Le premier à ouvrir le feu a été Alexander De Croo (Open VLD) dans un entretien donné samedi au journal Le Soir. Pour lui la vaccination obligatoire est un débat théorique. "Comment vous allez faire dans la pratique?", demande-t-il. Vous allez installer des points de contrôle dans la rue? Et quoi, si les gens refusent de se vacciner, vous allez les mettre en taule?". Le Premier ministre croit au "travail de fourmi" pour convaincre. "En attendant, en Belgique, les mesures en vigueur sont moins contraignantes que dans d'autres pays, la France, l'Allemagne? Ceci grâce à une chose: la vaccination. On est dans le top 3 européen." Alexander De Croo croit également au pass sanitaire, "même si je ne suis pas fan", mais surtout pour Bruxelles. Il est d'ailleurs revenu sur ce sujet dimanche sur VTM News, en insistant sur le fait que le pass n'était pas utile pour toutes les Régions. Le Premier ministre Alexander De Croo estime que son extension était ainsi logique pour Bruxelles, mais " inutile " en Flandre.

Écolo s'est lui aussi exprimé, en taclant au passage le MR. Le coprésident Jean-Marc Nollet sur RTL-TVI a ainsi déclaré que "le Covid Safe Ticket est nécessaire. Il n'y a plus qu'une personne à encore refuser son utilisation élargie et c'est Bouchez. Or, si on veut par exemple rouvrir les boîtes de nuit aux jeunes, il n'y a pas d'autre solution".

Le Premier ministre, Alexander De Croo, évoque par ailleurs d'éventuels assouplissements pour le port du masque. Le prochain Comité de concertation s'attaquera, dit-il, à ce sujet délicat. Personnellement, le Premier ministre est favorable à des assouplissements en la matière: "Il y a plein d'endroits, les entreprises, des lieux publics, où le masque n'est plus vraiment nécessaire.

Un avis qui n'est pas partagé par Erika Vlieghe. La présidente du GEMS, groupe d'experts qui conseille le gouvernement l'a fait savoir ce week-end. Pour elle, il est trop tôt pour abroger complètement l'obligation de porter un masque. Une idée qu'elle juge même "irresponsable". "Notre société n'est pas encore prête pour cela", a-t-elle affirmé sur le plateau de l'émission "De Zevende Dag" (VRT).

Erika Vlieghe
Erika Vlieghe

"L'hiver se rapproche et les gens passeront plus de temps à l'intérieur", a-t-elle aussi fait remarquer. Dans certains endroits, il y a en outre trop peu de gens vaccinés et il faudra surveiller de près la durée des effets du vaccin dans les mois qui viennent alors que le variant Delta circule toujours. "Continuons à être prudents comme nous le sommes pour le moment en ce qui concerne les mesures et cela nous aidera à traverser l'hiver", a-t-elle ajouté.

Le gouvernement flamand divisé sur la question

Lors du family day de la N-VA de dimanche, le président Bart De Wever a donné une mission claire à Jan Jambon (N-VA) pour le codeco de vendredi. "La N-VA doit défendre une Flandre prudente et sûre, mais surtout libre", a-t-il déclaré. Et de rajouter qu': "il ne serait pas juste que la Flandre, en raison de l'échec d'autres Régions, reste soumise à des restrictions fédérales. Après un an et demi de sacrifices, il est temps que les Flamands retrouvent leurs droits et libertés fondamentaux".

A ses yeux, le masque doit progressivement disparaître. "Pour ma part, on peut se passer de masques dans les magasins, et certainement en plein air - quel sens cela a-t-il ?". Il n'est cependant pas favorable à la suppression de toutes les mesures. Pour le président de la N-VA, le principal objectif est de "retourner travailler et de se revoir".

null, Belga
null © Belga

Alors que la N-VA appelle bruyamment à une "Flandre libre", Wouter Beke (CD&V), ministre flamand du Bien-être, prêche davantage la prudence. "De nouvelles variants, plus lourds, ne peuvent être exclues et pourraient rompre nos digues". Dans un entretien accordé au Standaard, il met ainsi en garde contre une euphorie excessive. Il précise que les vaccins ont déjà défié quatre variants, mais de nouveaux variants plus graves ne sont pas à exclure et peuvent créer des brèches.

