Il y a un an, la Belgique découvrait un virus qui allait bouleverser le monde. Les responsables politiques lui ont alors expliqué qu'elle devait bien se laver les mains. Et chacun s'est exécuté, à coups de savon et de gel hydroalcoolique.
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Il y a un an, la Belgique découvrait un virus qui allait bouleverser le monde. Les responsables politiques lui ont alors expliqué qu'elle devait bien se laver les mains. Et chacun s'est exécuté, à coups de savon et de gel hydroalcoolique. Quelques jours plus tard, la courbe des contaminations s'envolait et la décision de confiner durement était prise. Le pays devait dès lors entamer une vie faite de gestes barrières, de contacts sociaux réduits, de télétravail, d'activités professionnelles mises à l'arrêt, d'écoles fermées, de distinction entre l'essentiel et le non essentiel. Après quelques semaines de vie sous cloche, les scientifiques confirmaient que les plus âgés étaient aussi les plus vulnérables au virus. Et le personnel hospitalier a dû rester au front 24 heures sur 24 et dépourvu du matériel adéquat. Les citoyens, eux, ont dû ressortir les machines à coudre. A la veille de l'été, une sortie de crise était tentée. La Belgique a alors dû se familiariser avec le trio isoler-tester-tracer et faire la file devant des conteneurs et drive-in jusqu'à ce que le manque de tests la renvoie chez elle. Elle a dû ensuite voguer de bulle en bulle. 15, 10, 4, 1, intérieure ou extérieure, rapprochée ou pas. Et elle a dû se reconfiner.Un an plus tard, la Belgique continue à se laver les mains, vivre en bulle, zoomer ou espérer pouvoir reprendre une activité professionnelle, porter un masque. A la différence près qu'aujourd'hui, il existe une solution au confinement-déconfinement pour enrayer la propagation de l'épidémie. Des vaccins ont été mis au point, sont validés et disponibles. A la différence aussi qu'à la docilité de 11 millions de Belges succède désormais une impatience certaine, à faire éclater sa bulle ou à prendre avec elle quelques libertés. Deux différences majeures. Fondamentales. Qui changent tout. Et qui doivent certainement modifier les termes du discours. Après douze mois d'injonctions, le "Vous devez" - rester chez vous, respecter les gestes barrières, surveiller/soutenir vos jeunes, confiner encore - doit laisser la place au "Nous allons" - faire mieux, aller plus vite, procéder à des ajustements. La population se lasse, tout le montre, mais elle peut entendre que les variants changeront peut-être encore la donne. Que, finalement, la stratégie de vaccination se devait d'être adaptée, l'ordre des priorités modifié, la logistique améliorée, les chaînes de transmission mieux ciblées, les médecins de première ligne davantage impliqués. Pour autant que les discours culpabilisants et anxiogènes et la critique trop facile laissent davantage de place à une pensée orientée solutions, à un message résilient. Le "Tenez bon" n'est plus suffisant. Il ne s'agit pas que de rhétorique, mais bien d'une manière de voir les choses, d'appréhender les mois à venir. Et singulièrement une vraie - et définitive? - sortie de crise.