusent le coup, les "vieux" accusent le coup ! Ca fait beaucoup, ne trouvez-vous pas!"Tout cela est révélateur, alors que les chiffres du télétravail montrent un relâchement et que des contestations violentes se font jour dans d'autres pays, aux Pays-Bas singulièrement.Enfin, la course contre la montre vaccinale est bel et bien entamée, offrant "une lumière au bout du tunnel" pour reprendre les termes des autorités. Mais les retards de livraisons des sociétés pharmaceutiques suscitent une irritation croissante et impose de revoir en permanence le calendrier alors que l'inquiétude croît au sujet des variants.Ahmed Laaouej, chef de file PS à la Chambre, s'en est à son tour indigné sur LN24 ce jeudi matin. "Il y a clairement une difficulté avec les sociétés pharmaceutiques chargées de les fournir, dit-il. Ce que nous demandons, c'est qu'il y ait une pression maximale au niveau européen pour qu'elles respectent leurs engagements. Cela pose aussi la question de savoir si on ne doit pas faire en sorte que ce genre de vaccins soient dans le domaine public."