La Belgique est l'épicentre de l'épidémie en Europe. C'est en tout cas comme cela que bon nombre de médias étrangers décrivent notre pays. Et les chiffres de la crise sanitaire confirment que le situation et préoccupante : risque de saturation dans les hôpitaux, personnel soignant à bout, courbes qui ne baissent pas... Les mesures prises en ordre dispersé par les différents niveaux de pouvoir ont été harmonisées, à l'exception du couvre-feu, dans un arrêté ministériel entré en vigueur ce jeudi, mais elles sont jugées insatisfaisantes. Un Comité de concertation ce vendredi va, sans doute, resserrer encore la vis. Et le sujet d'un confinement élargi est bel et bien sur la table, sur base des chiffres et des avis d'experts.
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La Belgique est l'épicentre de l'épidémie en Europe. C'est en tout cas comme cela que bon nombre de médias étrangers décrivent notre pays. Et les chiffres de la crise sanitaire confirment que le situation et préoccupante : risque de saturation dans les hôpitaux, personnel soignant à bout, courbes qui ne baissent pas... Les mesures prises en ordre dispersé par les différents niveaux de pouvoir ont été harmonisées, à l'exception du couvre-feu, dans un arrêté ministériel entré en vigueur ce jeudi, mais elles sont jugées insatisfaisantes. Un Comité de concertation ce vendredi va, sans doute, resserrer encore la vis. Et le sujet d'un confinement élargi est bel et bien sur la table, sur base des chiffres et des avis d'experts."Les indicateurs n'ont pas changé : ils restent tous au rouge. Nous avons dépassé pour la première fois les 100.000 nouvelles infections sur une semaine. Les chiffres des hospitalisations doublent toujours tous les huit jours, et ceux de la mortalité tous les six jours", résume le porte-parole interfédéral Yves Van Laethem.Les statistiques de l'épidémie jouent un grand rôle dans les décisions prises. "La pression s'accentue sur les hôpitaux et les chiffres sont préoccupants", a reconnu le Premier ministre Alexander De Croo, hier à la Chambre. "Derrière cela, se cachent des souffrances personnelles. Nous regardons les chiffres, mais c'est notre premier souci d'attention." Les admissions à l'hôpital continuent à augmenter "sans que l'on puisse voir une modification significative." Les chiffres sont supérieurs au pic de la première vague, alors que la tendance se poursuit. Sur la journée de mercredi, les hôpitaux du pays ont admis 743 patients atteints du Covid-19. Il s'agit du nombre le plus élevé sur une journée depuis le début de l'épidémie. Le précédent record datait de mardi seulement, avec 690 hospitalisations. 465 patients ont également été autorisés à quitter l'établissement hospitalier. Les admissions à l'hôpital atteignent une moyenne quotidienne de 618 personnes entre le 23 et le 30 octobre, soit une hausse de 77%. Actuellement, 6.187 personnes sont hospitalisées pour cause de covid-19 (+4%), dont 1.057 en soins intensifs (+9%). C'est toujours à Liège, dans le Hainaut et à Bruxelles qu'on note le plus d'admissions, suivis par la Flandre orientale et la Flandre occidentale. Les chiffres des soins intensifs doublent également tous les huit jours, sans ralentissement notable pour l'instant. Si cette tendance se poursuit, nous devrions arriver au cap de 2000 patients en soins intensifs dans les 7 jours. Pour infléchir cette courbe avant d'atteindre la capacité maximale, il faut des mesures, qui soient respectées, et qui fassent effet au plus vite pour ne pas arriver à ce cap. La moyenne des décès quotidiens a doublé en une semaine. Entre le 19 et le 25 octobre, 69,3 patients ont succombé chaque jour au Covid-19 en moyenne, alors que la moyenne s'établissait à 33,6 morts quotidiens les sept jours précédents (+106%).Au total, 11.170 malades ont succombé au Covid-19 depuis le début de l'épidémie. Sciensano avertit qu'un décès a été retiré depuis le dernier bulletin, à la suite de corrections envoyées par ses sources de données. La situation dans les maisons de repos a été un des fléaux de la première vague. Pas d'anticipation, manque de matériel, personnel et résidents à bout... Mercredi, le porte-parole interfédéral Yves Van Laethem indiquait que, contrairement à la première vague, les malades en maisons de repos représentaient un tiers. Mais la situation se dégrade peu à peu. Le nombre de contaminations augmente parmi les résidents et le personnel des maisons de repos.En Flandre, plus de 3.000 membres du personnel des maisons de repos sont absents pour cause de maladie. De plus, le nombre de décès survenus en maison de repos augmente de jour en jour, déplore l'administrateur délégué du réseau indépendant du secteur des soins flamand (Vlozo), Peter Marquebreuck : "Alors que les décès tournaient autour de deux à sept il y a une semaine, nous en déplorons ici 13, là 19 ou même 32 après le week-end."La situation n'est pas cependant pas dramatique partout, mais "les établissements qui manquent gravement de personnel se retrouvent effectivement noyés", ajoute l'Union des villes et communes flamandes (VVSG), responsable des maisons de repos publiques. Dans le sud du pays, près de 2.600 résidents des maisons de repos et des maisons de repos et de soins wallonnes, sur quelque 50.000, étaient positifs au nouveau coronavirus en date du 26 octobre, soit environ 5%. En outre, sur les 40.000 personnes qui travaillent dans ces MR/MRS, 1.930 étaient écartées à la même date, c'est-à-dire également environ 5%.Ce sont les chiffres qui peuvent paraitre les plus parlants. Mais ils sont moins déterminants qu'il n'y parait. Ils permettent de voir la vitesse à laquelle se propage le virus, et surtout dans quelles régions. La semaine dernière, la Flandre avait tenu à ne pas harmoniser les règles, laissant les régions wallonnes et bruxelloises, davantage touchées par l'épidémie, serrer la vis de leur côté. Mais la propagation s'accélère en Flandre. De plus en plus de communes atteignent un taux d'incidence de plus de 1000 (cas pour 100.000 habitants sur les 14 derniers jours). Par ailleurs, toutes les communes belges sont désormais au-dessus du seuil d'alerte européen. L'augmentation des nouveaux cas est moins importante, mais cela est dû à la nouvelle politique de testing, où seuls les symptomatiques sont désormais testés. "Un certain nombre de patients précédemment détectés ne le sont plus." La comparaison est donc faussée. Pour rétablir une certaine réalité, Sciensano collabore avec l'université d'Hasselt pour faire des projections sur les cas qui auraient été détectés si la méthode n'avait pas changé. "Cela revient à environ 18.000 infections par jours, soit une augmentation proche des précédentes semaines."La propagation continue à être marquée dans la population active. La majorité des infections se passe chez les 20-60 ans. Actuellement, la moitié des infections ont lieu chez les plus de 41 ans. Cet âge médian devient de plus en plus important, ce qui signifie que l'épidémie se déplace petit à petit vers les personnes plus âgées et potentiellement plus à risques. Chez les plus de 70 et 90 ans, les chiffres doublent d'une semaine à l'autre, indique Yves Van Laethem. En revanche, chez les moins de 20 ans, le nombre de cas positifs se stabilise.