La semaine dernière, alors que le Fédéral et les entités avaient trouvé un accord sur l'extension du covid safe ticket à l'horeca, aux hôpitaux et aux maisons de repos, Maron avait déclaré que celui-ci ne serait instauré que si la situation épidémiologique et le nombre de contaminations devait sérieusement se dégrader. "Il doit d'abord y avoir des débats au parlement et les ordonnances doivent aussi être rédigées", avait ajouté son cabinet.
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La semaine dernière, alors que le Fédéral et les entités avaient trouvé un accord sur l'extension du covid safe ticket à l'horeca, aux hôpitaux et aux maisons de repos, Maron avait déclaré que celui-ci ne serait instauré que si la situation épidémiologique et le nombre de contaminations devait sérieusement se dégrader. "Il doit d'abord y avoir des débats au parlement et les ordonnances doivent aussi être rédigées", avait ajouté son cabinet.À ce jour, l'incidence à Bruxelles, soit le nombre de contaminations par 100 000 habitants, est de 550, soit le double de la moyenne belge et seuls 50% des Bruxellois sont complètement vaccinés (contre 78% en Flandre, et 66% en Wallonie). Les hôpitaux à Bruxelles se remplissent également plus vite qu'ailleurs, les obligeant à passer à la phase 1B.Les déclarations de Maron suscitent des tensions au sein du gouvernement bruxellois. Les socialistes sont favorables au pass sanitaire alors qu'Ecolo tergiverse. "Chez pas mal de socialistes bruxellois, l'impression gagne de devoir faire le sale boulot à la place d'Alain Maron qui n'est pas parvenu à faire grimper suffisamment le taux de vaccination. Ce n'est évidemment pas aussi simple, mais c'est quand même le sentiment qui gagne les rouges", écrit ainsi Bernard Henne, dans une chronique de la RTBF."Je ne comprends pas. La situation est mauvaise, et un enfant peut voir que ces chiffres ne vont pas s'améliorer rapidement", s'interroge également un membre du gouvernement bruxellois dans le quotidien De Morgen. Ses détracteurs lui reprochent de tergiverser alors que les experts pointent les risques d'une quatrième vague de contaminations à Bruxelles."Une énorme léthargie" "Il comprend la gravité de la crise, mais il y a une énorme léthargie", confie un de ses collègues, toujours au Morgen. Selon certains de ses collègues, Maron brille par son absence, se cachant derrière son administration, et plus particulièrement derrière Inge Neven, responsable du Service de l'inspection de l'hygiène de la Cocom (Commission communautaire commune).Interrogées par De Morgen, plusieurs sources gouvernementales suggèrent qu'une grande partie du personnel politique et de l'électorat d'Ecolo sont anti-vax ou au moins méfiants à l'égard du vaccin Covid, ce qui expliquerait l'attitude ambiguë de Maron. Au sein d'Ecolo, ces déclarations sont toutefois taxées de balivernes.La ministre Elke Van den Brandt (Groen), officiellement chargée de la Santé et de la Mobilité, tout comme Maron, n'est pas épargnée par les critiques. Alors qu'en principe Maron est responsable de la Santé et de la Mobilité pour les Bruxellois francophones et Van den Brandt pour les néerlandophones, en pratique c'est Maron qui se charge de la Santé et Van den Brandt de la Moblité. Certains membres du gouvernement estiment qu'au sein d'une crise aussi grave que celle-ci, la ministre Groen doit prendre la situation en main."Deux pas en avant, trois pas en arrière" Au cdH, la députée bruxelloise Céline Frémault, députée bruxelloise et cheffe de groupe au Parlement bruxellois, accuse également à Alain Maron d'adopter une stratégie de "deux pas en avant, trois pas en arrière". "Un ministre de la Santé doit incarner une politique de fermeté par rapport à ce qu'on vit", déclare la députée lors d'un entretien accordé à BX1. Elle se dit favorable au covid safe ticket, même si elle considère qu'il symbolise "l'échec de la politique de la vaccination à Bruxelles".Invité à réagir, le porte-parole de Maron indique une coopération parfaite entre l'administration et le cabinet. Il souligne également que le gouvernement est sur la même longueur d'onde, et que ce n'est pas la campagne d'un seul ministre. "Les actions et les communications ont toujours été en faveur de la vaccination, sans aucune ambiguïté", déclare-t-il au Morgen.