Lire également notre dossier consacré à la crise du coronavirus
...

Personne ne peut préciser quand va réellement démarrer " l'après ". L'après-confinement, l'après-coronavirus, l'après-crise sanitaire, appelons- le comme on veut. Mais tout le monde peut dater le moment où tellement a changé. Mars 2020. Echelle planétaire. Deux mois plus tard, on est toujours dans le " depuis ". Pas encore dans cet " après ", même si le déconfinement est en cours, même si des secteurs économiques reprennent leurs activités, même si des portes se décadenassent. Peut-être, d'ailleurs, n'y aura-t-il jamais " d'après ". Seulement un " avec ". On verra bien. Comme on verra ce qui aura vraiment changé, ou ce qui va changer, ou ce qui doit changer. Se retrouvera-t-on en famille et entre amis comme on le faisait, bras dessus, bras dessous, à s'étreindre, se toucher, se serrer ? Ou y aura-t-il, un peu, longtemps, pas du tout, une crainte, une distance maintenue, un tri peut-être, une envie de cercles plus restreints ? Même avec masques, va-t-on retrouver sa place quotidienne au beau milieu des navetteurs du train, du métro, du tram, du bus, parce que l'enjeu environnemental l'exige ? Ou va-t-on ressortir sa voiture du garage pour s'engluer dans les embouteillages, oui, mais au moins tout seul donc sans risque de contamination ? Les grandes trans- humances à travers le monde vont-elles reprendre ou les circuits courts auront-ils désormais préséance même en matière touristique, professionnelle et culturelle ? Embras- sera-t-on à nouveau les collègues, serrera-t-on les mains ou juste un hochement de la tête, de loin ? Aura-t-on d'ailleurs toujours des collègues ou la digitalisation et la robotisation les/nous auront éliminés ? Y aura-t-il encore un lieu de travail ou tout le monde sera-t-il aussi performant depuis la maison ? Et s'il reste, le bureau, toujours plus en mode open space ou retour des bonnes vieilles cloisons ? Et pour quelles activités économiques ? Lesquelles seront plus ou moins transformées ? Comment ? Quelles stratégies les patrons des différents secteurs vont-ils devoir, ou vouloir, adopter ? Et politiquement ? Dans leurs programmes, les partis vont-ils revoir leurs priorités ? Modifier leur ADN ? Pour plus ou moins d'Etat ? Plus ou moins d'écologie ? Plus ou moins de replis communautaire, régional ou national ? Avec des électeurs qui auront, eux aussi, déplacé leurs curseurs, donc leurs voix ? Bref, quelle sera la vie après cette crise mondiale, sanitaire, économique et socio-humaine ? La vie familiale, la vie affective, la vie sociale, la vie intergénérationnelle, la vie cultuelle, la vie culturelle. La vie au boulot, en Belgique, en Europe, partout ? Tant de vies. Tant de questions. Le Vif/L'Express, Focus Vif et Le Vif Weekend, dans un triple dossier spécial, mené de concert et couvrant pratiquement tous les terrains imaginables, y apportent des réponses. Sans doute pas définitives. Mais déjà révélatrices : " l'après " a commencé, " l'après " est constitué d'autant d'incertitudes qu'il y a de convictions et " l'après " va bouleverser, de fond en comble, le quotidien de tout le monde. En mieux, en pire ?