BELGA IMAGE
© BELGA IMAGE

"En ce sens, je reste prudent, explique-t-il. Plus prudent que les collègues qui ont jadis proclamé le royaume de la liberté". Il plaide en faveur du troisième vaccin pour les personnes âgées. Il s'inquiète aussi de l'afflux de patients bruxellois non vaccinés dans les hôpitaux flamands. Plus surprenant : Beke prend une fois de plus position en faveur du Covid Safe Ticket, le fameux coronapass. "Le plus important est que nous ne tombions pas à nouveau dans une situation de verrouillage". Beke reste également prudent quant à l'abolition des masques buccaux obligatoires. Dans les endroits très fréquentés, comme les transports publics, nous devrons évidemment les porter pendant un certain temps. Et je constate également que de nombreuses personnes, y compris des personnes âgées, se sentent à l'aise en portant un masque buccal. Ce n'est pas une mauvaise attitude et nous ne devons pas la stigmatiser".

De son côté, la vice-ministre-présidente CD&V du gouvernement flamand, Hilde Crevits, souhaite que son exécutif élabore un cadre d'utilisation d'un pass corona en Flandre mais n'est pas partisane d'une mise en oeuvre générale de la mesure, a-t-elle expliqué dimanche au cours de l'émission "De Zevende Dag" (VRT). "Dans beaucoup d'endroits, les gens sont vaccinés à 90 ou 95 %. On doit pouvoir, pour une partie, retrouver une liberté totale." Contrairement à De Croo, elle n'est pas pour une obligation du Covid Safe Ticket à Bruxelles dans des secteurs comme l'Horeca. Pour elle cela pourrait pousser les Bruxellois à se rendre dans la périphérie située en région flamande pour ne pas avoir à présenter de pass.

Quoiqu'il en soit, ces différentes sorties du week-end laissent présager, que cela soit autour des masques ou d'un éventuel élargissement du pass sanitaire, des discussions musclées autour de la table du codeco ce vendredi.

La vaccination obligatoire envisageable aussi pour les demandeurs d'asile ?

Le Comité de concertation pourrait aussi envisager la vaccination obligatoire des demandeurs d'asile, a expliqué lundi le secrétaire d'État à l'Asile et la Migration, Sammy Mahdi, dans la matinale de la VRT radio.Le mandataire CD&V répondait à une polémique lancée par le bourgmestre de Coxyde Marc Vanden Bussche (Open Vld), inquiet de l'impact sanitaire de l'ouverture progressive de 300 places d'accueil pour demandeurs d'asile dans l'ancienne base militaire de sa commune. Cette ancienne base est parfois utilisée par l'agence fédérale Fedasil lorsqu'elle manque de places d'accueil, ce qui est le cas depuis qu'elle a perdu près de 1.000 places dans son réseau à la suite des inondations survenues en Wallonie.

"Chaque personne qui arrive à Bruxelles au Petit-Château (le centre d'arrivée pour demandeurs de protection internationale en Belgique, NDLR) est soumise à un test covid et, le cas échéant, placée en quarantaine", a rappelé M. Mahdi. "Nous essayons aussi de vacciner autant de demandeurs d'asile que possible. Certains centres d'accueil affichent un taux de vaccination de plus de 80%, mais il en y en d'autres aussi..." Le secrétaire d'État souhaite passer à la vitesse supérieure. "En ce qui me concerne, la vaccination obligatoire des demandeurs d'asile peut être mise sur la table", a-t-il dit.

