Entre le 5 et le 11 mars, 2.718 nouvelles infections au coronavirus ont été enregistrées en moyenne chaque jour, un chiffre qui cache des différences locales parfois inquiétantes. Ainsi, la province de Namur enregistre une hausse de 39,2% et le taux de positivité, soit la proportion de tests positifs par rapport à l'ensemble des dépistages effectués, y dépasse les 10%.
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Entre le 5 et le 11 mars, 2.718 nouvelles infections au coronavirus ont été enregistrées en moyenne chaque jour, un chiffre qui cache des différences locales parfois inquiétantes. Ainsi, la province de Namur enregistre une hausse de 39,2% et le taux de positivité, soit la proportion de tests positifs par rapport à l'ensemble des dépistages effectués, y dépasse les 10%. La Belgique doit-elle se préparer à affronter une troisième vague ? Les experts restent calmes. Le virologue Steven Van Gucht ne voit pas la nécessité de mesures supplémentaires pour l'instant. L'infectiologie Steven Callens (Université de Gand) partage son avis. Tout comme Van Gucht, il siège au conseil d'experts du GEMS, qui conseille le gouvernement. "Je ne suis pas encore trop inquiet", dit-il.Pas de hausse exponentielle Selon Callens, l'augmentation des chiffres correspond provisoirement aux modèles prédictifs du consortium Restore, une collaboration de plusieurs universités belges. Biostatisticien et membre de Restore, Kurt Barbé (VUB) est d'accord avec lui. "Ces observations sont entièrement conformes aux analyses effectuées fin janvier."Les modèles mathématiques avaient alors prédit la prédominance des variantes britannique, sud-africaine et brésilienne, plus infectieuses que le coronavirus "classique". Selon Barbé, ces variantes sont désormais responsables d'environ 67 % de toutes les nouvelles infections. "Cette domination croissante est tout simplement inévitable. Nous devons passer par là. "Tant qu'il s'agit d'une augmentation linéaire et non exponentielle, cela ne doit pas poser de problème", dit-il.Le modèle prévoit que la dominance croissante augmentera encore pour atteindre 90 %. "Mais à partir de ce moment-là, la courbe commencera à redescendre, si du moins on instaure aucun assouplissement."Livraison d'AstraZeneca Cela signifie-t-il qu'il est inutile de durcir les mesures sanitaires? Il semblerait que oui. Les experts estiment que les mesures actuelles suffiront. "Des mesures spécifiques pour certaines catégories d'âge ou certaines régions me semblent donc prématurées", déclare Barbé.Pour Steven Callens, il faut se tenir au calendrier fixé. Rouvrir les terrasses des cafés et des restaurants à Pâques, comme le demande la N-VA, est donc hors de question. Il est préférable de s'en tenir au calendrier convenu, comme la réouverture potentielle de l'horeca le 1er mai. Vu les variantes les plus contagieuses, nous ne devons pas chercher à assouplir davantage. Nous avons trouvé un bon équilibre dans la lutte contre le virus."Il est également important que le déploiement de la vaccination ne prenne pas de retard. Et c'est là que le bât blesse. La récente approbation européenne du vaccin de Johnson&Johnson était une bonne nouvelle, mais le retard des livraisons d'AstraZeneca ne l'était pas. "Et nous ne pouvons pas assouplir sans vaccins", déclare Callens.Un rajeunissement de l'épidémie Yves Coppieters, professeur en épidémiologie à l'ULB, estime également qu'il ne faut pas s'affoler. Selon lui, la recrudescence actuelle de l'épidémie est due à l'effet des variants, plus contagieux que le virus classique. Cependant, étant donné que de plus en plus de personnes âgées sont vaccinées, il y a "un rajeunissement de l'épidémie" grâce auquel il y a moins de cas graves. Pour le scientifique, il y a tout à fait moyen de maîtriser la hausse de contaminations, sans pour autant durcir les mesures sanitaires en vigueur "déjà très strictes". Le principal, souligne-t-il, est de respecter les gestes barrière et de se faire tester au moindre symptôme. Aussi appelle-t-il à renforcer encore le testing.