Le premier à ouvrir le feu a été Alexander De Croo (Open VLD) dans un entretien donné samedi au journal Le Soir. Pour lui la vaccination obligatoire est un débat théorique. "Comment vous allez faire dans la pratique?", demande-t-il. Vous allez installer des points de contrôle dans la rue? Et quoi, si les gens refusent de se vacciner, vous allez les mettre en taule?". Le Premier ministre croit au "travail de fourmi" pour convaincre. "En attendant, en Belgique, les mesures en vigueur sont moins contraignantes que dans d'autres pays, la France, l'Allemagne? Ceci grâce à une chose: la vaccination. On est dans le top 3 européen." Alexander De Croo croit également au pass sanitaire, "même si je ne suis pas fan", mais surtout pour Bruxelles. Il est d'ailleurs revenu sur ce sujet dimanche sur VTM News, en insistant sur le fait que le pass n'était pas utile pour toutes les Régions. Le Premier ministre Alexander De Croo estime que son extension était ainsi logique pour Bruxelles, mais " inutile " en Flandre. Écolo s'est lui aussi exprimé, en taclant au passage le MR. Le coprésident Jean-Marc Nollet sur RTL-TVI a ainsi déclaré que "le Covid Safe Ticket est nécessaire. Il n'y a plus qu'une personne à encore refuser son utilisation élargie et c'est Bouchez. Or, si on veut par exemple rouvrir les boîtes de nuit aux jeunes, il n'y a pas d'autre solution".Le Premier ministre, Alexander De Croo, évoque par ailleurs d'éventuels assouplissements pour le port du masque. Le prochain Comité de concertation s'attaquera, dit-il, à ce sujet délicat. Personnellement, le Premier ministre est favorable à des assouplissements en la matière: "Il y a plein d'endroits, les entreprises, des lieux publics, où le masque n'est plus vraiment nécessaire. Un avis qui n'est pas partagé par Erika Vlieghe. La présidente du GEMS, groupe d'experts qui conseille le gouvernement l'a fait savoir ce week-end. Pour elle, il est trop tôt pour abroger complètement l'obligation de porter un masque. Une idée qu'elle juge même "irresponsable". "Notre société n'est pas encore prête pour cela", a-t-elle affirmé sur le plateau de l'émission "De Zevende Dag" (VRT). "L'hiver se rapproche et les gens passeront plus de temps à l'intérieur", a-t-elle aussi fait remarquer. Dans certains endroits, il y a en outre trop peu de gens vaccinés et il faudra surveiller de près la durée des effets du vaccin dans les mois qui viennent alors que le variant Delta circule toujours. "Continuons à être prudents comme nous le sommes pour le moment en ce qui concerne les mesures et cela nous aidera à traverser l'hiver", a-t-elle ajouté.Lors du family day de la N-VA de dimanche, le président Bart De Wever a donné une mission claire à Jan Jambon (N-VA) pour le codeco de vendredi. "La N-VA doit défendre une Flandre prudente et sûre, mais surtout libre", a-t-il déclaré. Et de rajouter qu': "il ne serait pas juste que la Flandre, en raison de l'échec d'autres Régions, reste soumise à des restrictions fédérales. Après un an et demi de sacrifices, il est temps que les Flamands retrouvent leurs droits et libertés fondamentaux". A ses yeux, le masque doit progressivement disparaître. "Pour ma part, on peut se passer de masques dans les magasins, et certainement en plein air - quel sens cela a-t-il ?". Il n'est cependant pas favorable à la suppression de toutes les mesures. Pour le président de la N-VA, le principal objectif est de "retourner travailler et de se revoir".Alors que la N-VA appelle bruyamment à une "Flandre libre", Wouter Beke (CD&V), ministre flamand du Bien-être, prêche davantage la prudence. "De nouvelles variants, plus lourds, ne peuvent être exclues et pourraient rompre nos digues". Dans un entretien accordé au Standaard, il met ainsi en garde contre une euphorie excessive. Il précise que les vaccins ont déjà défié quatre variants, mais de nouveaux variants plus graves ne sont pas à exclure et peuvent créer des brèches. "En ce sens, je reste prudent, explique-t-il. Plus prudent que les collègues qui ont jadis proclamé le royaume de la liberté". Il plaide en faveur du troisième vaccin pour les personnes âgées. Il s'inquiète aussi de l'afflux de patients bruxellois non vaccinés dans les hôpitaux flamands. Plus surprenant : Beke prend une fois de plus position en faveur du Covid Safe Ticket, le fameux coronapass. "Le plus important est que nous ne tombions pas à nouveau dans une situation de verrouillage". Beke reste également prudent quant à l'abolition des masques buccaux obligatoires. Dans les endroits très fréquentés, comme les transports publics, nous devrons évidemment les porter pendant un certain temps. Et je constate également que de nombreuses personnes, y compris des personnes âgées, se sentent à l'aise en portant un masque buccal. Ce n'est pas une mauvaise attitude et nous ne devons pas la stigmatiser".De son côté, la vice-ministre-présidente CD&V du gouvernement flamand, Hilde Crevits, souhaite que son exécutif élabore un cadre d'utilisation d'un pass corona en Flandre mais n'est pas partisane d'une mise en oeuvre générale de la mesure, a-t-elle expliqué dimanche au cours de l'émission "De Zevende Dag" (VRT). "Dans beaucoup d'endroits, les gens sont vaccinés à 90 ou 95 %. On doit pouvoir, pour une partie, retrouver une liberté totale." Contrairement à De Croo, elle n'est pas pour une obligation du Covid Safe Ticket à Bruxelles dans des secteurs comme l'Horeca. Pour elle cela pourrait pousser les Bruxellois à se rendre dans la périphérie située en région flamande pour ne pas avoir à présenter de pass.Quoiqu'il en soit, ces différentes sorties du week-end laissent présager, que cela soit autour des masques ou d'un éventuel élargissement du pass sanitaire, des discussions musclées autour de la table du codeco ce vendredi.